Helmut Marko et Red Bull, c'est officiellement terminé !
Comme le rapportait Motorsport.com, Helmut Marko va officiellement quitter Red Bull après plus de 20 ans dans son programme F1.
Photo de: Red Bull Content Pool
Après 21 ans de bons et loyaux services, Helmut Marko va bien quitter le giron de Red Bull en F1. La nouvelle de son retrait, dont nous vous révélions les contours dès dimanche soir et que Motorsport.com a pu confirmer ce mardi matin, est désormais officielle, à la suite d'une réunion avec la direction de l'entreprise, dont son PDG Oliver Mintzlaff, ce lundi à Abu Dhabi.
C'est via un très bref communiqué – accompagné de déclarations – que cette nouvelle a été rendue publique ce mardi : "Après plus de 20 ans en tant que conseiller sport automobile de Red Bull, Helmut Marko a décidé de se retirer à la fin de l'année 2025. Âgé de 82 ans, il a été l'un des architectes clés de l'ère de Red Bull en Formule 1 et également du programme junior de Red Bull."
Depuis toujours au poste étrange de "conseiller" chargé des sports mécaniques au sein du géant de la boisson énergisante, Helmut Marko a ainsi été l'une des figures tutélaires de l'écurie Red Bull Racing et de la montée en puissance, au fil des années, de la galaxie autrichienne dans le paddock F1, aux côtés d'autres membres historiques qu'étaient son directeur Christian Horner, son directeur technique Adrian Newey ou encore son directeur sportif Jonathan Weathley.
Tout autant œil que bras droit de Dietrich Mateschitz, le cofondateur de l'entreprise Red Bull, au sein de l'équipe, il a eu toute la confiance et la latitude nécessaires pour mettre en place en parallèle le système de la filière junior de l'équipe qui a notamment permis de former ou, en tout cas, de faire gravir à des jeunes pilotes les échelons menant vers la F1.
La plus grande réussite sera certainement celle du parcours de Sebastian Vettel, premier champion du monde estampillé Red Bull (2010 à 2013) après avoir été soutenu dans son ascension dans les disciplines de promotion avant son arrivée chez Toro Rosso. Le cas de Max Verstappen, lui aussi quadruple champion du monde avec Red Bull (2021 à 2024), est différent car le Néerlandais avait déjà largement fait ses armes avant de rejoindre le giron, ce qu'il n'a fait qu'à la faveur de la garantie par Marko d'un baquet de titulaire en F1 dès 2015.
Carlos Sainz et Max Verstappen, alors chez Toro Rosso, lors de la saison 2015 de F1.
Photo de: Alex Galli
Au-delà de ces deux pilotes, le système de détection, de formation et d'accession à la F1, mis en place autour de la propriété de deux écuries dans le championnat – Red Bull Racing en tant que vaisseau-amiral et Toro Rosso/AlphaTauri/Racing Bulls en tant que junior team –, a permis de faire accéder à la discipline une pléthore de pilotes prometteurs, dont certains sont encore dans le championnat malgré le fait d'être sortis de la famille autrichienne (Carlos Sainz, Alexander Albon ou Pierre Gasly).
L'influence de Marko chez Red Bull ne s'est toutefois pas limitée au programme junior et il a joué un rôle de premier plan en tant que dirigeant, notamment aux côtés de Horner, en accompagnant les grands succès de la marque. Ces dernières années, il a été un maillon important auprès de Max Verstappen et de son clan dans le rapport de force interne, au point d'être ouvertement soutenu par le pilote l'an passé dans les turbulences provoquées par "l'affaire Horner" et de prolonger son contrat jusqu'en 2026.
Au fil des années, son style de management et ses prises de position publiques ont souvent suscité la controverse, la dernière polémique en date étant évidemment sa sortie conspirationniste à l'emporte-pièce à l'encontre de Kimi Antonelli après le GP du Qatar, qui a contribué à provoqué une vague de harcèlement en ligne contre l'Italien et contraint Marko – chose rare – à rétropédaler.
Avant sa carrière de dirigeant, Helmut Marko fut un coureur automobile et compte notamment à son palmarès l'édition 1971 des 24 Heures du Mans, remportée aux côtés de Gijs van Lennep dans une Porsche 917K. Il a aussi connu un bref passage en Formule 1 à la même période qui s'est toutefois achevé – tout comme sa carrière, à seulement 29 ans – par une blessure terrible qui lui a fait perdre un œil lorsqu'il a reçu une pierre dans le casque, projetée par la March de Ronnie Peterson, au cours du GP de France 1972 à Charade. Il s'est ensuite tourné vers le management de pilotes et la gestion d'une écurie de F3/F3000 (RSM Marko) avant, à la fin des années 1990, de commencer la collaboration avec Red Bull.
Le départ présenté comme volontaire de Marko, s'inscrit dans un mouvement plus global qui a déjà vu l'éviction de Horner à l'été 2025, les départs de Newey chez Aston Martin et de Weathley chez Sauber/Audi ou encore, ceux – également actés en 2024 – de Lee Stevenson (chef mécanicien, vers Sauber/Audi) et Will Courtenay (responsable stratégie, futur membre de McLaren). Une série de défections ou d'évictions de figures importantes qui a débuté en parallèle – sans forcément qu'ils y soient directement liés – d'une guerre interne au terme de laquelle le clan autrichien de la marque semble avoir réussi à imposer sa vision des choses pour l'avenir.
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