À quoi ressemblera un GP de F1 pendant le coronavirus ?

Absence de public, protocole sanitaire draconien, travail sur place, grille de départ, podium : les repères habituels de la F1 seront bousculés pour l'ouverture de la saison 2020.

À quoi ressemblera un GP de F1 pendant le coronavirus ?

La saison 2020 de Formule 1 va débuter le week-end prochain en Autriche, après plus de trois mois d'attente consécutifs à la crise du coronavirus. Cependant, si la compétition reprend enfin ses droits, la pandémie de COVID-19 sévit toujours dans le monde. C'est donc dans un contexte particulier et avec de nouvelles normes que se dérouleront les Grands Prix. À quoi faut-il s'attendre ? Voici ce qui va changer pour les pilotes, les équipes et les fans.

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Des Grands Prix à huis clos

C'est grâce à cette décision que la F1 peut ouvrir son championnat, avec une absence totale du public qui devrait durer au moins le temps des huit premiers Grands Prix européens. Les fans ne seront pas admis dans l'enceinte des circuits, pas plus que les invités ou les sponsors. Même les équipes font face à des restrictions quant au nombre de personnes pouvant se rendre dans le paddock. La limite est fixée à 80 par écurie. En ce qui concerne les médias, ils seront réduits à la portion congrue pour rendre compte de ce qui se déroulera sur place. Les interviews se dérouleront en appliquant la distanciation physique.

Concernant les infrastructures, la simplicité et l'efficacité seront de mise : les équipes n'installeront pas leurs motorhomes, ce qui permet de réduire le personnel nécessaire. À la place, les bâtiments déjà présents sur les tracés seront utilisés, tout comme des grandes tentes montées à l'arrière des garages afin de gagner en espace de travail. Le port du masque sur place sera généralisé.

Des tribunes vides

Des bulles par équipe

Avant chaque Grand Prix, toutes les personnes amenées à se rendre dans le paddock devront suivre des instructions très claires, énoncées dans le Code de conduite de la FIA qu'elles auront signé. Les membres d'écurie qui travaillent dans le paddock et la voie des stands devront justifier d'un test COVID-19 négatif avant d'être autorisés à voyager. Ce test sera renouvelé tous les cinq jours. À ceci s'ajoute l'utilisation d'une application de traçage spécialement conçue pour des environnements confinés comme un circuit. Elle permettra aux organisateurs de gérer au mieux la situation si un cas avéré de COVID-19 se déclarait.

Les membres de chaque équipe ne seront pas autorisés à se mélanger avec les autres, devant respecter leur propre "bulle sociale". Ils ne devront entrer en contact qu'avec des personnes dont le travail est essentiel pour eux. "Le nombre d'interactions entre les groupes devraient être minimisé pour réduire la transmission du virus d'un groupe à un autre", précise la FIA. "Là où les interactions entre les groupes ne peuvent être évitées, sans compromettre la sécurité, la gouvernance sportive ou la possibilité pour un concurrent de participer à une épreuve, la distanciation sociale devrait être respectée ou de l'équipement de protection personnel (PPE) devrait être utilisé pour limiter la transmission du virus."

Valtteri Bottas, Mercedes AMG F1 Team

Des plages horaires allongées

En raison de la distanciation physique imposée mais aussi du port de l'équipement de protection personnel, certaines procédures au sein des équipes prendront plus de temps que prévu. Par exemple, changer l'unité de puissance d'une monoplace pourrait durer deux fois plus longtemps qu'auparavant. Face à cette nouvelle réalité, les plages horaires durant lesquelles les mécaniciens pourront intervenir dans les garages ont été étendues avec une heure de plus le jeudi et le vendredi soir. Le couvre-feu réglementaire durera désormais huit heures au lieu de neuf.

"Il s'agit essentiellement de respecter la distance entre les ingénieurs quand ils travaillent sur la voiture, et le type de protection qu'ils doivent porter", explique Andy Green, directeur technique de Racing Point. "Cela change en effet le temps nécessaire pour travailler sur la voiture. Certaines choses prennent désormais beaucoup plus de temps, et nous allons devoir gérer ça. […] Seuls certains membres de l'équipe travaillent sur la voiture en même temps, et ça limite vraiment la rapidité avec laquelle on peut changer une unité de puissance. En fonction du moment, ce sera très difficile."

Charles Leclerc, Ferrari

Des choix pneumatiques imposés

Lorsque la F1 a commencé à travailler sur le calendrier alternatif en raison de la crise sanitaire, le besoin de flexibilité était maximal. Cette souplesse nécessaire constitue un défi logistique important pour certains fournisseurs, et plus particulièrement pour Pirelli, manufacturier unique du championnat. Auparavant, chaque pilote pouvait choisir son allocation de pneus parmi les trois composés sélectionnés pour un Grand Prix. Cette possibilité a été supprimée et remplacée par une allocation standard qui facilite l'anticipation pour Pirelli : deux trains de pneus durs, trois de mediums et huit de tendres.

Lance Stroll, Racing Point RP20

Des briefings adaptés 

Sur chaque Grand Prix, les officiels seront réunis dans une salle aménagée dans le respect de la distanciation physique. Si un pilote est convoqué par les commissaires, le port du masque sera obligatoire.

Les différents briefings, y compris celui des pilotes le vendredi soir, pourraient avoir lieu en extérieur s'il n'existe pas de pièce suffisamment grande. La possibilité de l'organiser par visioconférence n'est pas exclue. En cas de problème de dernière minute concernant la possibilité de voyager, des commissaires sportifs pourraient être amenés à intervenir à distance.

Alex Albon, Red Bull Racing

Une grille de départ réduite

C'est probablement l'un des points les plus sensibles pour la F1, puisqu'il s'agit du lieu et du moment où la proximité est maximale entre toutes les équipes. Le nombre de personnes autorisées à se rendre sur la grille de départ a logiquement été réduit, ainsi que la durée. Chaque écurie ne pourra compter que sur un maximum de 40 personnes, soit la moitié de son effectif présent sur le Grand Prix.

Naturellement, il n'y aura pas de cérémonie particulière avant les courses, ce qui permettra de fermer la voie des stands à seulement 20 minutes du départ, contre 30 minutes auparavant. Les pneus devront être montés sur les monoplaces à cinq minutes du départ au lieu de trois. C'est à cet instant qu'il sera demandé au personnel présent de commencer à quitter les lieux.

Une alternative existe si jamais les organisateurs estiment que le risque est trop élevé concernant la proximité entre les acteurs. Si tel est le cas, la procédure sera totalement différente et inédite, avec des monoplaces qui pourraient s'élancer directement depuis leur stand pour le tour de formation.

Carlos Sainz Jr., McLaren MCL34, arrive sur la grille

Pas de podium, pas de parade

Une fois le drapeau à damier abaissé, les choses seront là aussi différentes puisqu'il sera impossible d'organiser le traditionnel podium. La tenue d'une courte cérémonie directement sur la piste après le tour d'honneur a été évoquée. "Une option serait d'aligner les voitures sur la piste, et les pilotes seraient debout devant elles", détaille Ross Brawn, patron sportif de la F1. "Nous ne pouvons pas remettre les trophées, car on ne peut pas avoir de forte proximité avec quelqu'un qui remet un trophée, mais nous avons trouvé la solution, nous avons des plans et des procédures, nous étudions comment présenter cela à la télévision."

Le dimanche matin, la parade des pilotes n'aura pas lieu puisqu'elle perd tout son sens en l'absence de public. À la place, le créneau horaire pourrait être utilisé pour des interviews individuelles des pilotes devant leur stand.

Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1 W10, le poleman Charles Leclerc, Ferrari SF90, et Max Verstappen, Red Bull Racing RB15 se rendant au Parc Fermé
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