Pourquoi Christian Horner manque déjà à Drive to Survive
Ce vendredi, la série documentaire "Drive to Survive" de Netflix revient pour sa huitième saison, avec huit épisodes. Voici ce que nous avons retenu de ce qu'elle propose de la saison 2025 de F1.
Photo de: Andy Hone / Motorsport Images
Personne ne changera d'avis avec la saison 8
Reconnue depuis longtemps pour son rôle déterminant dans la percée de la F1 auprès du grand public ces dernières années, Box to Box Films a conservé la recette qui a fait de Drive to Survive la série documentaire sportive la plus durable.
Se concentrant sur une intrigue principale par épisode, elle retrace les événements de la saison 2025 à l'aide de nombreuses images inédites tournées en coulisses, d'entretiens avec les pilotes et les directeurs d'équipe, ainsi que de commentaires supplémentaires des spécialistes que sont Will Buxton et Claire Williams.
Drive to Survive vise sans complexe à attirer de nouveaux fans vers cette discipline plutôt qu'à plaire aux inconditionnels, et la saison 8 ne fait pas exception. Si vous lisez ceci, il y a de fortes chances que vous apparteniez à la seconde catégorie. Donc, si vous n'étiez pas fan des précédentes saisons, vous ne le deviendrez pas soudainement.
Mais si vous ne voyez pas d'inconvénient à cette sauce narrative parfois un peu sirupeuse qui recouvre le plat de résistance qu'était la saison 2025, alors cela vaut tout de même la peine de rester pour les images inédites, les petites perles venues des coulisses et les interactions que vous avez peut-être manquées.
Cela dit, Netflix semble mieux réussir à replacer les événements et les citations dans leur contexte, et nous avons remarqué moins d'incongruités par rapport aux saisons précédentes.
Yuki Tsunoda et Franco Colapinto bénéficient d'un temps de présence important dans le cadre du grand manège des pilotes de la F1 2025.
Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images
Christian Horner manque déjà à Netflix
Mais s'il y a une chose qui est claire, c'est bien le fait que ce qui a fait le succès de Drive to Survive, ce sont les rivalités féroces, les intrigues et les manœuvres politiques dignes de Game of Thrones et House of Cards. La huitième saison cache mal à quel point le programme repose sur les conflits entre ses protagonistes.
Comme le dit Christian Horner, depuis lors évincé de son poste de directeur de l'écurie Red Bull, après avoir été hué par la foule lors de la présentation collective "F1 75", toute histoire a besoin d'un méchant. Et d'un point de vue purement scénaristique, après le départ de Horner en milieu de saison, la F1 et Drive to Survive ont toutes deux perdu un peu de leur intérêt.
Horner a regretté de ne pas avoir pu faire des adieux dignes de ce nom, mais il a clairement eu droit à un départ à la hauteur de son rôle en F1 et dans Drive to Survive, les producteurs lui rendant visite dans son ranch pour transformer une étable en salle d'interview improvisée.
Au lendemain de son licenciement surprise après le Grand Prix de Grande-Bretagne, l'émotion et l'amertume étaient encore vives lorsque Horner a levé le voile sur ce qui s'était passé.
"Le père [de Max Verstappen] n'a jamais été mon plus grand fan", a-t-il déclaré. "Il n'a jamais caché son opinion à mon sujet. Mais je ne pense pas que les Verstappen aient joué un rôle quelconque dans cette décision. Je pense que celle-ci a été prise par Oliver Mintzlaff, conseillé par Helmut Marko en coulisses."
Horner a également suggéré que le remplacement de Liam Lawson après seulement deux courses par Yuki Tsunoda était entièrement le fait de Marko, ce qui se vérifie si l'on sait à quel point Horner avait peu confiance dans le pilote japonais chez Red Bull Racing au départ.
Quoi qu'il en soit, la série s'essouffle après le quatrième épisode dominé par Red Bull, et avec des personnalités aussi sympathiques envers elles-mêmes que Toto Wolff, Zak Brown et Frédéric Vasseur, Netflix va espérer que le retour de Horner en F1 se concrétise le plus tôt possible.
La lutte aseptisée chez McLaren laisse à désirer
La représentation de la lutte pour le titre au sein de McLaren semble incomplète.
Photo de: Zak Mauger / LAT Images via Getty Images
Bien sûr, l'autre grand titre de la saison 2025 a été la lutte pour le titre chez McLaren entre Lando Norris et Oscar Piastri, qui a été perturbée par Max Verstappen après une série d'erreurs commises par l'équipe papaye.
Ce sujet est au centre de trois des huit épisodes, mais bizarrement, il manque quand même beaucoup d'informations cruciales. La première partie est centrée sur la domination initiale de Piastri, les difficultés de Norris et sa victoire rédemptrice au Grand Prix de Grande-Bretagne.
Mais ensuite, nous ne revenons pas à Woking avant les deux derniers épisodes, qui se concentrent sur les erreurs de McLaren à Las Vegas et au Qatar, ainsi que sur la finale pour le titre à Abu Dhabi. Qu'en est-il du changement de position à Monza, qui a rendu Piastri furieux ? Qu'en est-il de Bakou ? Qu'en est-il de Singapour et d'Austin ?
Aucun de ces moments clés entre les deux coéquipiers/rivaux n'est même mentionné. On ne sait pas si c'est un choix délibéré de l'équipe, de la production, ou si c'était simplement parce qu'ils n'avaient pas les bons micros pour capter les bonnes conversations. Mais qu'il s'agisse d'un choix délibéré ou non, les segments consacrés à McLaren semblent beaucoup trop aseptisés.
On voit toutefois le patron de l'écurie, Zak Brown, qui est désormais devenu un personnage principal, se mêler aux riches et aux célébrités lors d'un dîner chic à Las Vegas... voilà.
Drive to Survive fait le job, sans plus
Pour la saison 8, les créateurs ont réduit la série de 10 à 8 épisodes, d'une durée comprise entre 36 et 51 minutes, une décision délibérée visant à privilégier la qualité plutôt que la quantité. Mais dans l'ensemble, cela semble tout de même un peu maigre.
Le premier épisode, assez décousu, ne démarre pas vraiment en fanfare – à moins de tenir compte du pet de Gabriel Bortoleto dans un micro en coulisses – et plus tard, un épisode entier est consacré à l'adaptation de Carlos Sainz chez Williams, ce qui semble un peu exagéré vu le peu d'intérêt que cela présente.
Critiques mises à part, Drive to Survive remplit largement son objectif, qui est d'initier les nouveaux venus à la F1. Outre le traitement brutal réservé à Lawson et Horner, sur le point d'être remerciés, les téléspectateurs découvrent Flavio Briatore, autre méchant de la F1, et sa rapide éviction de Jack Doohan au profit de Franco Colapinto, avant de passer un savon à l'Argentin en italien pour ses performances insuffisantes.
Pour les inconditionnels de la F1, cependant, Drive to Survive a un peu plus de mal à donner le meilleur d'elle-même, c'est-à-dire lorsqu'elle nous apprend des choses que nous ne savions pas ou n'avions pas vues.
Mais quand certaines de ses plus grandes personnalités disparaissent, le show risque soit de devenir trop banal, soit d'être accusé de créer artificiellement de l'intrigue, donc il est de toute façon perdant.
Drive to Survive va être diffusé sur Netflix le vendredi 27 février.
Drive to Survive Saison 8 - La liste des épisodes (en anglais)
Épisode 1 - New Kids on the Track
Épisode 2 - Strictly Business
Épisode 3 - The Number 1 Problem
Épisode 4 - A Bull with No Horns
Épisode 5 - The Sky's the Limit
Épisode 6 - The Duel
Épisode 7 - What Happens in Vegas
Épisode 8 - Call Me Chucky
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