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Brown revient à la charge sur la relation Red Bull/Racing Bulls

Pour le PDG de McLaren, Zak Brown, les liens étroits entre les écuries F1 - tels que ceux entre les équipes détenues par Red Bull - peuvent aboutir à des avantages indus.

Max Verstappen, Red Bull Racing, Arvid Lindblad, Racing Bulls

Photo de: Rudy Carezzevoli / Getty Images

C'est un refrain que l'on n'avait plus entendu depuis un petit moment. Et Zak Brown, le PDG de McLaren, est encore celui qui met les pieds dans le plat : pour lui, le modèle des équipes A et B détenues par une même entité, façon Red Bull, présente le risque de "compromettre l'intégrité de l'équité sportive". Mais ce n'est pas le seul cas qu'il vise.

Depuis une trentaine d'années, de façon plus ou moins cyclique, l'interrogation autour de la question des liens poussés entre certaines écuries, et des avantages indus que cela peut occasionner, revient souvent.

La F1 connaît notamment une situation particulière avec Red Bull, la marque autrichienne détenant depuis le milieu des années 2000 deux écuries, à savoir Red Bull Racing - sa structure principale - et Racing Bulls (auparavant dénommée Toro Rosso puis AlphaTauri) - son junior team.

Il n'est toutefois pas superflu de rappeler que ces questions ont pu se poser avant, avec l'exemple de la façon dont Sauber, alors cliente moteur de Ferrari, avait été utilisée - via le retardataire Norberto Fontana - pour tenter de ralentir Jacques Villeneuve face à Michael Schumacher dans la lutte pour le titre 1997 à Jerez.

L'actualité récente de Red Bull a vu l'annonce en vue du 1er juillet de l'arrivée d'Andrea Landi, transfuge de Racing Bulls, en tant que responsable de la performance. Une venue qui se fait donc dans un délai très court, loin de certaines périodes de dispense de préavis à rallonge, évidemment facilitée par la parenté entre les deux constructeurs.

Dans une situation plus normale, le recrutement de Gianpiero Lambiase par McLaren ne verra l'ingénieur britannico-italien débarquer chez McLaren qu'en vue de la saison 2028. 

Toutefois, Brown assure ne pas uniquement pointer le modèle Red Bull, en citant aussi l'exemple de Haas qui dispose d'un bureau de design situé à Maranello, le siège de Ferrari, qui lui fournit entre autres ses moteurs. Les transferts de personnel entre les deux écuries ont d'ailleurs été notables ces dernières années, avec notamment l'exemple de Simone Resta.

"Je pense qu'il faut nous éloigner autant que possible et aussi vite que possible du système des équipes A et B. La copropriété - dont nous avons un exemple aujourd'hui, et je comprends comment ça s'est produit, pourquoi ça s'est produit - est, à l'heure actuelle, autorisée dans presque toutes, sinon toutes, les grandes disciplines sportives", a déclaré Brown, faisant référence au rachat par Red Bull de Jaguar pour rejoindre le championnat en 2005, puis à la reprise de l'écurie Minardi en difficulté en 2006.

La Red Bull de Christian Klien devant la Minardi de Christijan Albers en 2005.

La Red Bull de Christian Klien devant la Minardi de Christijan Albers en 2005.

Photo de: Sutton Images via Getty Images

"Il y a un risque très élevé que cela compromette l'intégrité de l'équité sportive. Les fans risqueraient de se détourner si, à leurs yeux, il n'y avait plus 11 écuries indépendantes", a ajouté Brown.

"Je me suis exprimé clairement à ce sujet dès le premier jour. Nous avons vu cela se produire sur la piste dans un contexte sportif. Daniel Ricciardo nous a privé du point du meilleur tour pour aider l'autre équipe. Nous avons constaté des violations de la propriété intellectuelle chez Aston Martin/Racing Point concernant les écopes de frein."

Brown fait ici référence à deux situations distinctes. La première concerne le GP de Singapour 2024 où Racing Bulls avait fait s'arrêter Ricciardo dans les derniers tours pour qu'il signe le meilleur tour. Cela avait eu pour conséquence directe de priver Lando Norris (McLaren), alors en lutte pour le titre face à la Red Bull de Max Verstappen, du point du meilleur tour qui était à l'époque attribué.

La seconde référence concerne l'affaire Racing Point de 2020 quand, au-delà du choix de l'écurie - précédente identité d'Aston Martin - de rapprocher de très près le design de sa F1 de la Mercedes de 2019, elle s'était rendue coupable d'une copie illégale de pièces de freins, ce qui lui avait valu un retrait de points au championnat constructeurs.

La Racing Point de Lance Stroll devant la Mercedes de Valtteri Bottas en 2020.

La Racing Point de Lance Stroll devant la Mercedes de Valtteri Bottas en 2020.

Photo de: Charles Coates / LAT Images via Getty Images

"Nous avons vu des employés changer d'équipe du jour au lendemain, alors que nous devons attendre [longtemps] et parfois conclure des accords financiers, ce qui a ensuite des répercussions sur notre plafond budgétaire", a poursuivi Brown.

"Donc, quand vous voyez d'autres [membres du personnel] passer d'une équipe à l'autre sans compensation financière, cela constitue un avantage financier injuste, c'est un avantage sportif déloyal. Nous avons vu Ferrari et Haas faire passer des personnes d'une équipe à l'autre. Nous savons que la propriété intellectuelle occupe une place importante dans votre esprit."

"Alors, rassemblez tout cela : peut-on imaginer un match de Premier League où deux équipes appartiennent au même groupe, l'une va être reléguée si elle perd, tandis que l'autre peut se permettre de perdre ? C'est exactement le risque que nous courons."

"Je pense donc que le fait d'avoir des fournisseurs de moteurs est la limite à ne pas dépasser. Et puis, à mon avis, les 11 équipes devraient être aussi indépendantes que possible, car il y a un risque élevé et nous avons vu que cela compromettait l'intégrité du sport, et c'est ce qui fera fuir les fans plus vite que toute autre chose."

Zak Brown (McLaren)

Zak Brown (McLaren)

Photo de: Mark Sutton / Formula 1 via Getty Images

Lorsqu'il lui a été demandé si quelque chose avait changé au fil des ans pour tenter d'empêcher le modèle à deux équipes, Brown a répondu "C'était un sujet de discussion majeur lors des derniers Accords Concorde. J'ai écrit à la FIA et à la F1 l'année dernière à ce sujet, car nous constatons que ce genre de choses se produit tout le temps et nous les signalons. Je pense que la FIA y est plus attentive et surveille davantage la situation."

"Je suis franchement heureux de constater que les Racing Bulls et Red Bull semblent être des voitures différentes. J'ai eu ces discussions avec Laurent [Mekies, directeur de l'écurie Red Bull] - je ne le vise pas particulièrement, mais il est le seul à avoir deux écuries - et il s'est montré très ouvert et transparent en disant : 'Si vous voyez quelque chose qui ne vous plaît pas, discutons-en simplement'. Je pense donc qu'ils en sont conscients et qu'ils ne veulent pas aller trop loin."

"Des discussions ont eu lieu dans le cadre des Accords Concorde sur la question suivante : 'Faudra-t-il, à terme, se séparer de l'une des écuries ?'. Mais j'ai également une immense admiration pour ce qu'ils ont apporté à ce sport et pour la manière dont cela a été fait il y a longtemps."

"Donc, tant que cela est contrôlé, surveillé… Mais en tout cas, aller plus loin serait une erreur pour la discipline."

Avec Benjamin Vinel et Jake Boxall-Legge

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