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Chronique Yvan Muller - Émotions sur la Nordschleife

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Chronique Yvan Muller - Émotions sur la Nordschleife
Par :
31 mai 2016 à 18:00

Yvan Muller (Citroën) revient sur son weekend sur la Nordschleife, où le quadruple champion du monde a été victime d'un accident avec la Honda de Monteiro dans la course 1, avant de déclarer forfait pour la seconde manche.

Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC
Tiago Monteiro, Honda Racing Team JAS, Honda Civic WTCC
Yvan Muller, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC and José María López, Citroën World Touring Car Team, Citroën C-Elysée WTCC

Bonjour à tous,

Ce week-end sur la Nordschleife fut particulier à plus d'un titre, avec une conclusion des plus frustrantes. Le meeting avait pourtant bien commencé, avec une bonne performance lors des EL0, où je signe le meilleur chrono. Lors des EL1 et EL2, nous nous sommes appliqués à optimiser les réglages de la voiture, sans chercher forcément la performance. 

Cela présageait de bonnes choses, surtout sur un circuit aussi exigeant et unique que la Nordschleife, avec 25 kilomètres de grand huit à plus de 175 km/h de moyenne, des virages à très haute vitesse, dont certains en aveugle, un dénivelé de 300 mètres entre le point le plus haut et le point le plus bas du circuit, des revêtement différents tout au long du tracé, un engagement physique et mental permanents. Et je vous fais grâce d'une multitude de détails qu'il ne faut pas délaisser.

En 2015, malgré une victoire dans la course 1, j'avoue avoir eu des difficultés à me lâcher totalement. Ce week-end en revanche, les sensations étaient plutôt bonnes.

Lors des qualifications, j'étais satisfait de ma deuxième place, même si nous pouvions faire mieux. Rien de grave néanmoins car la course est longue et que les possibilités de doubler sont nombreuses sur ce circuit. 

La météo fut également un paramètre compliqué à gérer, car le temps était très changeant. Dès lors, difficile de prévoir un réglage ou un choix de pneus dans ces conditions. Au final, nous sommes passés à chaque fois entre les gouttes.

Samedi matin, jour de course, le planning était minuté :

- 8h45 briefing stratégie de course
- 9h15 briefing technique d'avant course
- 10h00 je me change en combinaison (caleçon jambes longue, tee-shirt manche longue, chaussettes et combinaison, le tout en matière anti feu).
- 10h20 je m'échauffe musculairement
- 10h45 je monte dans la voiture
- 10h55 la pit lane ouvre, nous montons en piste.

Avant de rejoindre la grille de départ il est possible de faire 2 ou 3 tours sur le petit circuit afin de bien chauffer la mécanique et de faire quelques essais de départ.
- 11h30 départ pour le tour de formation.
- 11h35 départ de la course 1. 

La course 1 est la course lors de laquelle les 10 premiers des qualifications partent dans l'ordre inverse. Je m'élance donc du 9e rang. Lors de toute cette période d'avant course, chacun dans l'équipe connaît son rôle sur le bout des doigts. Rien n'est laissé au hasard, c'est une mécanique très bien huilée.

Le moment du départ est toujours intense : le pouls s'accélère, il faut avoir une concentration extrême pour pouvoir démarrer le plus rapidement possible à l'extinction des feux, le tout en effectuant toutes les procédures correctement afin que le départ soit le plus efficace possible.

Mon départ est bon, je gagne quelques places à l'amorce du premier freinage. Je prends l'option de me positionner à l'extérieur, c'était le bon choix, et je ressors en 4e position, juste derrière la Volvo de Björk.

Mais, deux kilomètres plus loin, de la fumée s'échappe de la voiture de ce dernier, et la Volvo commence à perdre de l'huile. Grosse galère : mon pare-brise en est recouvert, et je ne vois plus grand-chose ! Au kilomètre 17, Bennani fait une erreur, ce qui me permet de le passer, dans le sillage de la Volvo : je me hisse en 3e position à ce moment-là.

La visibilité est de plus en plus réduite au volant de ma C-Elysée car Björk continue à perdre de l'huile. A la fin du premier tour, la Volvo rentre au stand. Forcément : il y a plus d'huile sur mon pare-brise que dans son moteur. Je remonte en 2e position derrière la Honda de Tiago Monteiro, et j'entame ma remontée sur lui. 

Dans Dottinger Höhe, la longue ligne droite qui termine le deuxième tour, je me met dans l'aspiration de la Honda, je déboîte par la droite, mais Tiago fait un écart et je suis obligé de mettre deux roues dans l'herbe à près de 270 km/h, c'était chaud !!! Mais je reste finalement deuxième.

J'ai toujours en tête de le doubler, je garde le contact tout en préservant mes pneus, car je pense attaquer dans les quatre derniers kilomètres, où il y a de réelles opportunités de dépassement.

Malheureusement, dans une grande courbe à gauche en 5e, à 240 km/h, Tiago explose un pneu, perd le contrôle de sa voiture qui heurte violemment le rail et revient en milieu de piste. Impossible de l'éviter : je le percute à haute vitesse.

Le choc est très violent, mais ce qui me fait le plus peur à ce moment-là est le fait que je me retrouve à la perpendiculaire de la piste, et que je sais que vingt voitures arrivent à pleine vitesse et qu'ils vont me découvrir en sortie de courbe. Je reste attaché et totalement impuissant, en espérant que personne ne me tape. Un vrai miracle, tout le monde est passé… L'un des moments les plus effrayants de ma carrière…

Il est avachi, groggy, je m'inquiète pour lui.

Yvan Muller, au sujet de Tiago Monteiro après son accident.

Une fois la meute passée, je sors et je me réfugie de l'autre côté du rail. J'essaie de reprendre mes esprits, mais je me rends compte que Tiago est toujours dans sa voiture, car il a du mal à s'en extraire. Je décide d'aller l'aider, et je le fais passer de l'autre-côté du rail, en sécurité.

Il est avachi, groggy, je m'inquiète pour lui. Je lui ouvre la combinaison pour l'aider à respirer et je lui enlève ses gants, son Hans, son casque, et je lui parle pour garder le contact. Nous attendons les secours, qui nous prennent en charge et nous emmènent au centre médical du circuit. Le weekend est terminé. Les voitures ne sont pas réparables pour la course 2.

Je vous avoue que de découvrir, couché sur mon brancard à couvrir à la télévision les pilotes fêtant  leur podium grâce à notre accident, alors que nous sommes tous les deux encore pris en charge par les médecins… Le décalage est énorme ! 

Je n'étais vraiment pas loin de la gagner celle-là ! Une énorme déception, comme vous pouvez l'imaginer. Mais l'essentiel est là, à part quelques courbatures, physiquement tout va bien.

Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, non ?

À très vite,

Yvan Muller

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À propos de cet article

Séries WTCC
Événement Nürburgring
Lieu Nürburgring
Pilotes Yvan Muller
Auteur Yvan Muller