Les indices qui montrent que Márquez a l'intention de quitter Honda
L'avenir de Marc Márquez chez Honda va constituer l'élément le plus important du marché des pilotes : la décision du champion espagnol aura des conséquences monumentales sur l'ensemble du plateau MotoGP. Or, aujourd'hui, la solidité qu'il a toujours affichée commence à se fissurer.
Inlassablement, Marc Márquez insiste pour rappeler qu'il est sous contrat avec Honda jusqu'en 2024 inclus. Pourtant, plusieurs indices suggèrent que l'Espagnol envisage une rupture, que le constructeur japonais tente encore d'éviter en ayant lancé en Autriche une vague de recrutement.
Depuis des mois, Márquez se montre très pointilleux sur les mots qu'il choisit, afin que personne ne puisse un jour l'accuser d'avoir menti. Il est pourtant sans cesse interrogé sur son avenir et, ces dernières semaines, la question qui lui a été posée le plus souvent a été la suivante : "Seras-tu encore au guidon d'une Honda l'année prochaine ?". Et à cette question immuable, l'Espagnol a toujours apporté la même réponse : "J'ai un contrat".
L'octuple Champion du monde a en tête un fait irréfutable : son accord avec Honda expire bel et bien à la fin de la saison prochaine, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'il va l'honorer.
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Alberto Puig, team manager de l'équipe Repsol Honda, a montré de premiers doutes au mois de juin. Et le président du HRC, Koji Watanabe, a déjà déclaré que si le pilote au numéro 93 devait exprimer son intention de rompre ce contrat un an plus tôt que prévu, il n'en serait pas empêché : "Nous aimerions évidemment qu'il continue. Mais, en fin de compte, c'est à lui de décider. S'il veut partir, nous ne le retiendrons pas".
Honda aurait pourtant de quoi nourrir des craintes si la pierre angulaire de son projet MotoGP, vainqueur de six des sept titres possibles entre 2013 et 2019, devait quitter le navire dans les circonstances actuelles, celles d'une moto en déclin qui, course après course, se bat en queue de peloton.
La nouvelle donne établie par les usines européennes, Ducati en tête, a fait croître de manière exponentielle l'écart qui sépare les constructeurs japonais (Honda et Yamaha) du nouveau trio dominateur du MotoGP (Ducati, Aprilia, KTM). Ces différences se sont ajoutées à une certaine arrogance de la part du HRC, qui s'enferme dans une méthodologie de travail devenue obsolète, au point d'entraîner la lassitude de Márquez.
Marc Márquez a prévenu depuis longtemps qu'il voulait évaluer la Honda 2024 au test de Misano avant de décider de son avenir.
Depuis longtemps, déjà, le pilote espagnol a désigné le test de lundi prochain comme le moment clé qui déterminera son avenir. Au lendemain du GP de Saint-Marin, le plateau MotoGP sera en effet réuni pour une rarissime journée d'essais lors de laquelle les constructeurs ont pris pour habitude de présenter à leurs titulaires les prototypes des modèles de la saison suivante. Fabio Quartararo en attendra lui-même beaucoup côté Yamaha, et Honda ne devra pas se louper avec sa nouvelle RC213V.
Pourtant, il est à penser que le cœur du problème n'est plus vraiment la moto qui sera dévoilée à Misano, car le scepticisme le plus total se répand aujourd'hui au sein même du stand Repsol : personne ne pense que ce prototype incarnera le changement de concept que tous les pilotes Honda, sans exception, réclament depuis si longtemps.
D'après les informations de Motorsport.com, le HRC sait déjà que la condition de Marc Márquez pour rester est que du personnel technique spécialisé dans les domaines clés de la moto soit recruté. En d'autres termes, il veut voir arriver ces ingénieurs − européens pour la plupart − qui ont permis à Ducati, Aprilia et KTM de faire le grand bond vers le sommet du championnat.
Massimo Rivola, PDG d'Aprilia, a par exemple fait venir du renfort de la Formule 1 et KTM a engagé Fabiano Sterlacchini, ancien bras droit de Gigi Dall'Igna chez Ducati. Le nom du père de la Desmosedici actuelle a même été évoqué dans les discussions, bien qu'il paraisse difficile de l'imaginer quitter le constructeur de Borgo Panigale.
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Le team manager de Honda, Alberto Puig, mène actuellement cette recherche après avoir reçu le feu vert de la direction. Lors des dernières courses, l'ancien pilote a régulièrement rencontré plusieurs des managers les plus influents de Honda afin de les convaincre de la nécessité d'aller pêcher dans d'autres équipes et ainsi de tenter de retenir Márquez.
Tout ceci se fait sous la supervision de Koji Watanabe, qui était à Barcelone le week-end dernier. Shinji Aoyama, deuxième plus haut dirigeant de Honda Motor, était, lui, au Mugello, où le pilote espagnol a demandé à le rencontrer. À Silverstone, Puig a rencontré Hikaru Tsukamoto, responsable de la division deux-roues, également présent au GP d'Autriche : c'est là qu'il a donné le feu vert pour sonder le marché des ingénieurs.
Alberto Puig a une mission : recruter en urgence les ingénieurs qui convaincront Marc Márquez de rester chez Honda.
On remarque que ce changement d'approche de Honda s'est accéléré après le GP d'Allemagne. Márquez avait alors décidé de renoncer à la course du dimanche, après avoir accumulé cinq chutes en deux jours et demi, et être apparu incapable de se battre à l'avant sur une piste où il était par le passé invaincu. Le problème, c'est que Puig a peu de marge de manœuvre, à la fois car la saison est très avancée et car ses cibles sont difficiles à convaincre.
Tous les regards se tournent vers la Ducati encore libre pour 2024
La logique suggère que Marc Márquez prépare le terrain afin de disposer d'une alternative réalisable dès 2024, qu'il décide finalement de partir ou non. De plus en plus, la plupart des indicateurs pointent vers un seul stand : celui du team Gresini.
Certes, son frère Álex y court et y a renouvelé son contrat. Mais au-delà même de cet élément, il est très inhabituel qu'une Ducati, l'une des motos les plus convoitées du paddock, n'ait toujours pas trouvé preneur à ce stade de l'année.
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L'arrivée de Franco Morbidelli chez Pramac et le renouvellement de Luca Marini chez VR46 sont pratiquement actés, confirmés par toutes les parties impliquées. En revanche, la moto actuellement pilotée par Fabio Di Giannantonio a été refusée à ceux qui ont voulu se l'approprier : Jake Dixon et Tony Arbolino ont ainsi renouvelé leur contrat en Moto2, alors que leurs noms circulaient depuis des semaines. Quant à Di Giannantonio, il a beau défendre son bilan, il semble devoir s'orienter vers un départ, puisqu'il est en négociations avancées avec Fantic pour revenir à la catégorie Moto2.
À tout ceci s'ajoute le silence assourdissant des responsables de Gresini Racing et, surtout, l'élément le plus parlant : l'inquiétude de Ducati, qui commence à considérer que la possibilité que Marc Márquez atterrisse sur l'une de ses motos satellites est réelle.
"Avec Gresini, c'est à l'équipe de décider qui recruter. Nous pouvons bien sûr faire des suggestions. Mais c'est tout", prévient Paolo Ciabatti, directeur sportif de Ducati Corse. Et à Borgo Panigale, on a parfaitement conscience des bouleversements que l'arrivée du #93 pourrait provoquer dans la hiérarchie du groupe et l'harmonie parfaite qui règne actuellement chez ses pilotes.
Les frères Márquez pourraient-ils à nouveau faire équipe ?
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