Édito - Le GTE, nouvel eldorado de l'endurance ?

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Édito - Le GTE, nouvel eldorado de l'endurance ?
Par : Emmanuel Rolland
3 mai 2017 à 08:01

Alors que le LMP1 ne concerne plus que deux équipes d'usine, le GTE du WEC connaît un succès sans précédent, fort de la volonté des constructeurs de profiter de cette vitrine pour mettre leurs produits en avant.

#95 Aston Martin Racing Aston Martin Vantage: Nicki Thiim, Marco Sorensen, Richie Stanaway
#95 Aston Martin Racing Aston Martin Vantage: Nicki Thiim, Marco Sorensen, Richie Stanaway
#91 Porsche Team Porsche 911 RSR: Richard Lietz, Frédéric Makowiecki
#71 AF Corse Ferrari 488 GTE: Davide Rigon, Sam Bird
#67 Ford Chip Ganassi Racing Ford GT: Andy Priaulx, Harry Tincknell, Pipo Derani, #77 Dempsey Proton Competition Porsche 911 RSR: Christian Ried, Matteo Cairoli, Marvin Dienst
#71 AF Corse Ferrari 488 GTE: Davide Rigon, Sam Bird
#67 Ford Chip Ganassi Racing Ford GT: Andy Priaulx, Harry Tincknell, Pipo Derani
#67 Ford Chip Ganassi Racing Ford GT: Andy Priaulx, Harry Tincknell, Pipo Derani
#95 Aston Martin Racing Aston Martin Vantage: Nicki Thiim, Marco Sorensen, Richie Stanaway
#91 Porsche Team Porsche 911 RSR: Richard Lietz, Frédéric Makowiecki
#97 Aston Martin Racing Aston Martin Vantage: Darren Turner, Jonathan Adam, Daniel Serra
#67 Ford Chip Ganassi Racing Ford GT: Andy Priaulx, Harry Tincknell, Pipo Derani
#91 Porsche Team Porsche 911 RSR: Richard Lietz, Frédéric Makowiecki
#71 AF Corse Ferrari 488 GTE: Davide Rigon, Sam Bird
#91 Porsche Team Porsche 911 RSR: Richard Lietz, Frédéric Makowiecki
Rendu de la BMW M8 GTE
#71 AF Corse Ferrari 488 GTE: Davide Rigon, Sam Bird
#54 Spirit of Race Ferrari 488 GTE: Thomas Flohr, Francesco Castellacci, Miguel Molina
#71 AF Corse Ferrari 488 GTE: Davide Rigon, Sam Bird
Drapeau à damier pour la #61 Clearwater Racing Ferrari 488 GTE: Mok Weng Sun, Matt Griffin, Keita Sawa
#61 Clearwater Racing Ferrari 488 GTE: Mok Weng Sun, Matt Griffin, Keita Sawa
#71 AF Corse Ferrari 488 GTE: Davide Rigon, Sam Bird
#61 Clearwater Racing Ferrari 488 GTE: Mok Weng Sun, Matt Griffin, Keita Sawa
#61 Clearwater Racing Ferrari 488 GTE: Mok Weng Sun, Matt Griffin, Keita Sawa

Ah, il avait de l'allure le plateau du LMP1 il y a à peine deux ans, à l'aube de la saison 2015. Toyota remettait en jeu son premier titre en WEC acquis à l'issue d'une saison de haut vol avec ses TS040 Hybrid, alors que l'ogre Audi préparait sa riposte, et que Porsche entendait bien jouer les premiers rôles après une première saison pleine de promesses en LMP1. Et l'arrivée de Nissan dans la catégorie avait fait grand bruit, d'autant que le constructeur japonais débarquait avec un concept révolutionnaire, et des GT-R LM NISMO à transmission aux roues avant, du jamais vu dans la discipline…

Le LMP1 suscitait l'enthousiasme, et certains anticipaient même déjà sur l'arrivée prochaine de Ferrari au plus haut niveau de l'endurance !

Mais on sait que le projet Nissan GT-R LM NISMO s'est avéré être un fiasco monumental, avec des voitures totalement dépassées en termes de fiabilité et de performances, et qui ont terminé dans un musée après une piteuse prestation lors des 24 Heures du Mans, leur seule sortie en compétition, de cette même année.

Quant à Audi, l'indéboulonnable équipe allemande a depuis fait les frais du Dieselgate ayant affecté le groupe Volkswagen à l'automne 2015, et a vu son programme LMP1 stoppé fin 2016, laissant Porsche et Toyota dos-à-dos pour 2017.  

À l'inverse, toujours en 2015, le GTE ronronnait avec trois constructeurs, Ferrari, Aston Martin et Porsche, les mêmes depuis les débuts de la discipline en 2012. Certes la catégorie s'apprêtait à connaître un sérieux coup de boost avec l'arrivée de Ford, mais Porsche prévoyait dans le même temps de mettre son programme GTE entre parenthèses pour 2016 afin de mieux se concentrer sur son programme LMP1, mais aussi s'atteler au développement de la nouvelle 911 RSR à moteur arrière.

Après les débuts étincelants de Ford dans la discipline en 2016, et une victoire retentissante du constructeur américain pour son retour dans la Sarthe, les fans du WEC ont commencé à suivre de plus près le GTE. D'autant que, avec le retour programmé de Porsche avec ses nouvelles 911 RSR à moteur arrière, c'est désormais cette discipline qui a le vent en poupe, avec l'arrivée désormais officiellement annoncée de BMW en GTE, voire de Corvette, dont un engagement en WEC semble de plus en plus proche.

Un label Championnat du monde en 2017

Les constructeurs jettent ainsi leur dévolu sur le GTE, une discipline qui permet de mettre leurs produits en avant, pour des coûts moindres que le LMP1, avec des bagarres d'autant plus disputées que la FIA veille au grain pour équilibrer les forces en permanence avec une balance de performance qui fait l'objet cette année d'une élaboration basée sur un calcul automatique des données de chaque équipe !

Preuve de son succès, la catégorie GTE fait désormais l'objet, depuis 2017, du label Championnat du monde FIA, à l'instar de la catégorie LMP1 "en raison de l'accroissement des constructeurs GTE dans le championnat ainsi que des progrès réalisés en termes de professionnalisme et de performance des voitures", comme l'a indiqué dans une communiqué la Fédération internationale, qui réfléchit également à l'idée d'une course de qualification réservée aux GTE à l'issue de la séance qualificative l'an prochain. 

Le succès du GTE accompagne la bonne santé actuelle du marché du GT, une tendance affichée lors des derniers grands salons automobiles, et le GTE constitue un formidable outil de promotion pour les constructeurs à vocation sportive.

Vitrine technologique

Ainsi, Aston Martin a récemment annoncé lors du Salon de Genève la création d'une véritable division haute-performance pour ses véhicules de série. Une division baptisée AMR, qui se déclinera également en label AMR Pro pour ses modèles les plus extrêmes. Compétition et route sont donc liées plus étroitement que jamais chez le constructeur de Gaydon, qui fait également le buzz avec l'impressionnante Aston Valkyrie (le nouveau nom de l'AM-RB 001, fruit de son partenariat avec Red Bull F1) avec 1000 chevaux pour autant de kilos. Aston veut ainsi faire du GTE sa véritable vitrine technologique, et a d'ailleurs annoncé, à Genève également, la prolongation de cinq ans de sa présence dans la discipline.

Chez Ford, la venue en GTE coïncide avec le lancement de la redoutable Ford GT de route, dont l'arrivée a été annoncée en même temps que la révélation du programme sportif de la marque à l'ovale bleu. Une voiture d'exception, produite à 1000 exemplaires seulement (avec des clients triés sur le volet), et dont la livraison devrait s'étaler sur quatre ans à partir de cette année. Soit la durée de la présence de Ford en GTE ? Au-delà de l'aspect purement commercial, le nom Ford résonne bien évidemment aux oreilles des amateurs du GT, avec le souvenir des batailles légendaires entre la marque américaine et Ferrari au cours des années 60, au Mans notamment. Et Ford ne pouvait rêver meilleur retour en 2016, où l'équipe gérée par le Ganassi Racing a renoué avec la victoire au Mans dès la première année de son comeback dans la Sarthe.

Pour Porsche, qui se paie le luxe de disposer d'un programme en GTE en plus de son engagement en LMP1 (la crise ? quelle crise ?), la politique est différente puisque la firme de Stuttgart est revenue en 2017 avec des 911 RSR à moteur central, une conception pour l'heure inusitée sur ses modèles de route. Mais la présence de Porsche dans la discipline se veut là aussi davantage une vitrine médiatique, voire un banc d'essai grandeur nature pour intégrer éventuellement cette architecture sur certains modèles dans un futur proche.

Quant à Ferrari, la présence en GTE est incontournable du point de vue de l'image pour le constructeur italien, qui a lancé l'an passé la 488 GTE dans le grand bain de la compétition, mais également de l'importance de la division compétition client de Maranello à travers le monde.

BMW en approche, Corvette dans l'attente

L'avenir s'annonce d'autant plus radieux pour le GTE que BMW effectuera son retour en 2018 ! Après avoir quitté la discipline fin 2011 pour se consacrer à son retour en DTM, la marque bavaroise sera en effet à nouveau sur la grille l'an prochain. Là aussi, compétition et marketing sont étroitement liés puisque le retour de BMW devrait coïncider avec celui de la Série 8 au catalogue du constructeur allemand, et de sa version compétition, la M8, qui devrait servir de base à son engagement en GTE à partir de la saison prochaine.

Quant à Corvette, l'arrivée de Chevrolet en WEC – après avoir remporté de nombreux succès sur la seule course des 24 Heures du Mans –, semble se préciser, et pourrait là aussi coïncider avec l'arrivée sur le marché de la nouvelle génération de la Corvette, la C8, qui amènera un changement radical dans l'histoire du modèle qui disposera pour la première fois d'un moteur central. Corvette mise gros sur cette nouvelle voiture qui pourrait débarquer en 2019… en même temps que les Corvette C8 GTE en Championnat du monde ?

Le GT3 et le GT4 également en plein essor

Il est également intéressant de noter la bonne santé des catégories "inférieures" de la planète GT, avec une catégorie GT3 qui continue d'exploser, et d'inonder les championnats à travers le monde, notamment les Blancpain GT Series (plus de 50 voitures inscrites à l'année en Blancpain Endurance !), le Pirelli World Challenge aux Etats-Unis, l'ADAC GT Masters allemand, le Championnat de GT australien, etc. Mais aussi le renouveau du GT4, une catégorie qui a permis la renaissance cette saison du Championnat de France GT, et qui devrait également se développer dans les années à venir.

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Séries WEC
Auteur Emmanuel Rolland
Type d'article Contenu spécial