Pourquoi Norris reste sceptique malgré le bon début de McLaren à Spa
Malgré sa deuxième place lors des EL2 à Spa-Francorchamps, Lando Norris refuse de s'emballer. Le champion du monde estime que McLaren n'a pas encore les certitudes nécessaires pour se considérer comme la deuxième meilleure équipe du plateau.
Le rythme affiché ce vendredi à Spa-Francorchamps a dessiné une hiérarchie plus difficile à décrypter qu'à l'accoutumée sur un circuit traditionnellement réputé pour mettre les moteurs à rude épreuve.
Lors des simulations de qualifications des EL2, près d'une seconde séparait les six premiers, et seul Lando Norris est parvenu à rester à moins de deux dixièmes du meilleur temps signé par Kimi Antonelli.
Le champion du monde en titre a gagné près de deux secondes entre les EL1 et les EL2, mais ni lui ni le directeur technique de McLaren, Neil Houldey, ne pensent que cette deuxième place reflète réellement la position de l'équipe dans la hiérarchie.
Quoi qu'il en soit, Norris devra composer avec une pénalité sur la grille dimanche après l'installation de nouveaux éléments de son unité de puissance.
"Les EL1 n'ont pas été extraordinaires, pour être honnête. Les EL2 étaient un peu plus encourageants", a expliqué Norris en fin de journée vendredi. "Je ne suis toujours pas vraiment satisfait de la voiture, elle reste très, très difficile à piloter, mais nous semblions un peu plus proches des meilleurs."
"Après, le vendredi en essais libres, nous sommes généralement assez compétitifs. J'ai l'impression que nous montrons simplement un peu plus notre rythme que certains de nos concurrents."
"D'après ce que nous avons pu voir, nous avons réussi à améliorer la voiture entre les EL1 et les EL2. Nous semblons relativement compétitifs. Mais nous ne nous emballons certainement pas. Je pense qu'il ne faut pas s'attendre à quelque chose de différent de ce que l'on voit habituellement."
Dans chaque ligne droite, nous sommes à court d'énergie, pour être honnête. En réalité, nous sommes en super clipping dans toutes les lignes droites.
Spa-Francorchamps représente depuis toujours un véritable casse-tête en matière de réglages. Les premier et troisième secteurs privilégient une faible traînée aérodynamique et une bonne puissance moteur, tandis que le secteur central, avec ses nombreux virages rapides, exige davantage d'appui.
McLaren semblait mieux gérer son énergie que Mercedes dans Kemmel, avec moins de super clipping en fin de ligne droite.
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
Trouver le bon compromis est devenu encore plus complexe avec les moteurs de 2026, alors que le circuit offre très peu d'occasions de recharger la batterie au freinage ou en levant le pied.
"Il nous manque simplement du déploiement d'énergie partout", a expliqué Norris. "Dans chaque ligne droite, nous sommes à court d'énergie, pour être honnête. Le pire, c'est probablement à Blanchimont. Nous passons d'environ 320 km/h à 270 km/h parce qu'il ne nous reste tout simplement plus de batterie. En réalité, nous sommes en super clipping dans toutes les lignes droites."
La bataille du déploiement
Bien que McLaren utilise les moteurs Mercedes, l'écurie officielle conserve une longueur d'avance. Non seulement grâce à l'efficacité aérodynamique de sa monoplace, mais aussi grâce à une meilleure maîtrise du déploiement et de la récupération de l'énergie électrique afin d'optimiser le tour.
La comparaison des télémétries des simulations de qualifications de Norris et Kimi Antonelli met en évidence des stratégies de gestion de l'énergie sensiblement différentes.
Dans la descente vers Eau Rouge, Norris perdait de la vitesse par rapport à la Mercedes, signe que sa McLaren utilisait moins d'énergie électrique à cet endroit. L'écart atteignait son maximum au Raidillon, avant que le Britannique ne reprenne du terrain, au point d'afficher une vitesse de pointe supérieure d'environ 5 km/h dans la ligne droite de Kemmel.
Antonelli entrait toutefois plus tôt en phase de super clipping avant le freinage des Combes. Norris profitait ainsi d'un léger avantage de vitesse pendant plus longtemps, ramenant son retard à environ un dixième à cet endroit du tour, mais la Mercedes adoptait une stratégie de gestion de l'énergie plus conservatrice pour la suite.
La McLaren atteignait également une vitesse de pointe plus élevée dans la ligne droite menant à Bruxelles, là encore grâce à un déploiement plus important. La tendance s'inversait ensuite dans la descente vers Pouhon, où Antonelli affichait jusqu'à 15 km/h de plus que Norris. Cet avantage permettait au pilote Mercedes de creuser l'écart à près de trois dixièmes.
Norris perdait du terrain sur Antonelli dans Eau Rouge et le Raidillon.
Photo de: Sam Bagnall / Sutton Images via Getty Images
Norris reprenait ensuite une partie de son retard en affichant un pic de vitesse supérieur d'environ 13 km/h dans la portion menant à Fagnes, un avantage qui semblait, là encore, directement lié au déploiement de l'énergie électrique. À ce stade du tour, les chronos des deux pilotes étaient quasiment identiques.
Mais Antonelli bénéficiait ensuite d'un déploiement plus important dans la ligne droite menant à Blanchimont, ce qui lui permettait de reprendre l'avantage.
Je pense que Lando a tiré le maximum de la voiture dans cette séance, donc je ne crois pas que cette deuxième place reflète réellement notre position.
Ces données montrent qu'il reste encore une certaine marge de manœuvre dans la répartition du "capital" énergétique au cours d'un tour afin d'atteindre le meilleur compromis, malgré les différences aérodynamiques entre les deux monoplaces. McLaren avait notamment apporté un nouvel aileron arrière à faible traînée pour ce week-end à Spa.
"Je pense que Lando a tiré le maximum de la voiture dans cette séance, donc je ne crois pas que cette deuxième place reflète réellement notre position", a expliqué le directeur technique de McLaren, Neil Houldey.
"Je pense que nous avons encore des possibilités d'optimiser le déploiement de l'énergie. C'est d'ailleurs le cas de tout le monde : chacun cherche encore à déterminer quelle est la stratégie idéale pour le reste du week-end. Cela dit, nous sommes satisfaits d'avoir été dans le coup lors des EL1 et des EL2, et nous espérons poursuivre sur cette lancée en qualifications."
"Nous allons passer beaucoup de temps à analyser les données cette nuit, à simuler différentes options et à déterminer ce qui nous semble être la meilleure solution pour les EL3. Nous avons testé beaucoup de configurations différentes aujourd'hui. Nous avons également vu les autres équipes essayer plusieurs approches. La solution optimale existe, quelque part... mais nous ne l'avons pas encore trouvée."
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