Il y a 25 ans : le Grand Prix que Schumacher ne voulait pas courir
En 2001, quelques jours seulement après les attentats du 11 septembre, la F1 insista pour maintenir son Grand Prix d'Italie à Monza. Michael Schumacher y était réfractaire, avant de se laisser convaincre.
Photo de : LAT Images
Rétro : Dans l'Histoire des sports méca
Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.
Il y a 25 ans, le Grand Prix d'Italie se déroulait dans une ambiance particulièrement pesante. Le circuit de Monza, habituellement si propice aux démonstrations de joie des tifosi, était devenu le lieu du futile à l'échelle de ce que le monde venait de vivre. Le week-end du 16 septembre 2001, la planète entière était encore sous le choc des attaques terroristes perpétrées aux États-Unis le 11 septembre, ayant fait des milliers de victimes.
Difficile, évidemment, de laisser le sport reprendre ses droits dans un tel contexte. Une situation devenue encore plus lourde lorsque, quelques heures avant le Grand Prix, le monde de la Formule 1 apprenait le terrible accident dont avait été victime Alex Zanardi en CART, l'ancien pilote Williams perdant ses jambes sur le Lausitzring.
Alors que l'ère de domination de Michael Schumacher lançait ce début de 21e siècle, la voix du champion allemand portait forcément plus que d'autres. L'Allemand n'avait pas vraiment envie que la course se déroule avec une telle chape de plomb au-dessus du paddock, un avis toutefois pas partagé par l'ensemble du plateau à l'époque. La F1, elle, avait décidé de s'en tenir à la fameuse maxime "The show must go on".
J'étais dans la voiture, mais en réalité j'étais ailleurs.
Le samedi, Juan Pablo Montoya signa le meilleur chrono des qualifications devant les deux Ferrari de Rubens Barrichello et Michael Schumacher. Avant de rejoindre une grille marquée par les témoignages de soutien au peuple américain et de s'installer dans une Ferrari vierge de tout sponsor, au museau entièrement noir en signe de deuil, le pilote allemand envisagea très longtemps de ne pas se présenter au départ.
"J'y ai certainement pensé", confia Michael Schumacher près d'un an plus tard. "C'était une période clé de ma vie, avec les attaques des Twin Towers et la blessure dramatique d'Alex Zanardi. C'était difficile de remonter dans la voiture et de piloter à nouveau, comme si rien ne s'était passé."
"Je n'en avais pas envie et j'aurais préféré être ailleurs que là, à piloter. J'avais le sentiment que c'était envoyer un mauvais signe que de piloter à Monza après ce qui s'était passé. J'étais très hostile, mais ensuite j'ai décidé de prendre la piste, même si mon cœur n'y était pas. J'étais dans la voiture, mais en réalité j'étais ailleurs."
Photo de: Motorsport.com
Ce dimanche 16 septembre 2001, Juan Pablo Montoya s'imposa sans trembler au volant de sa Williams-BMW, décrochant du même coup sa toute première victoire en Formule 1. Michael Schumacher, lui, termina quatrième de cette course qu'il ne voulait pas disputer.
Deux semaines plus tard, la Formule 1 se rendait, hasard du calendrier, aux États-Unis pour courir à Indianapolis. Un Grand Prix qui rassura le futur septuple champion du monde quant à la décision prise quelques jours plus tôt de tout de même courir à Monza.
"Il était important de prendre en compte le fait que la vie continuait, de faire tous les efforts possibles pour que de tels événements ne se reproduisent plus", expliqua l'Allemand. "Je me suis senti réconforté lorsque, quelques jours plus tard, nous sommes allés aux États-Unis pour le Grand Prix, où j'ai vu que les Américains, bien que bouleversés, géraient ce choc."
"J'ai vu des gens qui étaient prêts à recommencer, avec une grande force d'âme et le besoin de normalité et d'un nouveau départ."
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