Loïc Duval "très humble" avant sa première course de DTM avec Audi

partages
commentaires
Loïc Duval
Par : Emmanuel Rolland
6 mai 2017 à 07:30

Après cinq années de LMP1 avec Audi, Loïc Duval s'apprête, à 32 ans, à aborder une nouvelle étape dans sa carrière en disputant ce week-end sa première course de DTM sous les couleurs du constructeur d'Ingolstadt.

Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Dieter Gass, Head of DTM Audi Sport, Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM, René Rast, Audi Sport Team Rosberg, Audi RS 5 DTM, Mike Rockenfeller, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM, Jamie Green, Audi Sport Team Rosberg, Audi RS 5 DTM, Nico Müller, Audi Sport Team Abt Sportsline, Audi RS 5 DTM, Mattias Ekström, Audi Sport Team Abt Sportsline, Audi A5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM
Loic Duval, Audi Sport Team Phoenix, Audi RS 5 DTM

E.R., Hockenheim - Le grand jour est arrivé pour Loïc Duval, à quelques heures de sa première course de DTM sur l'Audi RS 5. Motorsport.com a rencontré le pilote français – Champion du monde WEC et vainqueur des 24 Heures du Mans 2013 –, sur le circuit de Hockenheim, théâtre de l'ouverture de la saison 2017 du très relevé Championnat de supertourisme allemand.

Vous abordez ce week-end votre premier meeting dans la peau d'un pilote de DTM, après de nombreuses années dans celle d'un pilote d'endurance. Quel est votre état d'esprit ?

Je suis très humble. Je vois le potentiel des pilotes, tout le monde peut gagner le championnat, il n'y a que des bons pilotes. On a pu voir ces dernières années qu'il s'agit d'un championnat très dur, et même un pilote très performant peut avoir des saisons noires. Il y a aussi ce que me disent les autres, qui m'ont expliqué à quel point il est compliqué de mettre tout dans l'ordre tous les week-ends, d'être bien sur la saison complète. Je m'attends à quelque chose de difficile, et c'est clairement différent de ce que j'ai pu connaître.

J'ai roulé en Super GT au Japon, avec des voitures assez comparables. Mais nous avions là-bas une certaine guerre des pneus avec beaucoup de manufacturiers présents, beaucoup de développement, ce qui change beaucoup de choses. Et c'était un championnat où nous étions deux pilotes sur la même voiture, et c'était beaucoup plus simple d'avoir une référence.

J'arrive dans quelque chose de nouveau, avec des voitures de tourisme fabuleuse, c'est un très beau championnat, mais avec ses difficultés que j'espère traverser et être compétitif le plus rapidement possible car je ne suis pas ici pour faire le nombre. J'ai envie d'avoir de bons résultats, mais je sais que ça peut être compliqué.

Avec tous ces éléments nouveaux introduits cette saison en DTM, que ce soit au niveau technique que sportif, est-ce la bonne année pour arriver dans la série, ou cela représente-t-il une difficulté particulière pour un pilote débutant, sans expérience de la discipline ?

Je pense que c'est un avantage car les autres doivent aussi se familiariser à ces choses. Maintenant, le plus difficile demeure la même chose que les années précédentes : il est vrai qu'avoir des nouveaux pneumatiques, qui plus est avec l'interdiction d'utiliser les couvertures chauffantes, ça va compliquer la donne, même si au final le pneu va assez vite monter en température.

Quelques changements, des différences, qui font que c'est probablement la bonne période pour un pilote d'arriver en DTM.

Avec l'arrivée des gommes tendres en DTM cette saison, la gestion des pneus sera un facteur crucial. Votre expérience en endurance peut-elle constituer un avantage à ce sujet ?

Cela peut clairement m'aider sur la performance durant un relais en course. Sachant que le plus important demeure les qualifications qui détermine la position de départ, car même si on arrive à tirer son épingle du jeu, les voitures sont très proches au niveau performance. Les dépassements se font, notamment grâce au DRS, mais le plus important reste encore de partir devant, c'est quand même plus simple de contrôler et d'avoir une bonne vision des choses. Alors que, étant derrière, on est dans l'obligation d'attaquer et de faire plus mal aux pneumatiques, et rentrer dans une spirale négative.

Mais il est certain que l'endurance devrait m'aider à avoir cette constance et ce feeling avec la voiture, essayer de trouver cette limite et avoir cette constance durant un relais complet.

Comment avez-vous vécu la préparation à cette saison, notamment les séances de tests ?

Il n'y en a pas eu beaucoup pour moi au final. J'ai eu deux jours complets de tests, ce qui est peu. J'ai eu une demi-journée à Portimao au Portugal, qui était constructive. Puis j'ai roulé une journée et demie lors des tests officiels ici à Hockenheim. Je n'ai pas roulé la première demi-journée car nous avons rencontré un souci sur la voiture, et nous avons mis du temps à déceler le problème. Au final je n'ai eu qu'une journée ici avec en plus la voiture de test, qui n'était pas ma voiture de course, et sur laquelle il manquait quelques pièces comme certaines parties aérodynamiques, ce qui qui change le comportement de la voiture. J'attends donc de voir ce soir ce que ça donne avec ma voiture de course ici à Hockenheim lors des premiers essais libres [interview réalisée vendredi après-midi, Loïc Duval a signé le 15e temps, à un peu plus d'une seconde du meilleur chrono, ndlr].

C'est donc clairement un saut dans l'inconnu ?

C'est complètement un saut dans l'inconnu car, au-delà de mon feeling derrière le volant, il y a aussi toute la gestion du week-end de course ici. Il y a peu de séances d'essais, deux courses par week-end, beaucoup de meetings, beaucoup de choses à assimiler. Trouver ses repères là-dedans, ce n'est pas simple. Et, de plus, j'ai un ingénieur qui est très compétent mais qui ne connaît pas le DTM, c'est également sa première année dans le championnat. C'est donc un package complet à former, cela peut très bien se passer si on trouve rapidement nos repères, ou être très compliqué et cela peut prendre un peu plus de temps.

Je suis très ouvert à ça, je sais ce qu'il peut se passer, le côté positif comme le côté négatif. Et si je connais une période difficile, j'espère qu'elle sera la plus courte possible.

L'arrêt du programme Audi en LMP1 demeure-t-il un regret, ou est-ce quelque chose qui est définitivement derrière vous aujourd'hui ?

Des regrets, oui, il y en a, car c'est une série que j'aime beaucoup, Le Mans est une course que j'aime beaucoup. C'est un championnat du monde, on l'oublie souvent, mais être champion du monde dans son domaine en tant que sportif c'est tout de même plaisant.

Il y a plein de choses qui font que c'est dur de passer à autre chose, mais d'un autre côté je suis super heureux de continuer avec Audi. Ils m'ont mis le pied à l'étrier pour gagner Le Mans, être Champion du monde avec eux, on a une belle histoire ensemble. Je suis aujourd'hui dans un championnat qui est hyper excitant, beaucoup de monde vient voir les courses, c'est un beau spectacle, les performances sont très serrées, ce sont des belles voitures. C'est intéressant pour moi de découvrir quelque chose de nouveau aujourd'hui.

Y a-t-il eu une opportunité de disputer les 24 Heures du Mans cette année pour vous ?

Oui, j'avais plusieurs opportunités, dont l'une qui était assez intéressante et excitante mais, malheureusement, il y avait un clash de date avec une course de DTM [au Hungaroring, ndlr].

Vous allez affronter en DTM les courses sprint, les contacts en piste, est-ce une autre façon d'aborder les courses, une autre mentalité au volant ?

C'est une autre mentalité que ce que j'ai connu en endurance, qui était peut-être plus naturelle pour moi. Là c'est une chose sur laquelle je dois travailler, mais que j'ai connu par le passé. Mais les choses reviennent assez rapidement.

Ce qui est moins dans ma nature c'est l'aspect individuel des courses. J'avais plus l'habitude d'essayer de faire quelque chose en groupe, j'ai toujours aimé les sports collectifs. Même si c'est parfois compliqué car on n'est pas toujours responsable d'un mauvais résultat, cela fait partie du jeu. En revanche quand quelque chose se passe bien, j'ai toujours trouvé qu'il y avait toujours une certaine émulation quand on est plusieurs, un feeling particulier, et j'aime partager ça. Mais d'un autre côté, avant toute chose, je suis pilote automobile et ce que je veux avant tout, c'est gagner des courses. Et le faire pour moi-même, je pense pouvoir m'y faire…

Article suivant
EL1 - Les Mercedes démarrent du bon pied

Article précédent

EL1 - Les Mercedes démarrent du bon pied

Article suivant

EL2 - Lucas Auer en pointe, les Mercedes encore dominatrices

EL2 - Lucas Auer en pointe, les Mercedes encore dominatrices
Charger les commentaires

À propos de cet article

Séries DTM
Événement Hockenheim
Lieu Hockenheimring
Pilotes Loïc Duval
Auteur Emmanuel Rolland
Type d'article Interview