Dernier pointage avant le Rallye de Sardaigne 2021

Le Championnat du monde des Rallyes retrouve son rythme cette semaine du côté de la Sardaigne, deux semaines seulement après le Rallye du Portugal. Même s'il y règne un air de vacances, l'île méditerranéenne n'a rien d'une partie de plaisir pour diverses raisons. Tour d'horizon !

Dernier pointage avant le Rallye de Sardaigne 2021

Le parcours

Présente en mondial depuis 2004 (sauf en 2010 où elle était inscrite au calendrier IRC), la manche italienne du Championnat du monde des Rallyes laisse généralement planer un agréable parfum de vacances quand elle est disputée entre mai et juin. Le cadre idyllique, les températures estivales, la mer cristalline et l'ambiance sarde font vite oublier les nombreuses difficultés présentes tout au long des spéciales qui n'ont paradoxalement rien d'un parcours de santé.

Huit mois après sa dernière édition, reportée à deux reprises puis finalement maintenue en pleine deuxième vague de la crise sanitaire, la Sardaigne est déjà de retour au calendrier avec plusieurs changements majeurs dans ses valises. Organisé depuis sept ans à Alghero, au nord-ouest de l'ile, le Rallye de Sardaigne retrouve son camp de base originel à Olbia, un "déménagement" impliquant quelques ajustements. Après un Shakedown inédit de 2,89 km tracé ce jeudi autour de Loiri (à 20 km au sud d'Olbia) et une cérémonie de départ organisée tout de même à Alghero, vingt spéciales et 303,10 kilomètres chronométrés, répartis sur trois jours, seront au programme de la cinquième manche du Championnat du monde.

La première étape se décomposera en huit spéciales, dont notamment Filigosu, Terranova et Tula, au centre de l'île, pour un parcours de 127,40 km. Le samedi sera relativement comparable avec à nouveau huit secteurs chronométrés et 129,62 km situés essentiellement dans la même région. Coiluna et (Monte) Lerno auront cette fois la part belle avec leurs sauts ultra photogéniques. La dernière étape proposera la plus grosse modification avec deux tronçons au nord d'Olbia cette fois. La magistrale Power Stage de l'Argentiera laissant place à la toute nouvelle Rena Majore.

Les conditions

Le Portugal n'est généralement qu'un avant-goût de ce qui attend les concurrents présents en Sardaigne. Les pistes rocailleuses y sont nettement plus étroites, sinueuses et cassantes. Le balayage n'est pas en reste et pénalise lourdement ceux qui ouvrent la route. Malgré cet inconvénient de taille, Sébastien Loeb et Sébastien Ogier culminent aux deux premières places des pilotes les plus sacrés avec respectivement quatre et trois succès.

Côté mercure, les températures tutoient allègrement les 30°C et rendent les conditions encore plus délicates. Outre les mécaniques déjà mises à rude épreuve, les organismes sont également très sollicités dans des habitacles surchauffés parfois à près de 70°C.

Les engagés

Cinquante-cinq équipages sont attendus au départ de ce week-end sarde. Parmi les pilotes de pointe, seul Oliver Solberg, inscrit en i20 WRC et cas contact suite au test positif de son père Petter au Portugal, fait office de grand absent. 

Éliminé dès la deuxième spéciale au Portugal, Pierre-Louis Loubet compte bien de son côté sur la Sardaigne pour inverser la tendance affichée depuis le début de saison. L'an passé, le Corse y avait signé son meilleur résultat au volant de l'i20 WRC du team 2C Compétition en décrochant la septième place. La manche italienne marque également le retour de Teemu Suninen au volant de la seconde Ford Fiesta WRC du team M-Sport

Après ses deux apparitions consécutives dans la catégorie reine et un retour déjà programmé au Kenya dans la WRC, Adrien Fourmaux laisse sa place au Finlandais et retrouve le temps d'un week-end le WRC2 et la Fiesta Rally2. Face à lui, plusieurs noms ressortent logiquement pour lui donner du fil à retordre. Forfait au Portugal (positif au COVID-19), Andreas Mikkelsen figure en tête de liste aux côtés de Mads Østberg et Nikolay Gryazin. En WRC3, le match se poursuit entre Kajetan Kajetanowicz, double vainqueur en Croatie et au Portugal, et les deux Français Yohan Rossel et Nicolas Ciamin.

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Les pneus

Après quatre manches disputées sur des surfaces différentes, Pirelli et les équipes officielles arrivent enfin au départ d'une épreuve avec des acquis, en l'occurrence ceux récoltés au Portugal. Au-delà de ces données, le manufacturer milanais s'appuie également sur le travail de développement effectué en 2020 en Sardaigne.

"À domicile", le Scorpion KX est donc attendu après une première prestation discutable. Sur des routes plus rocailleuses, bercées par des températures nettement plus élevées, le pneu Hard s'apprête à passer un véritable test avant de se rendre au Kenya et à l'Acropole, où les conditions seront encore plus exigeantes.

Le pilote à surveiller

Double vainqueur en titre, Dani Sordo n'est pourtant pas donné favori à sa propre succession ce week-end face à ses coéquipiers Tänak et Neuville, revanchards après leurs abandons portugais. Pourtant, il reste une valeur sure à chaque apparition, comme en atteste une fois de plus sa deuxième place décrochée il y a deux semaines.

Dans le rythme sur la terre, l'Espagnol a aussi un sérieux avantage en bénéficiant d'une meilleure position sur la route (septième) lors de la première étape tracée ce vendredi. Fort de 12 participations, il semble avoir toutes les cartes en mains, tout comme Hyundai Motorsport, vainqueur de quatre des cinq dernières éditions.

Ott Tänak, Martin Järveoja, Toyota Gazoo Racing WRT Toyota Yaris WRC

Le point COVID-19

Le Portugal a ouvert la voie en autorisant le retour du public sur le bord des spéciales. La Sardaigne en fait de même.

Disputée à huis clos en octobre dernier, l'épreuve italienne avait montré quelques largesses dans la mise en place de son protocole. Cette année, elle a pris les devants en instaurant une jauge de 25% dans des zones prévues pour les spectateurs, où le port du masque ainsi que le respect des gestes barrières seront évidemment de rigueur.

Le chiffre à retenir

6"1, soit l'écart séparant les trois hommes du podium de l'édition 2020. La Sardaigne a beau être un des rallyes les plus lents du calendrier avec des moyennes plafonnant généralement autour des 90 km/h, elle n'en demeure pas moins une épreuve au dénouement souvent indécis jusqu'à la ligne d'arrivée.

L'an passé, Dani Sordo s'était arraché jusqu'au dernier mètre pour décrocher son second succès de rang à Alghero. Crédité d'une avance supérieure à 25" sur Neuville et Ogier à l'entame de la dernière journée, l'Espagnol avait résisté tant bien que mal aux assauts de ses deux rivaux pour l'emporter de justesse malgré leurs retours incisifs. Avec respectivement 5"1 et donc 6"1 de marge sur le Belge et le Français, Sordo avait remporté le rallye au podium le plus serré de l'Histoire du WRC.

En 2018, Neuville et Ogier, encore eux, s'étaient livrés jusqu'au dernier instant une bataille intense de laquelle était sorti vainqueur le pilote Hyundai pour seulement 0"7.

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