Vendre des châssis aux petites équipes : la solution face à la crise ?

Pour Christian Horner, la Formule 1 fera tout pour sauver les écuries et doit réfléchir à la possibilité de mettre en place des voitures clientes lors des "deux prochaines années".

Vendre des châssis aux petites équipes : la solution face à la crise ?

La pandémie de COVID-19 a déjà entraîné le report ou l'annulation de neuf des 22 Grands Prix prévus au calendrier 2020 de la Formule 1. La situation, suspendue sur le plan sportif et qui s'aggrave sur le plan économique, risque de modifier en profondeur le paysage de la discipline dans un avenir plus ou moins proche. 

Des mesures ont d'ores et déjà été prises pour tenter de circonscrire les conséquences de la mise au ralenti des économies et de la suspension des activités. Ainsi, la réglementation technique initialement prévue pour l'an prochain a été repoussée en 2022 et les châssis 2020 maintenus pour 2021, afin de limiter les dépenses, alors que le plafond budgétaire entrera bien en vigueur l'année prochaine et a été abaissé pour faire face à cette nouvelle réalité. Mais cela pourrait ne pas suffire au vu du manque à gagner des structures qui multiplient par ailleurs les mesures de préservation de l'emploi, comme la mise au chômage partiel ou encore les réductions de salaire.

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Et cela pourrait être encore bien plus grave si jamais la saison 2020 ne pouvait avoir lieu. "Ça serait un énorme coup dur et, à ce stade, le promoteur doit prendre des décisions", a déclaré Christian Horner, directeur de Red Bull, dans les colonnes du Guardian. "C'est leur business, ils doivent décider comment ils vont maintenir les équipes en vie parce qu'ils ont besoin d'écuries qui courent. Les gars de Liberty vont faire tout ce qu'ils peuvent pour s'assurer d'avoir dix écuries sur la grille et qui courront l'année prochaine. Afin de protéger leur propre business, je crois qu'ils peuvent aider à faciliter, ce qui voudrait dire en payant, le fait que ces équipes soient là l'année prochaine."

Malgré l'apparente solidarité des structures en ces temps de crise en matière de prise de décisions, Horner estime malgré tout que le débat sur le plafond budgétaire, qui pourrait encore être abaissé, est utilisé par certaines structures pour avancer leur propre agenda : "Les équipes sont des bêtes de compétition, bien sûr qu'elles cherchent un angle d'attaque. Le plafond est une discussion qui concerne la compétitivité, pas l'argent. Il s'agit d'essayer de ramener les écuries de pointe à un niveau auquel les structures du milieu de peloton estiment pouvoir lutter. La réalité est que quel que soit le niveau de dépenses, il y aura toujours des équipes qui seront devant et des équipes qui seront derrière."

Le retour des "voitures clientes" ?

Pour Horner, une solution logique pour tenter d'endiguer les problèmes liés à la crise serait le retour à la possibilité pour les petites structures d'acheter et utiliser en Grand Prix des châssis clients, à savoir des voitures conçues et fabriquées par d'autres constructeurs. Cette solution a longtemps eu cours en Formule 1 et ce jusque dans les années 2000, et le MotoGP utilise aujourd'hui un système similaire où les équipes officielles fournissent des motos à des teams satellites.

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"Si nous étions vraiment sérieux concernant la réduction des coûts, surtout pour les petites écuries, je serais totalement en faveur de la fourniture pour les deux prochaines années de voitures clientes complètes", a ajouté Horner. "Les plus petites équipes n'auraient besoin de procéder à aucune R&D [recherche et développement]. Elles courraient juste en tant qu'équipes de course et elles réduiraient énormément leurs coûts. Avec la technologie moderne de photographie 3D que toutes les écuries utilisent, elles essaient de toute façon déjà de se copier les unes les autres."

"Les temps changent, les choses évoluent. La F1 avait des voitures clientes il y a des années. Vous pouviez acheter une voiture à March ou à Ferrari et courir. Nous devons sortir des sentiers battus au lieu de tourner en rond, en nous battant sur des chiffres. S'il s'agit uniquement de sauver les petites équipes et d'améliorer leur compétitivité, il serait très difficile d'aller contre la logique d'une petite écurie pouvant utiliser une voiture cliente."

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