Pourquoi le shakedown précoce d'Audi lui donne "une longueur d'avance"
Jonathan Wheatley, directeur d'Audi F1, est persuadé que le premier roulage très anticipé de la R26 a permis à l'équipe allemande de prendre un peu de marge sur ses concurrents.
Audi, qui vient tout juste de dévoiler la livrée pour sa toute première saison en Formule 1, a été la première équipe à faire rouler sa monoplace 2026. Début janvier, l'écurie allemande a effectué un shakedown sur le circuit de Barcelone avec ses pilotes titulaires, Nico Hülkenberg et Gabriel Bortoleto.
À l'occasion de cette journée promotionnelle - chaque équipe en dispose de deux, utilisables à n'importe quel moment de la saison - Audi a pu faire parcourir 200 kilomètres à sa R26, soit 42 tours. Si la logique derrière l'utilisation anticipée de ce shakedown est compréhensible, la Formule 1 s'apprêtant à entrer dans une ère réglementaire totalement inédite avec des monoplaces profondément remaniées, ce premier roulage s'est néanmoins tenu particulièrement tôt.
Interrogé lors du lancement officiel d'Audi sur les raisons de ce calendrier ambitieux, ainsi que sur les défis organisationnels et techniques qu'il a impliqués, Jonathan Wheatley, le directeur de l'équipe, a insisté sur la nécessité de valider le fonctionnement global de la voiture le plus en amont possible. Un impératif d'autant plus crucial qu'Audi arrive en Formule 1 avec une unité de puissance entièrement conçue en interne.
"C'était extrêmement ambitieux", a répondu Wheatley. "Il faut se rappeler que, au moment où nous essayions de finaliser cette voiture et d'assembler le groupe propulseur, nous sortions d'accidents au Brésil [Bortoleto avait violemment percuté le mur lors de la course sprint de São Paulo, pulvérisant entièrement sa monoplace, ndlr], vous vous en souvenez probablement."
La Audi R26 a été la première monoplace de la nouvelle ère de la F1 à prendre la piste.
Photo de: Audi
"L'usine était donc très sollicitée pour nous remettre à niveau en termes de pièces, tout en travaillant en parallèle sur la préparation de cette voiture pour un shakedown aussi précoce. Pour assembler une voiture à ce stade, il faut passer les crash-tests, réussir les tests de sécurité de la FIA très en amont. Cela illustre bien l'ambition du projet."
"Je pense que nous avons devancé les autres équipes sur la piste avec une certaine marge, et c'était nécessaire, car ces voitures sont d'une complexité extrême. On n'est plus du tout dans la Formule 1 d'autrefois."
"Il fallait s'assurer que tout fonctionne ensemble : que les systèmes communiquent entre eux, que la voiture dialogue correctement avec elle-même et avec le stand. Nous devions valider tout cela. La performance ne nous intéressait absolument pas à ce stade. Il s'agissait avant tout de systèmes, de fonctionnalités, de communication. Et sur ces points-là, nous avons coché beaucoup de cases."
"Je pense que cela nous a permis de prendre une longueur d'avance. Nous avons atteint les objectifs que nous nous étions fixés. Nous n'avons pas parcouru 200 kilomètres, mais ce n'était pas le but. Les deux pilotes ont pris le volant et nous avons recueilli des retours solides."
L'avantage d'avoir son propre moteur
En plus d'avoir intégré la F1 pour la première fois de son histoire, Audi s'est lancé le défi de créer sa propre unité de puissance. La nouvelle réglementation moteur et son utilisation plus large de l'électrique était en réalité l'une des raisons principales de l'engagement du constructeur aux anneaux dans la discipline, puisque cette nouvelle unité de puissance collait tout simplement aux objectifs à long terme de la marque allemande, notamment au niveau de ses voitures de route.
Audi fait donc désormais partie des cinq motoristes présents en F1, aux côtés de Mercedes, Ferrari, Red Bull Powertrains et Honda - qui seront rejoint par General Motors dans quelques années.
La livrée d'Audi pour sa première saison dans le championnat de F1.
Photo de: Christopher Otto
Au-delà de l'intérêt commercial lié au développement de son V6 turbo hybride, Audi a vu dans la conception d'une unité de puissance entièrement maison une opportunité majeure pour devenir un véritable prétendant au titre. Un objectif central du projet du constructeur allemand, qu'il ambitionne d'atteindre à l'horizon 2030.
"[L'importance d'un moteur maison est] énorme", a confié Jonathan Wheatley. "McLaren nous a malheureusement tous prouvé le contraire [l'équipe britannique étant cliente de Mercedes, ndlr], mais j'ai toujours pensé que lorsqu'on voit une véritable installation 'constructeur', avec une voiture et un groupe propulseur conçus ensemble dès le départ, le résultat est très différent de celui d'une équipe cliente.
"C'est d'ailleurs l'une des plus grandes différences entre la R26 et la voiture de l'an dernier [la Sauber] : cette monoplace ressemble à une Formule 1 pensée comme un tout, de l'avant à l'arrière, avec un seul objectif."
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