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Bearman ne décolère pas contre Colapinto : "C'est inacceptable"

Pour Oliver Bearman, la manœuvre de Franco Colapinto qui a mené à son accident au GP du Japon est "inacceptable", surtout parce que cette situation avait été évoquée lors du briefing des pilotes.

Oliver Bearman, Haas F1 Team

Photo de: Andy Hone/ LAT Images via Getty Images

Après le spectaculaire accident d'Oliver Bearman au GP du Japon, le règlement 2026 a vite concentré les critiques de plusieurs pilotes. L'Anglais a dû éviter Franco Colapinto, beaucoup moins rapide que lui en raison du phénomène de super clipping et de lift-and-coast.

Colapinto en a immédiatement fait l'élément principal de cette séquence et Carlos Sainz a exprimé sa colère, en rappelant que le problème avait été exposé à la FIA. Voyant la polémique enfler, la fédération est passée en mode gestion de crise et a annoncé qu'elle analysait la situation.

Bearman a confirmé que l'écart de vitesse, générée par la gestion de l'énergie imposée aux pilotes cette année, était en cause, mais dès sa première réaction, il a aussi pointé du doigt la responsabilité de Colapinto, selon lui coupable d'une manœuvre particulièrement dangereuse.

 

Deux semaines après l'accident, dont il est sorti sans blessure malgré des douleurs au genou, Oliver Bearman enfonce le clou. Selon lui, l'agressivité du pilote Alpine pour se défendre est la cause principale de sa sortie de piste.

"C'est la première fois de l'histoire, ou de ma mémoire, que deux voitures qui se battent pour la même place ont une telle différence de vitesse", a expliqué Bearman, interrogé par le podcast Up to Speed. "C'est vraiment un effet malheureux de ce règlement."

"Avec ces 50 km/h de différence, Franco s'est placé devant moi pour défendre sa position. L'an denier, cela aurait été vraiment limite mais probablement acceptable, avec juste 5 ou 10 km/h de différence, mais avec 50 km/h, il ne m'a pas laissé suffisamment de place et j'ai dû éviter un accident beaucoup, beaucoup plus gros."

La voiture accidentée d'Oliver Bearman après son crash.

La voiture accidentée d'Oliver Bearman après son crash.

Photo de: Kym Illman / Getty Images

"Quand il s'est décalé sur la gauche, c'était léger, mais avec une telle différence de vitesse, chaque mouvement est énorme. J'ai été chanceux de ne pas le percuter, j'ai dû éviter un accident beaucoup plus sérieux."

"Quand ils se décalent pour défendre leur position, c'est dangereux", a insisté Bearman. "Je suis content d'aller bien et d'être en parfaite forme pour Miami."

On en a parlé le vendredi, ce qui rend la situation un peu plus frustrante.

Et si le pilote Haas est si agacé, c'est parce que des situations de ce type avaient spécifiquement été évoquées lors du briefing des pilotes, le vendredi, et qu'ils avaient collectivement décidé de se montrer prudent face à de telles situations.

"On en a parlé le vendredi, ce qui rend la situation un peu plus frustrante. Entre tous les pilotes, on s'est dit 'Allez, il faut se respecter un peu plus, donner un peu plus de temps si on se déplace pour défende une position, parce que ce sont les plus gros écarts de vitesse que nous avons jamais eus dans notre championnat'. Et c'est arrivé deux jours après, ce qui est inacceptable pour moi."

"Entre pilotes, il faut qu'on comprenne que l'on doit avoir un peu plus de respect. Je n'étais vraiment pas content de sa manœuvre."

Franco Colapinto, Alpine, Oliver Bearman, Haas F1 Team

Franco Colapinto et Oliver Bearman s'entendaient bien... deux jours avant l'accident.

Photo de: Jakub Porzycki / NurPhoto via Getty Images

La question de la gestion de l'énergie est également importante aux yeux de Bearman : "Je pense aussi qu'il y a des ajustements à faire avec la FIA. On a très bien travaillé ensemble pour essayer d'éviter ces grosses différences de vitesse, parce que comme je l'ai dit, habituellement, 50 km/h, c'est la différence entre une voiture dans un tour de décélération et une qui attaque."

Selon Bearman, les pilotes sont passés d'un règlement "très mûr" à un cadre encore incertain cette année, et il demande donc à ses confrères une certaine prudence tant que la situation n'est pas stabilisée : "Je ne pense pas que c'est une solution, c'est plus un pansement pour ces différences [de vitesse]. En théorie, on ne devrait pas voir ces différences dans le reste de la saison. J'espère qu'on pourra améliorer ça."

Bearman a voulu rassurer ses proches

Depuis Suzuka, Bearman n'a pas discuté avec Colapinto et il s'est concentré sur sa condition physique, pour arriver à Miami sans la moindre séquelle. Dès la perte de contrôle de sa monoplace, il savait que le choc serait violent et il a vite voulu montrer à ses proches qu'il n'était pas blessé.

"Je savais que ça allait faire mal quand j'ai perdu le contrôle, c'était une certitude. J'ai juste pensé à sortir de la voiture aussi vite que possible. Heureusement, la voiture n'était pas trop endommagée vu l'ampleur de l'accident. Le groupe propulseur et le châssis vont bien, ce qui est important aussi, et dans l'ensemble j'allais bien."

"Je voulais vite sortir pour montrer que j'allais bien, surtout à ma famille qui regarde toujours, parce que de l'extérieur c'était un gros accident. Les voitures sont incroyablement sûres, ce qui témoigne du gros travail effectué par la FIA."

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