Comment Bernie Ecclestone a transformé la Formule 1

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Comment Bernie Ecclestone a transformé la Formule 1
26 janv. 2017 à 10:30

Pour avoir une preuve tangible des changements que Bernie Ecclestone a apportés au pinacle du sport automobile, il suffit de comparer des images du paddock sur cinq décennies.

Quand les mécaniciens des années soixante-dix, vêtus de combinaisons tachées d'huile, reconstruisaient inlassablement les voitures dans un bain de boue, leurs homologues modernes bichonnent d'étincelantes œuvres d'art, sans une mèche de travers tout en accomplissant leur tâche dans des garages bien éclairés.

La clé de la contribution d'Ecclestone s'étend sur cinq décennies : le temps durant lequel l'octogénaire – qui a eu 86 ans en octobre dernier – a tiré et poussé le sport pour le forger à sa propre image.

Pour dire les choses simplement, si la F1 était une entité vivante, elle serait de petite taille, avec une tignasse grise, et répondrait au nom de Bernie, que celui-ci soit prononcé par les fans ou par des rois.

Cela dit, pour le staff, il est Mister E. – particulièrement adapté quand prononcé rapidement...

Ecclestone est vraiment entré en scène en 1972, année où il est photographié ci-dessus avec Colin Chapman, en rachetant l'équipe Brabham.

Il était, cependant, en F1 depuis plus de dix ans, d'abord en tant que manager de Stuart Lewis-Evans, mort dans un accident au GP du Maroc 1958, puis comme propriétaire d'une Connaught avec laquelle il avait manqué à deux reprises sa qualification.

À la fin des années 60, il s'était acoquiné avec Jochen Rindt, manageant cet ami proche avant la mort de l'Autrichien.

La vie de propriétaire d'écurie fut moins douloureuse, et en une décennie, les Brabham immaculées d'Ecclestone gagnèrent trois championnats du monde.

Puis il est parti (avec son bon copain et avocat Max Mosley, ci-dessous) à la conquête de la FISA, alors corps dirigeant, pour la propriété de la discipline.

Bernie Ecclestone, propriétaire de Brabham avec Max Mosley, manager de March Engineering

Comme on pouvait le prévoir, Bernie parvint à ses fins, et, sur fond d'Accord Concorde, les droits commerciaux de la F1 devinrent l'objectif de la FOCA, l'association des équipes dirigée par ses soins.

Ecclestone réalisa que le véritable enjeu était les droits télé, et passa des accords au nom de la FOCA, gagnant des millions pour lui-même (d'abord) et les autres (ensuite), mais les vrais dividendes survinrent quand il acheta ces droits commerciaux de la F1 – à une administration FIA désormais présidée par Mosley – pour son propre compte.

En moins de dix ans, il passa de multimillionnaire à double milliardaire avant de revendre trois fois les droits.

Bernie Ecclestone, propriétaire de Brabham avec Max Mosley, manager de March Engineering

Formula One Management (FOM) est désormais l'entité sportive la plus intégrée verticalement, contrôlant les redevances télé, les entrées paddock, l'agence de voyage de la F1, les hospitalités, affichages en bord de piste, et, évidemment, la Commission F1 qui établit les règlements avant de les envoyer à la FIA pour ratification.

Dans le processus, Ecclestone a transformé ce qui était un passe-temps pour gentils enthousiastes voyageant autour du monde avec une voiture (ou deux) sur une remorque, cherchant de l'argent à chaque virage, en un spectacle sportif continu le plus suivi dans des millions de foyers chaque quinzaine.

Les stars de la F1 sont des icônes mondiales, et des valeurs sûres comme Ferrari, Mercedes et Rolex dépensent annuellement des centaines de millions en devises fortes dans le Bernie's Show.

Ses efforts implacables ont professionnalisé la F1 et entraîné toutes les autres catégories derrière elle. Sa détermination à exploiter chaque dollar a mené la F1 dans des virages étranges, mais au final, elle est plus riche de tant d'expériences – que sont une pléthore de formules de promotion, forcées d'élever leur niveau de jeu pour fournir les talents de demain.

Son influence s'étend d'un bout à l'autre de la chaine alimentaire, karting inclus.

Bernie Ecclestone, sa femme Fabiana Flosi et Chase Carey
Bernie Ecclestone, sa femme Fabiana Flosi et Chase Carey

Photo de: FIA

Tout cela étant dit, Ecclestone n'est pas parfait : ainsi en est-il de sa réticence à préparer un successeur (jusqu'à l'intervention de Liberty Media et son remplacement par Chase Carey, ci-dessus).

Le très au point spectacle qu'il a créé sans petite aide venue d'amis pouvait imploser où, au pire des cas, connaître une renaissance douloureuse.

Mais l'épitaphe sur sa tombe sera qu'il a changé la F1, et par conséquent tout le sport auto, essentiellement pour le meilleur.

Ce texte, de Dieter Rencken, a été publié initialement dans le numéro du 21 juillet 2016 d'Autosport, partie d'un dossier sur les 50 personnes qui ont changé le sport auto. Il a été mis à jour suite à la nomination de Chase Carey en qualité de directeur exécutif de la F1, en remplacement d'Ecclestone.

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