Comment Pirelli a vu venir un remake d'Indianapolis 2005
Un communiqué de la FIA publié ce samedi au Qatar a alerté le grand public sur ce qui constitue l'un des incidents les plus graves lié aux pneus en Formule 1 depuis le tristement célèbre Grand Prix des États-Unis en 2005.
Lors du Grand Prix des États-Unis 2005, après des défaillances en essais, les pilotes équipés de pneus Michelin se sont retirés de la course après le tour de formation, laissant les six voitures armées de Bridgestone – deux Ferrari, deux Jordan et deux Minardi – se débrouiller seules.
Manufacturier unique oblige, cette fois-ci le problème découvert par Pirelli tard dans la soirée de samedi affecte l'ensemble du plateau, et la FIA a rapidement réagi en mettant en place un plan d'urgence avant le shootout et le sprint.
Il n'y a eu aucun souci visible, et rien n'a été signalé par les équipes après les EL1 et les qualifications. Le problème est en fait apparu après que Pirelli a procédé vendredi soir à son analyse de routine des pneus utilisés, en l'occurrence ceux remis par les écuries après les EL1 et dont elles n'avaient plus besoin.
Le processus habituel consiste à découper des échantillons de pneus pour les examiner plus en détail. En général, rien d'anormal n'est découvert, mais cette fois-ci, tard dans la soirée, Pirelli a constaté des problèmes sur plusieurs pneus ayant parcouru 20 tours ou plus.
La FIA a été immédiatement alertée et son responsable monoplace, Nikolas Tombazis, a pu voir les pneus endommagés ; un plan a été établi sur la manière de répondre à la situation.
Le communiqué publié ce samedi par l'instance dirigeante indique qu'"une séparation dans le flanc entre le composé et la corde de la carcasse a été découverte sur un grand nombre de pneus qui ont été contrôlés".
"La FIA et Pirelli estiment qu'un nombre significatif de tours supplémentaires avec ces pneus pourrait entraîner des dommages circonférentiels, avec une perte de pression. Les pneus analysés avec un nombre de tours inférieurs ont montré une étendue plus réduite du problème."
Lando Norris, McLaren MCL60
Il ne s'agit pas d'une surprise totale : il y avait eu des problèmes de pneus à Losail en 2021, et les vibreurs modifiés, en particulier dans les virages 12 et 13, ont suscité de nombreux commentaires de la part des équipes et des pilotes avant même que les voitures ne roulent vendredi.
Comme le confirme le communiqué de la FIA, "ce problème a probablement été causé par la haute fréquence entre le flanc du pneu et les vibreurs 'pyramidaux' de 50 mm largement utilisées sur cette piste, aggravé par la propension à monter sur ces vibreurs".
Les dommages ont été constatés principalement sur les pneus avant, mais aussi sur les pneus arrière, et principalement à gauche, même si le côté droit n'a pas été épargné. Curieusement, les dégâts ont été constatés à la fois sur les flancs intérieurs et extérieurs.
En substance, les flancs extérieurs sont frappés lorsque les voitures roulent "contre" la bordure extérieure abrupte des vibreurs sur une distance conséquente, puis les flancs intérieurs sont touchés lorsque les voitures franchissent la bordure de 50 mm et roulent le long du vibreur au-delà du bord. En fait, ce sont les chocs violents et constants sur les flancs, sur un certain nombre de tours, qui sont à l'origine du problème.
La réponse immédiate de la FIA consiste en un ajustement des limites de piste aux virages 12 et 13, où l'on pense que la plupart des dégâts sont causés, afin que les voitures ne sortent pas aussi larges qu'elles l'ont fait jusqu'à présent. C'est la raison pour laquelle une séance d'essais de "familiarisation" de 10 minutes a été ajoutée au programme avant le shootout, afin de permettre aux pilotes de s'adapter à ce changement.
En outre, le plan provisoire – à confirmer après le sprint d'aujourd'hui – prévoit que chaque pilote devra effectuer au moins trois arrêts lors de la course principale de dimanche, les pneus neufs n'étant pas autorisés à parcourir plus de 20 tours, et les pneus utilisés lors des qualifications 22.
Le sprint d'aujourd'hui compte 19 tours, et l'on espère évidemment chez les responsables que cette courte distance permettra aux pilotes d'effectuer l'intégralité du sprint sans problème. Il s'agit également d'un test décisif pour Pirelli, qui pourra alors examiner tous les trains de pneus utilisés pendant la course et décider avec la FIA de l'incidence sur la course principale de dimanche.
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