Quatre anneaux, quatre dates : le meilleur d'Audi au Mans

Audi aux 24 Heures du Mans, c'est une ère de domination qui s'étend de 2000 à 2016 avec pas moins de 13 victoires au compteur. Parmi ces succès, certains ont marqué l'Histoire. Nous en avons sélectionné quatre... à revivre notamment en vidéo.

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24 Heures du Mans 2000

La première est toujours la plus savoureuse. C'est ce qu'affirme le Docteur Ullrich, emblématique patron d'Audi Sport, lorsqu'il évoque l'impressionnante série de 13 victoires décrochées par la marque dans la Sarthe. "Ma préférée sera toujours la première, car remporter les 24 Heures du Mans était l'objectif principal lorsque nous avons lancé le projet", dit-il. "Nous n'aurions jamais imaginé que nous pourrions gagner au Mans à 13 reprises, car il y a eu une période avant 2000 où nous ne savions même pas comment faire pour gagner une fois."

En arrivant au Mans, Audi n'a surtout pas manqué d'humilité et ne considérait pas que l'affaire était entendue d'avance. "Ce n'est pas que je ne croyais pas en notre préparation, c'est plus que j'avais énormément de respect pour la course", explique Emanuele Pirro. "Nous n'avions jamais bouclé de test de 30 heures sans le moindre problème, alors je n'osais pas penser que nous pouvions gagner."

Finalement, Audi a dominé la classique mancelle cette année-là, pour sa deuxième participation. Ses trois R8 aux couleurs du drapeau allemand ont écrasé la course avec un triplé retentissant et une victoire décrochée par Tom Kristensen, Emanuele Pirro et Frank Biela. Derrière la marque aux anneaux, le grand vide : 24 tours d'écart avec la Courage C52 de l'équipe Pescarolo Sport !

24 Heures du Mans 2006

Après avoir laissé la main à des structures privées, qui continuèrent de faire triompher la R8, Audi a fait son retour avec un programme d'usine aux 24 Heures du Mans en 2006. Le constructeur avait choisi une motorisation turbo diesel qui constituait un saut dans l'inconnu : personne n'avait encore conçu de moteur de course diesel sur-mesure de la sorte, et les sceptiques quant au fait que ce soit possible étaient très nombreux, y compris chez certains motoristes.

Lors des essais préliminaires, la R10 connut un sérieux problème électronique avec l'injection de carburant. À tel point que le patron du département moteur d'Audi Sport, Ulrich Baretzky, resta en contact permanent avec le sous-traitant Bosch la semaine de la course. "Chaque matin, sur le parking, nous avions une audioconférence avec Bosch à Stuttgart", raconte-t-il. "Nous connaissions le problème mais nous ne savions pas comment le régler."

Le pessimisme était tel qu'Audi a choisi de s'en tenir à des moteurs qui semblaient être ceux présentant le moins de problèmes. C'est ainsi que la décision fut prise d'utiliser le même moteur dans chaque voiture pour les qualifications et la course. À l'époque, c'était tout sauf habituel ! Les problèmes d'injection ont refait surface pendant la course, retardant le prototype partagé par Tom Kristensen, Allan McNish et Rinaldo Capello. Cependant, confiée à Emanuele Pirro, Frank Biela et Marco Werner, l'autre voiture parvint à s'imposer avec quatre tours d'avance sur la Pescarolo C60.

24 Heures du Mans 2008

Et si l'édition 2008 était le casse du siècle ? On pourrait presque le penser car cette année-là, Audi a décroché une victoire qui semblait plus que jamais promise à Peugeot. Le constructeur français disposait alors clairement de la voiture la plus rapide en conditions normales… sauf qu'Audi avait vu la pluie arriver.

Avec de telles prévisions, il fallait dans un premier temps assurer l'essentiel pour ensuite être en mesure de profiter de la situation. "Nous avons tout misé dès le départ", se souvient Allan McNish. "Nous étions à la limite dans tous les domaines pour essayer de suivre les Peugeot. Nous avons même utilisé la cartographie 'Safety Car' à partir du virage du Karting [jusqu'à la ligne de chronométrage] pour nous assurer de faire un tour de plus que prévu [par relais]."

C'est ainsi que, lorsque la pluie arriva sur le circuit de la Sarthe, Audi était toujours au contact des Peugeot. Une bénédiction qui demanda toutefois à Allan McNish, Tom Kristensen et Rinaldo Capello de se battre jusqu'au bout pour prendre le dessus. "Je me souviens avoir analysé les stratégies des deux voitures sur l'ordinateur, et les deux lignes étaient globalement superposées après 24 heures", explique McNish. "Tom était dans la voiture à la fin, et je n'ai jamais été aussi nerveux."

24 Heures du Mans 2011

Trois ans après la victoire sensationnelle de 2008, Audi a de nouveau terrassé Peugeot – qui ne s'était toutefois pas privé de prendre sa revanche en 2009. Cette fois-ci, les circonstances étaient cependant très différentes. L'Audi R18 TDI et la nouvelle génération de la Peugeot 908 évoluaient à un niveau quasi similaire, à ceci près que le prototype allemand bouclait un tour de moins par relais avec son plein de carburant. Pour compliquer la tâche, la marque aux anneaux se retrouva privée de deux de ses trois voitures avant la mi-course, toutes deux éliminées dans des accidents spectaculaires pour Allan McNish et Mike Rockenfeller.

Les espoirs de succès reposaient donc uniquement sur les épaules d'André Lotterer, Benoit Tréluyer et Marcel Fässler. "C'était à fond du début à la fin, et je crois qu'il y a eu un changement de leader plus de quarante fois. C'était un thriller", décrit Lotterer. Audi emporta la mise en devançant de seulement 13 secondes la Peugeot partagée par Sébastien Bourdais, Pedro Lamy et Simon Pagenaud. C'est un peu plus que les six secondes de marge dont disposait Lotterer après l'ultime salve d'arrêts au stand !

Pour Ralf Juttner, patron du Joest Racing qui accompagnait l'engagement d'Audi, cette édition reste la plus belle. "J'étais moins impliqué dans le roulage des voitures cette année-là et on dirait que j'ai passé l'essentiel de mon temps dans la salle des commissaires", se souvient-il. "Nous avons réussi à nous en tirer sans aucune pénalité, même lorsque j'étais certain que nous allions écoper d'un passage par les stands ou d'un stop-and-go : nous avions dépassé dans la voie des stands, dépassé avec les quatre roues en dehors de la piste. Et nous nous en sommes sortis à chaque fois. Une seule pénalité nous aurait probablement coûté la victoire. Je considère ça comme ma victoire au Mans. Je me suis dit après la course que j'aurais dû être avocat."

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