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Monte-Carlo 1982 - Röhrl bat (sèchement) les Quattro

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Monte-Carlo 1982 - Röhrl bat (sèchement) les Quattro
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18 janv. 2017 à 18:31

Retour sur une autre page marquante de l'histoire du Rallye Monte-Carlo. Il y a 35 ans, l'absence de neige sur les routes – mais pas de verglas et donc de pièges – contribua à une défaite sévère des Audi Quattro et à la victoire d'Opel.

Ces fameuses Quattro étaient devenues en l'espace d'une année le véritable épouvantail de ce qu'on n'appelait pas encore le WRC. Première Groupe 4 – la réglementation d'alors – à disposer de quatre roues motrices, elle avait dominé le Monte-Carlo 1981 pour ses débuts en championnat du monde, aux mains d'Hannu Mikkola, avant une erreur rédhibitoire du champion finlandais ouvrant le chemin de la victoire à la Renault 5 Turbo de Jean Ragnotti et du regretté Jean-Marc Andrié. Mais des victoires de spéciales comme s'il en pleuvait et deux au scratch en fin de saison, avec Michèle Mouton en Italie et Mikkola en Grande-Bretagne, attestaient d'une fiabilité désormais mieux maîtrisée.

Je pense que la voiture est prête, maintenant”, déclarait d'ailleurs un Mikkola qui faisait figure de favori pour le titre. “Ça prend toujours un peu de temps mais les derniers rallyes ont montré que nous avons une auto fiable, maintenant. Je suis vraiment impatient d'attaquer cette saison.” 

Walter Röhrl, pilote allemand considéré comme le plus complet de tous – même s'il n'avait jamais posé les roues en Suède (il allait le faire après le Monte-Carlo et finir troisième) ni en Finlande (il ne le ferait jamais) –, ne faisait pas partie des effectifs de la marque aux anneaux. Ayant reçu une offre à la fin de 1980, son premier titre mondial en poche (avec Fiat et une victoire au Monte-Carlo en prime, photo ci-dessous), il l'avait déclinée pour signer chez Mercedes... qui avait finalement arrêté son programme avant même que celui-ci ait vraiment commencé, forçant le nouveau champion du monde à regarder jouer ses petits camarades depuis le banc de touche durant toute la saison 1981.

Walter Röhrl, Christian Geistdorfer, Fiat 131 Abarth
Walter Röhrl, Christian Geistdorfer, Fiat 131 Abarth

Photo de: LAT Images

Après avoir tenté de recoller les morceaux mais s'être vu adresser une fin de non recevoir, Röhrl avait, faute d'autre choix réel, jeté son dévolu sur Opel qui passait la vitesse supérieure avec ses discrètes Ascona 400 deux roues motrices en récupérant le soutien financier de Rothmans – dont les couleurs ornaient auparavant la Ford Escort d'Ari Vatanen et d'un certain David Richards, titrés en 1981.

Après trois années de course, l'Ascona 400 est maintenant au point”, assurait l'Allemand, en tests quelques semaines avant le Monte-Carl’. “Elle ne devrait pas avoir de problème mais naturellement, s'il y a de la neige, les quatre roues motrices auront un gros avantage. Cela dit, bien sûr, ce sont des voitures d'une grande technicité, elles sont compliquées et personne ne peut dire aujourd'hui si elles auront quelques problèmes.”

Tombe la neige... ou pas

Le principal problème des Quattro fut rapidement identifié : la manche d'ouverture de la saison allait se dérouler par un temps froid et sec, et en toute absence de neige.

C'est sûr qu'elle [la Quattro] est avantagée sur un tel terrain [enneigé], mais de toute façon, le Monte-Carl', ce n'est jamais entièrement neige, jamais entièrement sec, et je crois que ça reste quand même une épreuve très ouverte”, assurait Michèle Mouton, cherchant peut-être à se rassurer elle-même, avant le départ de Monaco et au terme du long parcours de concentration.

Tout se présente bien pour nous”, disait pour sa part un Röhrl confiant. “Les routes sont sèches, ce devrait être rapide. Nos voitures sont bien préparées, nous avons fait de bons essais, je pense que c'est bon signe pour nous d'arriver maintenant sur le Monte-Carlo dans ces conditions, et je suis assez optimiste pour obtenir un bon résultat.”

Walter Röhrl, Christian Geistdörfer, Opel Ascona 400
Walter Röhrl, Christian Geistdörfer, Opel Ascona 400

Photo de: LAT Images 

Et ce qui devait arriver arriva : au terme de la première nuit dans les Hautes-Alpes, et en revenant sur Monaco après être parti d'Aix-les-Bains la veille, Röhrl pointait déjà en tête devant son équipier et compatriote Jochi Kleint.

Content, bien sûr”, disait-il. “Tout se passe bien, je ne m'attendais pas à ce que ce soit si bien. La voiture était parfaite, les conditions étaient très bonnes pour nous. Toute l'équipe a travaillé parfaitement.”

Mouton sort de la route

Surtout, Mikkola avait perdu d'entrée quatre bonnes minutes, après avoir parcouru une quinzaine de kilomètres avec un pneu crevé et un arbre de transmission abîmé, qui l'avaient repoussé en huitième position. Quatrième entre les Porsche de Guy Fréquelin et Jean-Luc Thérier, ce dernier précédant les R5 Turbo de Bruno Saby et Dany Snobeck, Michèle Mouton voyait tous les espoirs d'Audi reposer sur ses épaules.

Nous devions prouver que l'Audi Quattro est bonne aussi sur l'asphalte, et je pense que nous le prouvons maintenant”, déclarait celle qui allait finir deuxième du championnat cette année-là.

Hélas, après un meilleur temps dans le Turini pour la deuxième étape du rallye baptisée alors parcours de classement (après le parcours de concentration, en liaison, et le parcours commun), elle se laissait piéger par une plaque de verglas à la sortie d'une zone humide et ombragée, heurtait un mur – sans mal pour elle ni sa copilote, Fabrizia Pons – et en restait là. Même cause, même conséquence que pour Jean-Claude Andruet, ancien vainqueur de ce rallye, et sa Ferrari 308 GTB la veille.

Hannu Mikkola, Arne Hertz, Audi Quattro
Hannu Mikkola, Arne Hertz, Audi Quattro

Photo de: LAT Images

Mikkola (ci-dessus) reprenait le flambeau à coup de meilleurs temps, et plus d'une minute au leader. Mais celui-ci assurait déjà et, fort de son avance, se permettait même le choix prudent de monter des pneus clous dans une spéciale, se faisant rattraper sur la route par Kleint parti derrière lui.

À ce moment, Mikkola était venu intercaler sa Quattro à la quatrième place entre Fréquelin et Thérier, puis bientôt devant ce dernier. Mais Kleint allait partir à la faute et dégringoler au classement.

Mikkola devait jeter toute ses forces dans la bataille lors de la dernière nuit, mais c'est Röhrl qui signait les premiers meilleurs temps et asseyait sa domination pour remporter, associé à Christian Geistdörfer, son second Monte-Carlo (devant le Finlandais et Thérier, Fréquelin ayant rencontré un problème de pompe à essence) – avant de coiffer une seconde couronne mondiale en fin d'année.

Et trois qui font quatre

Walter Röhrl, Christian Geistdörfer, Lancia Rally 037
Walter Röhrl, Christian Geistdörfer, Lancia Rally 037

Photo de: LAT Images

Un an plus tard, toujours pas chez Audi mais retrouvant le groupe Fiat pour piloter la magnifique Lancia Rally 037 équipée elle aussi de deux roues motrices (ci-dessus), l'Allemand allait une nouvelle fois, et encore sur le sec, mater les Quattro pour s'imposer devant son équipier Markku Alen et Mikkola. Audi devrait attendre 1984 pour inscrire enfin l'épreuve à son palmarès, avec... un certain Walter Röhrl, lequel dictait sa loi – et avec de la neige à l'occasion, cette fois ! – à ses deux équipiers scandinaves, Stig Blomqvist et Mikkola (troisième et quatrième l'année précédente), pour totaliser quatre victoires au volant de quatre voitures différentes !

Walter Röhrl, Christian Geistdörfer, Audi Quattro A2
Walter Röhrl, Christian Geistdörfer, Audi Quattro A2

Photo de: LAT Images

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Séries WRC
Événement Rallye Monte-Carlo
Pilotes Walter Rohrl
Auteur Jean-Philippe Vennin