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Flashback : 1966, plus de puissance pour plus d'abandons !

La Formule 1, régulièrement appelée "catégorie reine", se devrait selon de nombreuses opinions de proposer les monoplaces les plus rapides et par association, les plus puissantes du lot

La Formule 1, régulièrement appelée "catégorie reine", se devrait selon de nombreuses opinions de proposer les monoplaces les plus rapides et par association, les plus puissantes du lot. Or, durant cinq saisons, la discipline ne remplissait pas cet objectif. En effet, afin de limiter le nombre d'accidents mortels,

les autorités avaient décidé de réduire la cylindrée de 2,5 litres à 1,5 litre

. Peine perdue : les décès étaient toujours aussi nombreux et l'Endurance commençait à faire de l'ombre à la F1.

On annonça donc pour 1966 l'introduction du moteur 3 litres, officiellement pour restaurer l'image de ce sport. Officieusement, il s'agissait d'un appel du pied de la CSI (Commission Sportive Internationale, l'ancien organe sportif de la FIA) aux constructeurs américains pour mettre l'accent sur le caractère mondial de la compétition. La délégation américaine avait même poussé pour que les F1 atteignent 4 litres, ce qui correspondait peu ou prou à la cylindrée de l'USAC (United States Automobile Club, l'ancêtre du CART et de l'actuelle IndyCar). La CSI préféra se limiter à 3 litres.

C'est alors que survint un problème majeur : presque aucune équipe n'était prête à faire un tel saut ! En effet, Coventry Climax, principal motoriste des top teams anglais, fut racheté par Jaguar et refusa de construire un moteur 3 litres. Beaucoup furent pris au dépourvu et eurent recours à des solutions... originales.

Ainsi, Cooper, racheté par un importateur anglais de Maserati, vit ses monoplaces propulsées par un moteur de la marque italienne... qui datait de 1957 ! Plus cocasse encore, BRM se mit en tête d'accoler deux V8 de 1,5 litres pour atteindre la cylindrée maximale, d'où la naissance du BRM H16, l'une des plus fameuses usines à gaz de l'Histoire ! Évidemment, celui-ci n'était pas prêt pour l'ouverture de la saison, pas plus que le V12 Weslake que Dan Gurney devait utiliser pour faire débuter sa propre équipe, Eagle. Lotus comme Eagle eurent recours à des Climax suralimentés à 2 litres pour limiter les dégâts, BRM faisant de même avec ses propres moteurs.

A côté, Ferrari ne pouvait que se frotter les mains. La Scuderia n'avait qu'à convertir son moteur utilisé pour l'Endurance et le tour était joué. Ferrari allait prendre de cours tous les artisans anglais comme en 1961 et faire main basse sur le titre. Le seul rival qui semblait correctement préparé était Brabham. Son fondateur demanda en effet à une firme australienne, Repco, de reconvertir un vieux moteur Oldsmobile pour ses monoplaces. S'il n'était pas le plus puissant, il était le plus homogène avec une bonne fiabilité et un poids proche du minimum réglementaire : 530 kg pour 500 minimum.

Cependant, ce que l'on pouvait craindre se produisit à Monaco : seulement 20 voitures se présentèrent en Principauté, 16 se qualifièrent et 4 furent classées le lendemain ! Fort heureusement pour BRM, la nature du circuit limitait le handicap moteur et permit à Jackie Stewart de s'imposer devant la Ferrari de Lorenzo Bandini. Par la suite, la Scuderia perdit son leader John Surtees, en conflit ouvert avec le team management, et Jack Brabham réussit le carton plein en s'imposant aux championnats pilotes et constructeurs.

Néanmoins, l'appel de la CSI a trouvé un écho à Détroit : Ford allait s'engager pour de bon en Formule 1 à partir de 1967 en proposant l'un des moteurs les plus iconiques de son sport : le Ford Cosworth V8 Double Four Valve (DFV).

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