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Notre verdict sur le DLC payant 2026 du jeu F1 25

Motorsport.com a pu tester, avant sa sortie, le DLC 2026 de F1 25. Alors, que vaut cette plongée d'EA Sports et Codemasters dans la nouvelle réglementation ?

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Pour la première fois depuis l'arrivée de la licence F1 dans le giron de Codemasters (racheté par EA Sports en 2021), le développeur ne sort cette année pas de jeu à part entière mais mise "simplement" sur un DLC payant pour que les amateurs puissent profiter des nouveautés de la saison 2026.

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Un choix étonnant, d'autant plus une année de grand changement réglementaire où l'argument commercial principal - comme en 2022 - semblait tout trouvé : nouvelles F1, nouvelle façon de faire la course, etc. Ce pack 2026 additionnel réussit-il tout de même à se montrer suffisamment intéressant pour justifier son achat avant un possible grand chambardement pour la licence en 2027 ? Tentons de répondre à cette question.

Nouvelles écuries, nouveaux pilotes

Audi, ainsi que Cadillac, sont désormais de la partie dans F1 25.

Audi, ainsi que Cadillac, sont désormais de la partie dans F1 25.

Photo de: EA Sports

Le "Season Pack 2026" présente quatre arguments de vente. L'on va d'abord très vite passer sur deux d'entre deux, tout aussi incontournables que peu impactants sur le jeu lui-même : évidemment, Audi et Cadillac, les deux "nouvelles" écuries sont désormais présentes, portant donc la grille à 22 voitures dans tous les modes sauf My Team, où vous formez la 12e écurie. Et, évidemment, les changements de line-ups (Isack Hadjar chez Red Bull, Arvid Lindblad chez Racing Bulls et les retours de Sergio Pérez et Valtteri Bottas) ont été pris en compte.

Les voitures 2026 en elles-mêmes ont toutes été modélisées, à un stade plus ou moins avancé de leur développement, même si des changements interviendront encore après la sortie du pack via une mise à jour.

Rien de tout cela ne surprend et c'est bien entendu le strict minimum, presque cosmétique, que ce contenu téléchargeable à 29,99 euros sur console et 24,99 euros sur PC (pour peu que vous possédiez déjà F1 25, sinon il faudra débourser 59,99 euros sur console et 49,99 euros sur PC) doit offrir.

Se frotter au pilotage des F1 2026

Passons ensuite au plat de résistance : la représentation du règlement technique 2026 dans le jeu lui-même. Soyons clair : c'est évidemment l'aspect le plus important de ce pack qui, en dehors de ça, n'amène aucune vraie nouveauté au jeu de base.

Pour autant que la nouvelle formule s'est accompagnée, dans la réalité, de nombreuses critiques, il fallait pour les équipes du studio s'atteler à la tâche d'en extraire la substantifique moelle pour modifier l'expérience de jeu manette ou volant en main, sans aller trop loin dans la complexité.

Sur ce plan, si l'on se fie à ce que l'on a vu en piste et ce que l'on a entendu des pilotes, nous avons tendance à considérer que le travail est plutôt réussi. Restant un jeu tourné vers le grand public et ne se voulant donc pas une simulation pure et dure, l'on oserait dire que la grande complexité de la réglementation a été suffisamment bien "simplifiée" pour impacter la façon de jouer afin de se rendre compte d'à quel point la différence est flagrante.

Les panneaux

Les panneaux "SM" pour "Straight Mode" ont évidemment fait leur apparition avec l'aérodynamique active.

Photo de: EA Sports

Pour vous dire, en lançant le jeu, un peu confiant, j'ai voulu immédiatement tenter une petite course sur le circuit de Madrid (sur lequel nous reviendrons plus tard), tout en maintenant en "manuel" l'activation de l'aérodynamique active ainsi que la gestion du boost et de l'overtake. Pourtant habitué de la licence qui, fut un temps, permettait une gestion assez poussée des modes moteurs et des modes de déploiement de l'ERS au tournant des années 2020, j'ai été proprement submergé par la quantité de choses auxquelles penser pour espérer être compétitif, face à des IA pourtant réglées à un niveau de difficulté assez bas.

Alors, en toute franchise, le Madring lui-même y était pour beaucoup, mais il est certain que d'emblée la façon de jouer devait être clairement différente. Ayant vite fait le choix - puisque, après tout, il ne s'agit pas d'un élément de performance relative mais d'un artifice destiné à réduire la traînée de toutes les voitures utilisées par tous les pilotes sans limitation particulière - de passer l'ouverture des ailerons en mode automatique, j'ai pu libérer un peu de "bande passante" pour comprendre à quel point la gestion de l'énergie était effectivement importante.

Le jeu tient compte des diverses méthodes de récupération, en mettant clairement l'emphase sur le lift and coast - c'est-à-dire le fait de relâcher l'accélérateur à l'abord d'une zone de freinage pour récupérer plus d'énergie en laissant la voiture sur sa lancée plutôt que de pousser l'accélération le plus loin possible - et le freinage. Votre ingénieur radio ne cesse d'ailleurs de vous le rappeler pour que les choses soient ancrées dans votre esprit.

277 km/h en sortie du 130R sans lâcher le pied de l'accélérateur : le super clipping est bien là !

277 km/h en sortie du 130R sans lâcher le pied de l'accélérateur : le super clipping est bien là !

Photo de: EA Sports

Et, je suis sûr que cela ravira beaucoup d'entre vous, le super clipping est également de la partie, même s'il ne permet en général pas de récupérer une grande quantité d'énergie et ne se montre pas aussi marqué que dans ce qu'on a pu voir jusqu'ici dans la réalité. C'est en faisant ma seconde course, sur le circuit de Melbourne, que je l'ai expérimenté, revivant en tant que joueur ce moment étrange vécu en tant que téléspectateur quand, dans la pleine charge avant la chicane rapide des virages 9 et 10, j'ai commencé à plafonner très vite avant de perdre de la vitesse tout en voyant que je récupérais de l'énergie en étant pourtant à fond sur l'accélérateur.

En dépit d'une expérience relativement courte, le jeu en lui-même arrive vite à faire ressentir un peu de ce qu'est le pilotage au volant de ces F1 : outre le fait qu'il faut bien plus de gestion de l'énergie, il y a une alternance entre des moments assez grisants et des moments frustrants.

Comme cette situation où, à la sortie de Tamburello à Imola (le circuit, malgré son absence au calendrier 2026, est jouable avec les nouvelles F1), à la faveur d'une lutte entre Russell et Leclerc devant moi qui se trouvaient à gauche et au milieu de la piste, j'ai pris le parti d'utiliser plus de boost que prévu pour revenir à leur hauteur et leur faire l'extérieur à l'entrée dans la chicane Villeneuve.

Puis, deux tours plus tard, j'ai été tout bonnement enrhumé par Verstappen et Russell dans la pleine charge de départ/arrivée menant vers Tamburello parce que je n'avais plus l'énergie pour me défendre pendant qu'eux jouissaient du surpuissant mode Overtake.

Malgré son absence au calendrier, Imola est bien jouable avec les F1 2026.

Malgré son absence au calendrier, Imola est bien jouable avec les F1 2026.

Photo de: EA Sports

Chacun aura son obédience sur la gestion d'énergie du règlement 2026, mais il nous a paru clair que le pack 2026 de F1 25 en avait au moins très bien saisi l'essentiel et en restituait l'essence. D'un point de vue de joueur, épargné contrairement aux pilotes par l'immense complexité réelle de la gestion de tous les paramètres de ces monoplaces, l'expérience est intéressante.

L'on se prend parfois à envisager effectivement sur plusieurs virages, voire sur un tour entier, la façon dont on va organiser son lift and coast et son utilisation du boost pour se défendre et attaquer. Il y a un indéniable côté gratifiant à le réussir et frustrant à y échouer, le tout étant aussi dépendant du circuit sur lequel vous jouez (à Monaco, par exemple, vous pouvez maintenir le boost enclenché en permanence sans jamais manquer d'énergie, ce qui neutralise cet aspect).

Au-delà de la gestion de l'énergie et de sa nécessaire centralité, le comportement général des voitures est également plus nerveux. C'est particulièrement vrai en réaccélération quand l'antipatinage n'est pas complet, où le turbo lag semble avoir été simulé avec des décrochages relativement violents si la réaccélération est un peu brusque. Le freinage paraît également moins simple, ce qui ne manque bien sûr pas de rappeler là aussi la réalité.

Madring, un circuit qui porte bien son nom

Le Madring est un circuit pour le moins surprenant.

Le Madring est un circuit pour le moins surprenant.

Photo de: EA Sports

L'autre nouveauté intéressante, à un degré moindre, c'est la curieuse découverte du circuit de Madring. Le tracé madrilène tel qu'il apparaît dans le jeu, offre un défi assez détonnant tout au long de ses 22 virages et 5,4 km. Ce qui (d)étonne d'emblée, c'est le dénivelé dans certaines portions, assez peu typique des circuits "urbains" modernes. Ses enchaînements sont aussi parfois assez déroutants car finalement peu habituels.

L'on a l'impression au fil des tours parcourus d'avoir affaire à un mélange entre Bakou, Zandvoort, Sotchi ou Singapour, où il n'est pas aisé de parvenir à faire un tour propre tellement les défis se succèdent vite. Toutes proportions gardées, il y a un petit côté "Monjuïc" à voir un circuit urbain espagnol présenter de tels changements de dénivelés.

Si l'on prend le dernier cas d'un circuit qui avait été accessible en virtuel avant de l'être en réel, à savoir Hanoï sur F1 2020, on est bien, bien loin de l'expérience fade de la piste vietnamienne, qui ressemblait à s'y méprendre à ce qu'allait devenir Miami et n'offrait pas vraiment de quoi être subjugué.

On jugera sur pièce dans la réalité, mais clairement, sur ce pack 2026, le Madring ne laisse pas indifférent et propose quelque chose de différent. Pas sûr, cependant, que les courses y soient très passionnantes avec autant de virages et de portions étroites qui risquent de limiter les dépassements.

Concernant la façon dont ce pack 2026 s'insère dans le jeu de base, notons plusieurs points : que ce soit en Carrière ou en My Team, il faudra, pour débuter, faire un choix entre les règles 2025 et 2026. Aucune partie précédemment débutée via la saison 2025 ne sera convertie vers 2026, puisque les deux pans du jeu sont séparés.

Le Madring ne sera disponible que dans le cadre de la réglementation 2026. Dans ces modes de jeu, les programmes en essais et les objectifs de course s'adapteront à l'ERS et à l'aérodynamique active selon l'année de départ que vous choisissez.

Le DLC 2026 sera disponible dans trois autres modes : Contre-la-montre (où vous n'aurez pas à gérer la batterie car elle sera toujours à 100%), Grand Prix et dans des parties multijoueur non classées. En revanche, il ne sera pas supporté dans les modes F1 World Series, Carrière en coop, Multijoueur classé ou Ligues.

Conclusion

Ailerons avant et arrière à plat, nous sommes bien en 2026.

Ailerons avant et arrière à plat, nous sommes bien en 2026.

Photo de: EA Sports

Le Season Pack 2026 répond indubitablement à son cahier des charges en proposant, sur la base indispensable du jeu F1 25, une expérience résolument différente et ancrée dans la réalité du règlement 2026. 

Au-delà des changements cosmétiques, il y a à notre sens un vrai intérêt à découvrir le pilotage qu'impose la gestion de l'énergie et il sera intéressant de voir comment cela impactera les courses - sérieuses - entre humains en online.

On regrettera cependant que l'interaction entre le DLC et le jeu de base ne soit pas parfaite, et que les F1 2026 ne soient pas disponibles dans tous les modes de jeu, ce qui semblerait tout de même être un minimum...

Si vous achetez chaque année le nouvel opus de la série et que vous possédez donc F1 25, les moins de 30 euros à débourser en cette fin de printemps pour vous procurer ce DLC ne semblent pas jetés par la fenêtre. Vous aurez droit à un jeu "à jour" et à la découverte d'une autre façon d'y jouer.

Si vous n'avez pas F1 25, le meilleur argument est que vous aurez presque "deux jeux en un" en déboursant 60 euros sur console et 50 euros sur PC. 

Dans tous les cas, on ne saurait trop vous conseiller, si la curiosité vous titille et que vous en avez les moyens, de vous atteler à cette expérience pas dénuée d'intérêt dans le cadre d'un écrin qui reste d'une facture correcte si l'on tient compte de l'aspect grand public du jeu de base, déjà évoquée dans notre test de l'an passé.

Si en revanche vous exécrez les F1 2026, en rester au jeu de base vous évitera la frustration de cette gestion électrique parfois envahissante.

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