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"Monsieur Horner cherche du travail" : Vasseur répond aux rumeurs chez Ferrari

Frédéric Vasseur, directeur de l'écurie Ferrari, estime que les spéculations sur son avenir détournent son équipe de son travail.

Frederic Vasseur, directeur de la Scuderia Ferrari, avec Christian Horner, Team Principal, Red Bull Racing

Photo de : Sam Bloxham / Motorsport Images

En Italie, Ferrari est presque la deuxième religion du pays : chaque fois qu'elle n'est pas à la hauteur de ses grandes ambitions, les spéculations sur la menace qui pèserait sur ses dirigeants ne tardent pas à apparaître.

Après avoir affiché des signes très encourageants lors des essais hivernaux et des premiers Grands Prix ayant suivi la refonte de la réglementation en 2026, Ferrari s'est retrouvée dans un no man's land sur le plan de la compétitivité, comme l'ont illustré à Bakou les quatrième et sixième places de Charles Leclerc et Lewis Hamilton, loin des voitures de tête.

L'écurie est deuxième du championnat constructeurs, mais nettement derrière Mercedes et désormais sous la menace de McLaren et Red Bull.

La victoire de Hamilton à Barcelone reste le point fort de la saison, mais elle accentue encore davantage la déception suscitée par les résultats obtenus sur des circuits où Ferrari pensait pouvoir briller.

L'exécution a régulièrement fait défaut, notamment avec l'absence de tentative pour donner l'aspiration aux deux voitures en qualifications au Grand Prix d'Italie, puis de nouveau en Azerbaïdjan. Hamilton a également critiqué à plusieurs reprises le manque de rigueur de l'équipe, même si cela doit être replacé dans le contexte de sa volonté de voir Ferrari soutenir ses ambitions déclinantes au championnat.

La direction de l'équipe est donc inévitablement scrutée et Vasseur est depuis longtemps confronté aux rumeurs concernant son avenir, alors même que son contrat court jusqu'à fin 2027. Celles-ci se sont intensifiées ces derniers jours, même si l'on comprend que les affirmations selon lesquelles il serait "progressivement poussé vers la retraite" ne proviennent pas réellement de chez Ferrari.

Christian Horner

Christian Horner

Photo de: James Sutton / LAT Images via Getty Images

Mais d'où viennent-elles ? Indubitablement d'une source qui poursuit un objectif précis ou, comme c'est souvent le cas dans ce genre de situation, de médias italiens qui n'ont pas beaucoup d'autres sujets importants à traiter autour de Ferrari.

Cette nouvelle vague de spéculations coïncide avec une interview accordée au Times par l'ancien directeur de Red Bull, Christian Horner, pour promouvoir ses mémoires, dont la publication est prévue le mois prochain. Il y reconnaît que son souhait de détenir une participation au capital de l'entreprise est une condition préalable à son retour à un poste à responsabilités.

"J'ai été un employé", a-t-il déclaré. "J'ai passé 21 ans sur le muret des stands. Je n'ai pas besoin d'y retourner... À ce stade de ma vie, il n'y a qu'une seule équipe pour laquelle j'accepterais de ne pas participer au capital. Est-ce que j'envisagerais Ferrari ? Ferrari est la plus grande marque en Formule 1. C'est le rêve. Et c'est sans doute le géant endormi de la Formule 1."

Interrogé après le Grand Prix d'Azerbaïdjan sur le fait que les spéculations constantes concernant son poste mettaient l'équipe sous pression, Vasseur a répondu avec son habituel humour pince-sans-rire.

"Nous ne travaillons pas dans une sérénité parfaite, si c'est la question", a-t-il déclaré. "Pour moi, d'abord, mais aussi pour tout le monde dans l'équipe, pour les médias, 50% des questions portent là-dessus, et je pense que c'est un peu frustrant."

Frédéric Vasseur

Frédéric Vasseur

Photo de: Alex Pantling / LAT Images via Getty Images

"Nous nous battons pour la deuxième place du championnat. Au bout du compte, nous parlons tous beaucoup de cela [des rumeurs], et même pour les gars dans le garage, discuter de ça n'est pas la meilleure conversation que nous puissions avoir. Mais c'est comme ça, ce n'est pas entre mes mains."

"Monsieur Horner cherche du travail, tout le monde le sait, partout. Mais que puis-je faire ? Simplement essayer de faire de mon mieux pour pousser l'équipe, leur demander d'être motivés, de se concentrer sur ce qui est le mieux aujourd'hui et de ne pas perdre de temps avec les ragots. Mais à chaque interview, 25 fois par jour, je pense qu'on revient là-dessus."

Les médias en F1 ont tendance à fonctionner en vase clos, particulièrement à cette période de la saison où les spéculations sur les transferts de pilotes pour la saison suivante sont devenues un sujet épuisé. Une simple rumeur peut ainsi finir par prendre des allures de fait à force d'être répétée.

Charles Leclerc, John Elkann et Frédéric Vasseur.

Charles Leclerc, John Elkann et Frédéric Vasseur.

Photo de: Simon Galloway / LAT Images via Getty Images

Mais Ferrari a déjà écarté des dirigeants avec un préavis très court. Vasseur lui-même avait été nommé à la place de Mattia Binotto, qui avait "démissionné" fin 2022, au terme d'une saison durant laquelle Ferrari avait connu une trajectoire similaire de déclin sur le plan de la compétitivité. Un sacrifice humain est souvent nécessaire lorsqu'un projet est considéré comme défaillant.

Horner le sait lui-même très bien : dans ses mémoires, il attribue son éviction aux luttes internes entourant le changement de politique chez Red Bull après la mort de Dietrich Mateschitz, combinées à la fin brutale d'une période de domination sur le plan sportif. Dans son interview au Times, il reconnaît qu'il est un "personnage qui ne laisse pas indifférent", tout en soulignant son palmarès en matière de succès.

Interrogé sur un éventuel retour dans le paddock la saison prochaine, il a répondu : "Je ne sais pas. Je suis à la fois le remède et le problème."

Il existe un contraste saisissant entre l'actuel directeur de Ferrari, assailli de toutes parts par les questions concernant son avenir, et le gentleman qui profite de son temps libre, tout en gardant ses options ouvertes depuis le cadre convivial de son manoir du 18e siècle dans l'Oxfordshire.

"Je suis dans une situation très privilégiée qui me permet de me montrer sélectif", a-t-il déclaré. "Si je ne fais rien, je peux vivre ici pendant tout le temps qu'il me reste sur cette planète, et simplement me demander s'il va pleuvoir pour que l'herbe reste bien verte ou non."

"Mais est-ce que cela me comblera ? Non. Je sens toujours qu'il y a une autre danse. Et Toto a besoin qu'on lui ébouriffe sérieusement les cheveux."

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