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Analyse

Un calendrier de 23 Grands Prix en péril

Après l’annonce de l’annulation du Grand Prix de Singapour à cause des restrictions sanitaires en vigueur, la Formule 1 cherche des alternatives pour conserver un calendrier de 23 courses. Mais ce projet audacieux est-il voué à l’échec ?

Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W10, devant Sebastian Vettel, Ferrari SF90, Max Verstappen, Red Bull Racing RB15, Valtteri Bottas, Mercedes AMG W10, Alexander Albon, Red Bull Racing RB15, Carlos Sainz Jr., McLaren MCL34, et le reste du peloton au départ

La plupart des spécialistes pensent que Singapour ne sera que la première des nombreuses courses qui seront supprimées du calendrier dans les semaines à venir. Le patron de la F1, Stefano Domenicali, et son équipe s'efforcent de jongler avec les courses, tout en tenant compte des mesures prises par les différents gouvernements pour lutter contre la pandémie de Covid-19. L'année dernière, face au défi sans précédent créé par une crise sanitaire inédite, la F1 a réussi à organiser une saison de 17 courses. L'ancien patron de la F1, Chase Carey, a toujours affirmé qu'un calendrier "normal" serait de retour en 2021. Avant de céder les rênes à Domenicali, il a proposé un programme record de 23 courses.

Grâce aux programmes de vaccination dans le monde entier, il était attendu que l'impact du COVID-19 diminuerait au fil de l'année. L'accent a davantage été mis sur le taux de remplissage des courses, un facteur crucial pour déterminer le montant que les promoteurs seraient prêts à payer pour accueillir la F1. Le Grand Prix d'Azerbaïdjan du week-end dernier fut la sixième manche organisée cette année, et les événements à venir en Europe semblent être relativement sûrs (en témoigne le Grand Prix de France, qui accueillera 15 000 spectateurs par jour).

Cependant, les enchaînements de Grands Prix prévus après la Russie, en septembre, semblent encore plus en danger aujourd'hui qu'en janvier, et la crainte est qu'après l'annulation de Singapour, d'autres épreuves commencent à tomber comme des dominos. Personne ne s'attend à ce que le calendrier final ressemble à celui sur lequel nous travaillons actuellement, et les chances d'arriver à 23 manches semblent minces.

L'année dernière, le premier objectif était de huit Grands Prix, soit le nombre requis pour un Championnat du monde officiel. Le deuxième palier était de 15, ce qui a déclenché le paiement d'une saison complète dans de nombreux contrats de diffusion. Ross Brawn a déclaré aux équipes la semaine dernière que l'objectif minimum de cette année était de 20 courses, essentiellement parce que certains de ces accords de diffusion ont été renégociés. Sans surprise, les chaînes qui ont payé pour 22 courses en 2020 et qui n'en ont finalement eu que 17 à diffuser souhaitaient un arrangement plus favorable, elles qui communiquent autour des abonnements et donnent du temps de publicité aux annonceurs lors des courses.

 

Cependant, il ne faut pas trop s'attacher à ce chiffre magique de la télévision, car une 20e course qui ne rapporte rien ne sera pas ajoutée juste pour atteindre cet objectif si cela n'a pas de sens financièrement. Ce qui comptera, ce sont les revenus globaux de la F1. En d'autres termes, si le fait de s'en tenir à 19 courses signifie qu'un pourcentage des revenus est perdu pour certains diffuseurs : qu'il en soit ainsi. La F1 n'organisera pas une 20e course pour le simple plaisir de le faire.

La saison dernière, le calendrier original a été abandonné lors du confinement du printemps, et un nouveau programme a été établi au fur et à mesure que les sites devenaient accessibles. Les courses ont été annoncées (ou dans certains cas confirmées à leur date initiale) par groupes de deux ou trois, parfois quelques semaines à l'avance, jusqu'à ce que nous arrivions à 17.

Cette année, la F1 a commencé avec un calendrier complet de 23 courses comme objectif théorique. Mais avant même le début de la saison, l'Australie a été déplacée de mars à novembre, tandis que la Chine a été placée en position de réserviste et remplacée par Imola. Plus tard, le Canada a été annulé et remplacé par la Turquie, qui a ensuite dû être annulée elle-même en raison des exigences de quarantaine des listes rouges en vigueur au Royaume-Uni et en France. Pour obtenir un événement supplémentaire avec un minimum de déplacements et de dépenses, une deuxième course sur le Red Bull Ring a été ajoutée, la France étant avancée d’une semaine. Singapour, une course urbaine avec de longs délais de préparation, est devenue la première des courses de fin de saison à quitter le calendrier vendredi dernier, ce qui laisse une place en octobre entre la Russie et le Japon.

Le lendemain, à Bakou, Stefano Domenicali a tenu sa réunion habituelle avec les patrons d'équipe, et le calendrier a été l'un des principaux sujets abordés. Tout ce qu'il a pu dire, c'est que la F1 travaille sur une alternative pour Singapour, et qu’aucune décision ferme n’a été prise pour les autres courses. Mais Domenicali et ses collègues sont confrontés à une tâche quasi impossible. Ils sont à la merci des décisions gouvernementales, non seulement sur les lieux des courses, mais aussi dans les pays d'origine des équipes et des autres personnes travaillant en F1. Il ne s'agit pas seulement de se rendre sur place, mais aussi de rentrer chez soi.

Ces décisions, en constante évolution, sont impossibles à prévoir. Les règles de quarantaine des listes rouges du Royaume-Uni et de la France ont entraîné l'annulation de la Turquie quelques jours seulement après son inscription au calendrier, et les mêmes restrictions signifient qu'il est difficile pour la F1 de la placer ailleurs sans prendre de risque, bien que la date de Singapour soit l'une des seules disponibilités.

Dans de nombreux cas, les gouvernements nationaux ou locaux sont directement responsables des courses. Cela peut fonctionner dans les deux sens : ils peuvent être déterminés à faire en sorte que leur course ait lieu et réduire la paperasse pour s'assurer que le cirque de la F1 puisse venir et repartir. Ils peuvent aussi adopter la position inverse, comme l'a fait Singapour, et éliminer tout risque lié à l'arrivée de quelque 1400 personnes de l'étranger pour un événement aussi peu essentiel qu'un Grand Prix de F1.

 

Le calendrier doit également être rentable pour la F1. L'année dernière, les promoteurs ont bénéficié d'accords sans précédent afin de maintenir le nombre de courses à un niveau élevé. Mais ces contrats ne sont plus disponibles, ce qui explique pourquoi des circuits comme le Mugello et le Nürburgring ne sont pas mentionnés. Les contrats de course en vigueur sont susceptibles d'être renégociés si les événements sont fermés aux fans ou ne sont ouverts qu'à un nombre limité de personnes, étant donné que les billets sont la seule source de revenus des promoteurs.

Comme l'année dernière, la question se pose de savoir qui cèdera en premier. Les courses sont-elles officiellement annulées par leurs promoteurs ou par la F1 ? Cela fait une grande différence en termes de ramifications juridiques et commerciales, c'est pourquoi les annonces officielles sont parfois faites longtemps après qu'il paraisse évident qu'une course ne peut avoir lieu.

Les implications logistiques sont également énormes. La F1 a besoin de sept Boeing 747 pour transporter les voitures et les équipements à travers le monde, et les réserver n'est pas l'affaire d'un instant, d'autant que les prix ont augmenté l'année dernière. Pirelli envoie ses pneus par voie maritime des semaines à l'avance pour de nombreuses courses à travers le monde, et les équipes transportent également le matériel des stands et des garages par bateau. Un véritable ballet qui demande des semaines de planification.

Pour le moment, la campagne européenne jusqu'à la 14e manche, à Monza, semble relativement sûre. Mais après ce Grand Prix, tout peut arriver. Voici comment se présente cette dernière série de courses.

Russian Federation Russie

Organisé avec des spectateurs en 2020, le Grand Prix de Russie est considéré comme étant sûr, avec des autorités désireuses de réaliser l'événement et l’absence d'obstacles évidents sur le chemin. Toutefois, l'année dernière, les équipes ont été préoccupées par le fait qu'elles séjournaient dans des hôtels remplis de touristes nationaux (Sotchi est une station balnéaire) qui ne portaient pas de masques ou ne respectaient pas la distanciation physique. Quelques cas de contamination ont d’ailleurs été relevés durant le week-end.

Japan Japon

Pour sa dernière année en tant que fournisseur d'usine et avec la popularité grandissante de Yuki Tsunoda, le propriétaire de Suzuka, Honda, est déterminé à organiser la course. Tout dépendra finalement des Jeux Olympiques de Tokyo. S'ils se déroulent avec succès, avec l'arrivée de quelque 90 000 personnes dans le pays, la F1 aura de bien meilleurs arguments. Cependant, l'entrée est actuellement sévèrement limitée et une quarantaine de 14 jours est requise, même pour les locaux.

 

United States États-Unis

Austin a été durement frappée par le COVID-19 mais pour l'instant, le Grand Prix des États-Unis est considéré comme sûr. Des discussions sont même en cours pour l'organisation d'un deuxième événement, si l'une des courses qui devait le suivre était annulée.

Mexico Mexique

Avec Sergio Pérez au volant d’une monoplace capable de s’imposer, sur une piste qui réussit bien à Red Bull, les promoteurs ont la pression du peuple mexicain pour organiser le Grand Prix. Des sources internes restent positives quant à ses perspectives, malgré la situation du pays en matière de Covid.

Brazil Brésil

Interlagos a failli disparaître du calendrier, mais un nouveau promoteur lui a donné une seconde chance. Cependant, le rendez-vous brésilien est considéré comme très vulnérable, et sans pilote local sur la grille, l’élan est bien inférieur à celui observable au Mexique. Le Brésil figure également sur la liste rouge du Royaume-Uni.

Australia Australie

L'Australie a été reportée en raison des mesures strictes en matière de quarantaine, et rien n'a changé depuis mars. Au contraire, le pays se méfie encore plus du virus après les récentes épidémies locales. En tant que circuit temporaire, l'Albert Park a besoin d'un long délai de préparation, et une décision doit donc être prise avant le mois d'août. Comme à Singapour, les autorités devraient adopter une approche conservatrice.

Saudi Arabia Arabie saoudite

Le nouveau rendez-vous saoudien bénéficie d'un élan considérable et d'une forte impulsion financière. Pour l'instant, il n'y a pas d'obstacles spécifiques à surmonter. Le gouvernement a indiqué que les vaccins seront obligatoires pour les spectateurs et le personnel des écuries, ce qui pourrait devenir une exigence ailleurs.

United Arab Emirates Abu Dhabi

L'année dernière, Abu Dhabi a organisé avec succès la course de clôture de la saison dans un contexte de restrictions strictes : le circuit était fermé au reste du pays, le personnel local et les commissaires s'isolaient à l'avance et l'ensemble du paddock séjournait dans des hôtels de l'île de Yas. Cependant, les Émirats arabes unis figurent actuellement sur la liste rouge du Royaume-Uni, ce qui signifierait que toute personne retournant dans le pays devrait s'isoler dans des hôtels du gouvernement pendant 10 jours, potentiellement jusqu'aux 23 et 24 décembre. L'obligation de quarantaine s'applique également à Bahreïn, un choix évident pour une course supplémentaire de fin de saison.

 

Il est donc difficile pour les équipes de planifier non seulement les déplacements de leur personnel et la logistique du fret, mais aussi l'ensemble de leur saison. Elles ne savent pas pour quels circuits elles doivent se préparer, ni combien de courses leurs unités de puissance devront finalement disputer. Cependant, les écuries ont appris l'année dernière à s’adapter et à faire face aux changements à court terme. Elles font confiance à Domenicali pour faire le travail et, surtout, pour que l'argent continue d'arriver.

"C'est très difficile parce que ça évolue constamment", a déclaré le patron de Mercedes, Toto Wolff, à Motorsport.com. "Stefano et son équipe font un travail vraiment remarquable. Il est ambitieux, et en même temps très cool par rapport à la situation. Je ne pourrais souhaiter à personne d'autre de diriger cette équipe. Nous devons nous occuper de notre personnel et de nous-mêmes, mais Stefano doit conclure ces accords et s'occuper de nous tous. Si Stefano décide où nous allons, alors nous y allons."

"Je pense sans aucun doute que c'est un travail très difficile", a affirmé Mattia Binotto, directeur d’équipe de Ferrari. "Je suis convaincu qu'il est difficile de conserver les 23 courses du calendrier. Mais dans l'ensemble, je crois que la F1 a fait un très bon travail jusqu'à présent. Et de notre côté, nous les soutenons autant que nous le pouvons, nous nous assurons que nous pouvons atteindre leurs objectifs, car ce sont aussi les nôtres. La F1 connaît très bien la logistique, les difficultés que nous avons derrière nous, et jusqu'à présent je pense que, quelle que soit la décision prise, elle était bonne. Donc honnêtement, je trouve que c'est plus important pour nous d'être solidaires, plutôt que de voir éventuellement des difficultés dans les choix."

 

Chez McLaren, Andreas Seidl a ajouté que "le nombre de courses que nous faisons montre qu'ils font un excellent travail. C'est évidemment assez délicat, parce que tout d'abord, Stefano et la F1 doivent tenir compte de ce qui se passe dans les différents pays, avec les promoteurs, avec les gouvernements, afin de s'assurer qu'ils peuvent organiser une course dans différents pays. Mais en même temps, il faut aussi toujours considérer quelles sont les conséquences de se rendre dans un certain pays, ou selon le voyage que l'on veut faire ensuite, car cela affecterait notre semaine suivante. Tout cela peut évidemment se produire ou changer d'un jour à l'autre dans le monde entier en ce moment, c'est donc un énorme défi. Mais la bonne chose est que nous avons un dialogue très ouvert et transparent là-bas avec la F1, et Stefano nous tient toujours au courant, ce qui est bien. Je pense que nous sommes toujours en mesure, ou du moins nous l'avons été jusqu'à présent, d'avoir suffisamment de temps pour réagir et nous adapter."

 

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