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Comment la FIA utilise l'argent des amendes

Après avoir été mise dos au mur par le GPDA, la FIA a finalement donné des précisions sur l'utilisation de l'argent récolté via les amendes infligées aux pilotes.

Mohammed Ben Sulayem, President, FIA, avec Max Verstappen, Red Bull Racing

Photo de: Zak Mauger / Motorsport Images

La FIA s'est retrouvée sous le feu des projecteurs à plusieurs reprises en 2024, et notamment son président, Mohammed Ben Sulayem. Il y a quelques mois, les pilotes s'étaient exprimés dans un communiqué au nom de l'association des pilotes de Grand Prix (le GPDA), listant les différents problèmes qu'ils souhaitaient faire remonter et demandant par exemple plus de transparence sur l'utilisation des amendes récupérées par la FIA tout au long de la saison.

En 2024, l'instance dirigeante du sport automobile a récolté environ 270 000 euros après avoir infligé 50 amendes aux pilotes pour des infractions telles que des excès de vitesse dans la voie des stands, gêne en piste, pilotage dangereux, traversée de la piste pendant une course ou pour des jurons à la radio ou en direct à la télévision, ce dernier point étant un autre sujet relevé par le GPDA.

George Russell, président de l'association des pilotes, a rappelé les promesses faites par la fédération il y a quelques années. Des engagements dont le Britannique et ses homologues ne voient toujours pas la couleur.

"Pour nous, lorsque nous avons entendu la FIA il y a deux ans, au moment de l'élection du président, tout était question de transparence", a-t-il expliqué. "Il s'agissait de savoir où l'argent allait être réinvesti à la base, ce à quoi nous sommes tous favorables. Nous voulons simplement la transparence, une compréhension de ce qui a été promis dès le début."

À la suite du communiqué des pilotes, Mohammed Ben Sulayem avait répondu que là où allait cet argent "n'était pas leurs affaires" et qu'ils devaient "se concentrer sur ce qu'ils font de mieux, c'est-à-dire courir".

Mohammed Ben Sulayem accompagné du Prince Albert II de Monaco lors du Grand Prix de la principauté.

Mohammed Ben Sulayem accompagné du Prince Albert II de Monaco lors du Grand Prix de la principauté.

Photo de: Erik Junius

Dans une interview exclusive accordée à Motorsport.com, le responsable monoplace de la FIA, Nikolas Tombazis, a déclaré que l'ensemble de l'argent récolté par les amendes servait à financer des projets en lien avec le sport automobile ou certaines initiatives sociales insufflées par l'instance dirigeante, et rien d'autre.

"La FIA n'est pas une organisation à but lucratif", a-t-il rappelé. "Nous n'avons pas d'actionnaires qui regardent les chiffres de la bourse et espèrent que le prix de l'action augmentera, ou qu'ils recevront plus de dividendes ou quoi que ce soit de ce genre. Tout l'argent est donc dépensé pour ce qui est considéré comme bénéfique, que ce soit pour la sécurité, pour la base du sport automobile, ou parfois pour d'autres projets liés à la sécurité routière."

"Je pense que cette question [des amendes] est parfois légèrement influencée par les émotions du moment, par l'amende dont il est question, etc. Je me rends compte que toute personne qui paie une amende en est toujours légèrement contrariée et peut se sentir quelque peu lésée, mais il est certain qu'il y a tellement de niveaux différents de projets que je pense qu'on ne peut jamais arriver à la conclusion que cet argent est en quelque sorte dépensé pour des fêtes de Noël, ou autre."

"Les sommes dépensées au niveau local dépassent largement les amendes accumulées, ce qui, je pense, indique que tout ce qui est fait dans ce domaine aura un impact positif. Je pense qu'il serait difficile de trouver des projets à la FIA qui n'ont pas d'impact sur la base du sport automobile ou sur le plan social."

"Ce que je peux dire avec une certitude absolue, c'est que les amendes infligées aux pilotes dans un sport ne subventionnent pas un autre sport ou une autre catégorie ou quelque chose de ce genre. Mais si vous regardez d'autres initiatives, qu'il s'agisse de nos campagnes, comme celle sur les injures en ligne et toutes les initiatives de terrain dont nous avons parlé précédemment, ou des projets de sécurité, je crois que ce sont des façons nobles de dépenser cet argent. Et cet argent y contribue."

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Tombazis a expliqué que les projets de la FIA étaient essentiels pour former la prochaine génération d'officiels et de pilotes, tout cela dans une volonté de promouvoir le sport automobile et de permettre son accès à tous, en baissant les prix d'entrée en karting par exemple.

"Environ 10,3 millions d'euros sont consacrés à la base, pour de nombreux clubs, de nombreux pays, afin de promouvoir une série de projets d'activités sportives précoces, et je pense que c'est très important", a-t-il déclaré.

"En fin de compte, je pense que la santé de la Formule 1 dépend largement de l'attrait général du sport automobile. Il ne s'agit pas seulement d'avoir un Grand Prix passionnant, mais aussi d'avoir plus de gens qui, globalement, pratiquent le sport automobile à un niveau relativement bas dans leur pays. Je pense que cela sera bénéfique pour la Formule 1."

"L'autre partie, bien sûr, est de sélectionner les pilotes pour l'avenir, de faire en sorte que les pilotes puissent gravir les échelons et avoir l'opportunité de le faire même s'ils ne viennent pas d'une famille riche, par exemple. C'est cela l'objectif principal."

Avec Filip Cleeren

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