Pirelli n'a découvert les problèmes de pneus qu'au microscope
Pirelli a révélé que les problèmes de séparation pneumatique qui planent sur le Grand Prix du Qatar 2023 de F1 n'ont pu être découverts qu'au moment où les échantillons recueillis sont passés au microscope.
Avant de débuter la journée de samedi au Grand Prix du Qatar, la FIA a mis en place un plan d'urgence à la suite de craintes formalisées par Pirelli. En effet, après analyse des pneus utilisés par les écuries lors des essais libres, le manufacturier italien a découvert le début d'une séparation entre le composé et la corde de la carcasse sur les enveloppes ayant parcouru plus d'une vingtaine de tours.
Les soupçons se sont vite portés sur les nouveaux vibreurs installés sur le circuit de Losail et notamment aux virages 12/13/14, très rapides, où les pilotes passaient allègrement sur les vibreurs et endommageaient a priori le plus les pneus en raison des chocs répétés avec les "pyramides" qui se trouvent le plus à l'extérieur des vibreurs. Aussi, avant le début du roulage et du shootout, la FIA a redessiné légèrement les virages 12 et 13 en avançant la limite de piste extérieure de 80 cm.
Avec un sprint de 19 tours et ces nouvelles limites, les instances et Pirelli estiment que le risque de problèmes est moindre. Toutefois, l'analyse des pneus issus de cette course courte servira à déterminer s'il faut bien imposer des limites dans l'utilisation des pneus pour l'épreuve longue de ce dimanche, avec la possibilité déjà évoquée de limiter les relais à 20 tours (ou 22 pour les pneus déjà utilisés) et d'obliger les pilotes à faire trois arrêts.
S'exprimant lors d'une conférence de presse concernant les problèmes découverts, Mario Isola, directeur de la compétition de Pirelli, a révélé que les dégâts en questions étaient si petits qu'ils n'avaient pas été remarqués avant la découpe des pneus et l'analyse au microscope menée par Pirelli dans la soirée de vendredi.
Les vibreurs "pyramides" de Losail.
"Si je coupe le pneu et que je vous montre la section, vous ne pourrez voir aucun dommage", a-t-il expliqué. "C'est tellement petit que nous ne pouvons trouver les dégâts qu'à l'aide d'un microscope. Ce n'est donc pas un problème pour lequel on dit : 'Les gars, faites attention, parce qu'on a un gros souci à l'heure qu'il est'. C'est un début, c'est une indication, mais il est évident que nous ne pouvons pas l'ignorer. C'est pourquoi j'ai rapporté [à la FIA] ce que nous avons trouvé après analyse."
Pirelli pense que le problème a été déclenché par le fait que les vibreurs pyramidaux martèlent les gommes à un point où elles sont susceptibles d'être endommagées. "Le problème – pour vous donner une explication qui n'est pas très technique mais probablement plus claire – c'est comme si vous preniez un marteau avec une pyramide au sommet, et que vous le frappiez contre le flanc 100 fois par seconde pendant une longue période", a ajouté Isola.
"Le composé est la partie la plus faible. Vous avez la corde de la carcasse qui est faite d'un matériau textile et qui est beaucoup plus résistante. Ce n'est donc pas une question de fatigue. La fatigue se produit lorsque la structure est soumise à la fatigue [et] que la corde est également affectée. Dans le cas présent, nous n'avons pas de problème de structure. C'est simplement le fait d'avoir un impact répété sur le flanc qui affecte la résistance du composé, localisé au niveau de la corde."
Avec Jonathan Noble
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