L'augmentation du nombre de sprints fait débat chez les pilotes F1
Alors que les dirigeants de la F1 envisagent l'augmentation du nombre de courses sprint à l'horizon 2027, les pilotes livrent des opinions très variées sur le sujet.
Photo de: Peter Fox
Au début du mois de septembre, la Formule 1 - par la voix de son PDG Stefano Domenicali - a exprimé son intention, à moyen terme, d'augmenter le nombre de Grands Prix au format sprint. D'abord au nombre de trois en 2021 et 2022, les sprints sont depuis 2023 au nombre de six par saison, un chiffre qui sera maintenu pour l'année 2026.
L'enjeu d'avenir porte donc sur 2027 et au-delà, avec un objectif envisagé de dix ou douze épreuves sprint sur l'ensemble de la saison, soit la moitié ou près de la moitié des manches du calendrier actuel, même si à terme la question d'une généralisation comme en MotoGP finira par se poser. Si Domenicali assure qu'il y a une appétence générale, que ce soit chez les fans en dehors de "certains fans inconditionnels de la première heure" et - de façon peu surprenante - chez les promoteurs des GP, il estime que les pilotes sont également au diapason de cette envie collective.
Alors les pilotes sont-ils réellement tous en faveur d'une telle augmentation du nombre de sprints ? Leurs réponses sont en réalité plus nuancées. Voici celles qui ont été recueillies à Bakou, des plus enthousiastes aux plus circonspectes sur le sujet.
"J'aime les week-ends sprint. Chaque fois que vous montez dans la voiture, il faut se battre pour quelque chose, ce qui rend les week-ends très excitants pour les équipes, les pilotes et les fans. Il y a beaucoup plus d'action pendant ces trois journées. J'aimais bien la façon dont on procédait il y a quelques années, quand le parc fermé [entrait en vigueur] après les premiers essais libres, car on voyait souvent les équipes avoir tort ou raison, ce qui bouleversait beaucoup la grille de départ. Alors qu'aujourd'hui, lors d'un week-end [sprint] normal, avec la réouverture du parc fermé, on voit beaucoup d'équipes régler leur voiture pour les qualifications et la course, et puis tout le monde termine plus ou moins dans le même ordre."
Quand on a moins de temps pour travailler sur les voitures, on voit parfois des équipes faire les bons choix, d'autres faire les mauvais, et cela bouleverse la hiérarchie, ce qui rend les choses passionnantes.
"Quand on a moins de temps pour travailler sur les voitures, on voit parfois des équipes faire les bons choix, d'autres faire les mauvais, et cela bouleverse la hiérarchie, ce qui rend les choses passionnantes. J'aimerais voir plus d'épreuves sprint. Et même pour les épreuves [au format traditionnel], le fait d'avoir trois séances d'essais donne à tout le monde beaucoup de temps pour prendre des décisions et faire fonctionner la voiture à la perfection. Ce serait intéressant d'avoir un peu moins de temps et de voir ce que tout le monde peut faire."
"Avoir plus de week-ends de sprint serait plus excitant. Comme l'a dit Lance, avec les sprints, presque chaque fois que vous montez dans la voiture, vous vous battez pour quelque chose : les EL1 restent une séance d'essais, mais elle sert à préparer les qualifications, et vous devez tout faire le plus rapidement possible. C'est stimulant. Vous avez également deux chances de disputer une course ; en tant que pilotes, nous adorons les courses, et cela peut être très enthousiasmant tout au long du week-end, donc cela ne me dérangerait pas d'en voir davantage."
"Je ne sais pas [s'il faudrait des sprints tous les week-ends]. Pour commencer, peut-être [en organiser] plus. Je ne sais pas si nous sommes prêts pour une saison entière comme ça, mais au moins, plus serait un bon début, je pense. Peut-être que moins d'essais libres ou quelque chose comme ça pourrait être une bonne chose aussi."
Photo de: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images
"Personnellement, je suis fan des courses sprint. Elles ne me dérangent pas. Je pense que cela dépend un peu du choix des circuits, certains sont plus adaptés que d'autres."
"Je trouve les week-ends sprint très palpitants, car en tant que pilote, c'est un défi : une seule séance d'essais libres, puis directement les qualifications. Le défi consiste à atteindre la limite et à comprendre jusqu'où on peut pousser. En une seule séance d'essais libres, il faut rassembler beaucoup d'informations, tant pour les qualifications que pour la course. Même si le sprint a lieu après, on essaie quand même d'apprendre des choses de ce côté-là aussi."
"C'est assez intense, très stimulant, et c'est bien. C'est passionnant. Le week-end est très intense : vous n'avez qu'une seule séance d'essais libres, puis soit les qualifications, soit le sprint, puis la course principale. C'est très amusant. J'ai beaucoup apprécié les week-ends sprint cette année, donc je ne serais pas contre en avoir davantage à l'avenir."
"Personnellement, j'aime bien les week-ends sprint. Si vous vous rappelez, il y a quelques années, je me plaignais du fait que nous avions le même format chaque week-end et que nous avions besoin de quelque chose de différent, puis ils ont introduit le sprint. Je trouve que les sprints sont amusants. [...] Ces week-ends de course sont vraiment intenses avec une seule séance d'essais. J'ai entendu beaucoup de commentaires... Je pense que les fans ont tendance à les apprécier aussi."
"Concernant le fait d'en avoir dix, cela semble beaucoup, mais il y a certainement des endroits où je pense qu'une course sprint serait une bonne chose. Je ne m'y opposerais donc pas."
Photo de: Jayce Illman / Getty Images
"Je pense que rajouter des sprints n'est pas forcément une mauvaise idée. [Mais] je ne pense pas qu'il soit nécessaire ou souhaitable d'en organiser tous les week-ends."
"Je suis habitué au format actuel. Je pense qu'il n'est pas mauvais. J'apprécie le fait qu'il y ait les EL1, 2 et 3 pour développer, tester des choses dans la voiture et affiner les réglages. Ce qui me fascine dans la Formule 1, c'est la possibilité d'entrer dans les détails et d'affiner les réglages. Lors d'un week-end sprint, le temps est toujours compté et il faut travailler rapidement. Parfois, on n'arrive pas à optimiser les choses à temps."
"Mais oui, je pense que c'est bien pour le divertissement des fans et pour le week-end. On a plus de courses et plus de séances importantes, dans ce sens. Mais je ne suis pas sûr que j'irais au-delà de 12. Je pense que c'est déjà une limite difficile à dépasser."
"Les formats actuels sont, à mon avis, très bons. Du point de vue du pilote, vous avez trois séances, vous pouvez travailler sur la voiture. D'un point de vue technique, c'est bien, séance après séance, d'optimiser et de perfectionner la voiture pour les qualifications. Et puis vous avez une course principale, qui est l'événement principal."
"Je suis d'accord que c'est bien d'essayer des choses, mais en même temps, je suis plutôt enclin à dire que nous avons un excellent produit, d'excellents formats, que les fans apprécient. Je serais heureux de laisser les choses telles qu'elles sont. Mais je suis sûr que nous allons en faire l'expérience, et peut-être que je changerai d'avis à l'avenir. Mais pour l'instant, je suis plutôt favorable au format actuel."
Photo de: Haas F1 Team
"J'ai déjà dit ce que je pensais à ce sujet à Monza. Je pense que nous vivons aujourd'hui dans un monde consumériste où nous voulons toujours plus de spectacle, toujours plus de courses. Quand nous regardons 'Wednesday' sur Netflix, nous ne voulons pas attendre dix jours pour voir la deuxième partie de la saison. Mais une fois que c'est fini, on oublie très vite et on passe à autre chose, parce qu'il y a tellement de contenu à regarder. C'est la même chose pour le sport, c'est la même chose pour tout aujourd'hui, parce qu'on a le choix, on a beaucoup de divertissements."
"Mais je me souviens que quand j'étais jeune, j'attendais avec impatience la prochaine course et l'attente était en fait assez longue, et c'était un moment fort de ma semaine quand le Grand Prix avait enfin lieu le dimanche. Il fallait regarder les qualifications, il y avait toute la préparation, puis on regardait le Grand Prix, c'était le clou du spectacle. Maintenant, on court presque toutes les semaines et en plus, il y a les sprints. Oui, il y a beaucoup plus de contenu, on aura certainement plus de vues parce qu'on court le samedi, mais oui, je pense que c'est peut-être un peu trop. Ça ne me dérange pas de courir plus. Je serais toujours heureux de courir plus, mais oui, je préfère qu'il y ait cette attente, cette préparation pour le Grand Prix et profiter de ce que l'on regarde."
"Ce n'est pas vraiment quelque chose dont nous avons beaucoup parlé jusqu'à présent, mais mon opinion personnelle est que le nombre de courses de sprint que nous avons actuellement est suffisant et que je ne tiens pas à en ajouter davantage."
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