Indy 500 1995 : la victoire tactique de Villeneuve

Au fil de sa carrière, Jacques Villeneuve a connu de grands moments, et lorsqu'Autosport lui demande de raconter en détail la course de sa vie, le Québécois préfère les 500 Miles d'Indianpolis 1995 au Grand Prix d'Europe 1997 lors duquel il a...

Au fil de sa carrière, Jacques Villeneuve a connu de grands moments, et lorsqu'Autosport lui demande de raconter en détail la course de sa vie, le Québécois préfère les 500 Miles d'Indianpolis 1995 au Grand Prix d'Europe 1997 lors duquel il a remporté le titre de Champion du Monde de Formule 1 face à Michael Schumacher.

Il faut dire que Villeneuve n'a pas la tâche facile en ce 28 mai 1995. En début de course, le pilote de l'équipe Team Green (aujourd'hui Andretti Autosport) écope d'une pénalité de deux tours pour avoir dépassé le pace car. Mais comment est-ce arrivé ?

Nous étions dans le groupe de tête au début de la course, jusqu'à ce qu'il y ait un drapeau jaune au moment des arrêts au stand”, relate Villeneuve. “Tout le monde n'avait que peu d'essence dans le réservoir, mais au même moment que le drapeau jaune, des voitures étaient rentrées au stand”.

Mon équipe était occupée à essayer de calculer de quelle quantité d'essence on disposait, tout le monde paniquait et personne ne s'est rendu compte qu'en fait, je menais la course à ce moment-là. Moi non plus. Tout est arrivé en même temps. Et chaque fois que je rattrapais le pace car, je le dépassais, vu qu'il est censé devancer le premier et que je ne pensais pas être en tête”, poursuit-il.

Avec deux tours de retard, la course de Villeneuve se transforme alors en une course d'attaque lors de laquelle il remonte jusqu'au deuxième rang. Jusqu'au moment l'improbable se produit, bien que le pilote québécois y contribue largement.

Vers la fin de la course, il y a eu un autre drapeau jaune à une quinzaine de tours de l'arrivée, et j'étais 2e à ce moment-là. On se disait que ce n'était pas si mal, ce n'était pas une victoire mais après ce qui s'était passé au début de la course, on s'en contenterait. Devant moi, il y avait Scott Goodyear, et il était imbattable. Il m'était impossible de rester au contact”.

En sachant cela, lors du tour qui a précédé le drapeau vert, je lui ai mis une pression constante, j'ai accéléré, j'ai freiné, je me suis mis à côté de lui, en espérant le faire craquer. Et ça a marché, parce qu'il y est allé avant le drapeau vert et a dépassé le pace car. Donc il a reçu un drapeau noir. Quand il y est allé, j'ai accéléré, et quand j'ai vu qu'il allait dépasser le pace car, j'ai tapé dans les freins, et tout le monde derrière moi a fait la même chose”.

À ce moment-là, Christian Fittipaldi était derrière moi et il a pu m'attaquer à cause de tout ça, donc j'ai dû le tasser dans le mur. Il allait me dépasser, mais je l'ai tassé, et il était juste question de savoir qui avait les plus grosses. Dans une course comme ça, c'est la victoire ou rien. C'étaient ses premiers 500 Miles d'Indianapolis, donc j'imagine qu'il était content de finir deuxième. Scott [Goodyear] a reçu le drapeau noir deux tours plus tard et il ne s'est pas arrêté, donc ils ont cessé de compter ses tours”.

Pour moi, c'était LA course. C'est pour ça que je m'en rappelle si bien. À l'époque, je ne comprenais pas grand chose à l'Histoire. Mais désormais, avec le recul, faire partie de cette Histoire, c'est incroyable”.

Faites partie de quelque chose de grand

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Michael Schumacher , Jacques Villeneuve , Scott Goodyear , Christian Fittipaldi
Équipes Andretti Autosport
Type d'article Actualités