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Arnoux cible Binotto : "Un comportement comme celui-ci est intolérable"

Viscéralement attaché à la Scuderia Ferrari, René Arnoux ne pardonne pas à Mattia Binotto "les erreurs qu'il a commises" lors de son mandat à la tête de l'écurie italienne.

René Arnoux

Pilote Ferrari trois saisons durant dans les années 1980, René Arnoux est resté un fervent supporter d'une Scuderia qui lui tient à cœur. Ce n'est d'ailleurs pas anodin si le Français, sept fois vainqueur en Formule 1, dit encore "on" lorsqu'il évoque l'écurie italienne aujourd'hui. Alors, les critiques acerbes qu'il a formulées cette semaine dans la presse transalpine résonnent avant tout comme un cri du cœur. "Je n'ai pas aimé voir une Ferrari très compétitive laisser filer le championnat, car on a bien commencé", déplore-t-il dans les colonnes de La Gazzetta dello Sport. "C'est vrai qu'il manquait de la fiabilité, mais on a perdu certains Grands Prix presque comme si on l'avait fait exprès."

Devant la saison 2022 réalisée par l'écurie de Maranello, deuxième du championnat mais finalement dominée par Red Bull malgré une monoplace compétitive, René Arnoux tient Mattia Binotto comme responsable. Après quatre ans passés à la tête de la Scuderia, le directeur d'équipe a démissionné il y a peu et laissera sa place à Frédéric Vasseur.

"Les erreurs qu'il a commises sont pour moi impardonnables en Formule 1", dénonce l'ancien pilote. "Je n'ai jamais été du côté de Binotto. Quelqu'un qui dit 'ce sera mieux l'an prochain, ce sera mieux l'an prochain' ne mérite pas cette place. Je l'aurais viré il y a plusieurs années. Je l'ai déjà dit plusieurs fois. Un comportement comme celui-ci est intolérable quand tu es à la tête de la plus belle équipe du monde. On peut aimer ou ne pas aimer Jean Todt, mais il n'aurait jamais dit 'ce sera mieux l'an prochain'. Il gagnait, et quand il avait gagné, il pensait à l'année suivante. Mais il y a peu de Jean Todt et de Ron Dennis."

"Fusionner les deux rôles [directeur d'équipe et directeur technique] était une erreur. Dans une Formule 1 hyper spécialisée comme aujourd'hui, tu ne peux pas tout faire. Vasseur doit trouver les bonnes personnes. Tu n'as pas besoin de savoir comment faire une boîte de vitesses ou un moteur. Todt s'en fichait. Tu dois avoir les personnes compétentes au bon endroit, et ensuite les gérer. Quand tu as Ross Brawn comme directeur technique puis Rory Byrne et Paolo Martinelli, tu dois ensuite simplement faire en sorte qu'ils travaillent bien. Comme Todt l'a fait et comme Vasseur doit le faire."

Frédéric Vasseur va succéder à Mattia Binotto.

Frédéric Vasseur va succéder à Mattia Binotto.

Frédéric Vasseur prendra les rênes de Ferrari dans quelques jours avec devant lui une mission particulièrement difficile. René Arnoux attend évidemment beaucoup de lui, comme de n'importe quelle personne qui se trouverait à cette place à la fois convoitée et exposée. Son compatriote réussira-t-il ?

"Je ne m'autorise pas à dire oui ou non, car je le connais très peu", répond-il. "Je l'ai rencontré, j'ai discuté avec lui, mais pas suffisamment pour dire si c'est bien ou pas. On a vu les résultats qu'il a obtenus avec une équipe de milieu de grille comme Alfa. Mais diriger Alfa en Suisse et diriger Ferrari, ce sont des choses très différentes. Il a certainement l'expertise nécessaire et j'espère qu'il pourra permettre à l'équipe de se ressaisir en matière de technologie et de stratégie. Sans ça, on ne peut pas gagner un championnat du monde."

"L'an dernier, le châssis et le moteur étaient au rendez-vous, pas la fiabilité", conclut-il. "Mais surtout, on s'est trompé beaucoup, beaucoup, beaucoup de fois dans la stratégie et dans ce domaine, il y a un bon coup de balai à donner. Je dirais qu'il faut tout jeter, et trouver quelqu'un de compétent."

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