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Bilan saison - Button, attentes déçues mais saison solide

En 2013, c'est en abordant une stratégie de développement audacieuse que McLaren avait tenté de mettre un terme au règne de Red Bull, en vain

En 2013, c'est en abordant une stratégie de développement audacieuse que McLaren avait tenté de mettre un terme au règne de Red Bull, en vain. La nouvelle réglementation technique de 2014 a apporté à l'écurie de Woking l'opportunité d'y parvenir, mais malgré le moteur le plus performant du plateau, McLaren n'a pas concrétisé. Pire, il s'en est fallu de peu pour que l'équipe finisse dernière des constructeurs motorisés par Mercedes, puisqu'elle n'a devancé Force India que d'une courte tête.

Ce n'est certainement pas ce qu'espérait Jenson Button à l'aube de cette année, mais pour sa quinzième saison dans la catégorie reine du sport automobile, le Champion du Monde 2009 s'est à nouveau mis en valeur.

Ce ne fut toutefois pas le cas en qualifications : cet exercice n'a jamais été le point fort de Button. Associé au débutant Kevin Magnussen, champion de Formule Renault 3.5 en 2013, le Britannique n'a pris un avantage définitif qu'à Abu Dhabi, portant le score final à 10-9. Il est important de souligner que sur l'ensemble de la saison, l'écart moyen entre les deux hommes est de 0,028 seconde... à l'avantage du Danois !* Inutile de préciser que Button et Magnussen se sont poussés dans les retranchements l'un de l'autre.

En 2014, comme toujours, la force de Button a été sa science de la course. Bien loin des fréquentes erreurs commises par son jeune coéquipier, le vétéran s'est montré constamment solide, toujours propre lors des batailles roues contre roues. De plus, il a signé une ribambelle de résultats d'honneur au volant d'une MP4-29 qui ne les valait pas souvent : sixième en Malaisie, à Monaco et en Belgique ; cinquième au Japon et à Abu Dhabi ; quatrième au Canada, en Russie et au Brésil, et bien sûr, son podium du Grand Prix d'Australie - dont il n'aura pas goûté le champagne avant l'exclusion de Daniel Ricciardo.

Cependant, sa plus belle performance de l'année a probablement été signée à Silverstone, devant son public. Ce premier Grand Prix à domicile depuis la mort de son père lui tenait particulièrement à cœur, et Button s'est illustré de la plus belle des manières : il a signé le troisième temps des qualifications, seulement battu par la Mercedes de Rosberg et la Red Bull de Vettel, avant de se battre comme un lion pour s'octroyer la quatrième place à l'issue du Grand Prix après avoir résisté à plusieurs monoplaces censées être plus rapides comme la Red Bull du même Vettel ou la Ferrari d'Alonso. Cette belle performance semblait également tenir lieu de réponse à des propos difficiles à son encontre de la part de Ron Dennis, quelques jours plus tôt.

Cette année, Button a marqué 126 points contre 55 pour son coéquipier Magnussen, et s'est classé dans le top 6 lors de plus de la moitié des courses au volant de la cinquième meilleure monoplace du plateau, ce qui démontre la qualité de sa saison. Certes, à presque trente-cinq ans, le natif de Frome ne représente plus l'avenir sur le long-terme, mais objectivement, McLaren aurait difficilement pu trouver un meilleur pilote à qui associer Fernando Alonso. Le retour de Honda en Formule 1 représente un défi de taille pour Button, qui va sans nul doute s'y attaquer avec appétit. Il retrouvera un constructeur japonais avec lequel il a longtemps collaboré durant sa carrière, du côté de Brackley (2003-2008).

*Notez que les qualifications du Grand Prix de Malaisie, où Button s'était qualifié à deux secondes de son coéquipier après avoir parié, à tort, sur les pneus intermédiaires, n'ont pas été prises en compte dans ce chiffre.

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