Toto Wolff : La méthode Ben Sulayem a "ses avantages"
Toto Wolff estime que la fermeté de Mohammed Ben Sulayem à la présidence de la FIA a permis de dénouer certains sujets.
Photo de : Sam Bloxham / Motorsport Images via Getty Images
Critiqué par de nombreux observateurs pour la manière dont il gère la FIA, Mohammed Ben Sulayem compte de nombreux détracteurs dans le monde du sport automobile, et plus précisément dans le cercle fermé de la Formule 1.
Un temps opposé au président de l'instance fédérale sur certains sujets, Toto Wolff a récemment admis que la fermeté de ce dernier a eu des aspects positifs : "On ne peut nier qu'il règne d'une main de fer", a ainsi déclaré l'Autrichien. "Il ne se laisse pas dicter sa conduite. Cela peut avoir ses avantages."
Mohammed Ben Sulayem a, entre autres, connu une opposition forte de la part des acteurs du championnat du monde en instaurant des sanctions pour propos inappropriés des pilotes. Des propos qui avaient valu l'an passé des amendes notamment à Charles Leclerc et Max Verstappen, ce dernier ayant un temps refusé, suite à cela, de répondre en longueur aux questions lors des conférences de presse FIA.
Par la suite, ces sanctions ont été atténuées et recadrées par l'annexe B du Code Sportif International publié en avril, qui a vu les amendes en cas de propos jugés inappropriés passer de 10 000 à 5 000 €.
De son côté, Toto Wolff s'est rapidement déclaré favorable à ce genre de sanctions, estimant que les protagonistes du championnat du monde de Formule 1 doivent faire figure de modèles envers les jeunes pilotes, validant en cela la posture de Ben Sulayem.
"Je pense que sa position sur les jurons est juste", a ainsi déclaré Wolff. "Beaucoup de pilotes qui hurlent à la radio ne parlent pas anglais comme langue maternelle. Si un pilote français ou italien dit 'go fuck yourself' à la radio et trouve cela normal, c'est probablement parce qu'il l'entend depuis ses années de karting. Mais si vous le traduisez littéralement dans sa langue maternelle [ce qui peut donner 'va te faire foutre/enculer' dans la langue de Molière, ndlr] cela peut vraiment le choquer."
"Je pense que les enfants doivent apprendre à ne pas insulter les autres à la radio. Cet ingénieur [qui s'adresse au pilote à la radio] a une famille à la maison qui est très fière que son père ou son mari travaille avec un pilote de Formule 1. Si le pilote s'en prend à lui comme ça, ce n'est pas bon – et malheureusement, cela arrive déjà dans les catégories junior."
Toto Wolff (Mercedes)
Photo de: Sam Bloxham / Motorsport Images
Toto Wolff a évoqué son cas personnel, alors que son fils Jack court en karting, où les jeunes pilotes sont inévitablement influencés par les comportements de leurs idoles de la F1. "Les enfants de huit, neuf ou dix ans parlent comme des pros. Ils sont évidemment leurs modèles, et je trouve que c'est une bonne chose que le président adopte une position ferme sur ce sujet."
"On peut débattre de la limite entre les jurons et les insultes", continue-t-il. "En course, nous sommes aussi sur un terrain fertile pour les pilotes. Ils roulent à 300 km/h, roue contre roue, physiquement et mentalement à la limite, et on leur dit alors d'être polis. Mais là n'est pas la question. C'est normal qu'ils se lâchent. Ce qui est inacceptable, c'est quand ça tourne à la violence. C'est là qu'il faut fixer une limite."
Wolff estime finalement que Ben Sulayem avait raison sur Cadillac
Le point sur lequel Wolff s'était en revanche montré le plus en désaccord avec le président de la FIA, c'est l'introduction d'une 11e équipe en 2026. Le directeur de l'écurie Mercedes fut l'un des dirigeants les plus hostiles à cette nouvelle addition, lorsque le projet était alors soutenu par Michael Andretti et son équipe.
Mais la position de Toto Wolff, et des autres équipes du plateau, s'est adoucie lorsque cet engagement a été porté par le constructeur Cadillac, ce qui a permis à la structure américaine de devenir une nouvelle structure du plateau en 2026, à l'occasion de l'introduction de la nouvelle réglementation.
"Il avait probablement vu juste avec la 11e équipe", concède Wolff au sujet de Ben Sulayem. Puis l'Autrichien d'insister sur le fait que l'arrivée de la nouvelle équipe Cadillac, motorisée par Ferrari, en 2026 "est bénéfique pour le sport. Il en est donc ressorti quelque chose de positif".
Mohammed Ben Sulayem briguera un nouveau mandat à la tête de la FIA à la fin de cette année, avec comme opposant déclaré l'ancien commissaire Tim Mayer.
Avec Haydn Cobb et Christian Nimmervoll
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