Moto disparue et accusations diverses : Barberá et son team en conflit

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Moto disparue et accusations diverses : Barberá et son team en conflit
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9 avr. 2019 à 14:30

Entre une moto étrangement absente du stand dimanche matin et un pilote s'alarmant du manque de moyens de son équipe, l'union entre Héctor Barberá et le Team Toth a tourné court.

C'est un conflit peu commun qui secoue actuellement le paddock Supersport, opposant Héctor Barberá et son équipe, le team Toth. Dimanche, l'Espagnol n'a pas pris part à la course d'Aragón, et pour cause : pendant que les autres pilotes préparaient l'épreuve, dans le stand de Barberá se trouvait la Guardia Civil, appelée par l'équipe hongroise car la moto avait tout bonnement disparu.

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Manquant à l'appel pour cette troisième course de la saison, le pilote n'a pas tardé à réagir en postant un long message accusateur sur les réseaux sociaux. Il y a invoqué le manque de moyens de son équipe, le non-paiement des mécaniciens et même la dangerosité de la situation avec un matériel qu'il juge dépassé.

"Ce qui avait commencé comme un rêve se termine comme un cauchemar. Les problèmes de paiement et de respect de l'accord entre ce qui aurait dû être notre sponsor principal et l'équipe font que cette aventure en Supersport se termine aujourd'hui, à domicile, lors d'une course pour laquelle j'étais particulièrement enthousiaste et que je ne pourrai pas disputer", a-t-il écrit.

Indiquant avoir reçu pour le début de saison une machine qui était "pratiquement une moto de route", dotée du "minimum indispensable sur la partie technique", le pilote espagnol s'est félicité d'avoir réussi à obtenir la quatrième place lors de la manche d'ouverture, à Phillip Island. "Après cette course, les problèmes financiers ont commencé et j'ai dû disputer la course de la Thaïlande avec peu de pièces de rechange et un moteur ayant parcouru trop de kilomètres. Ici, la situation est la même", ajoutait-il.

 

"Ils m'avaient promis qu'en Aragón j'aurais les moyens de bien faire, et non seulement un moteur neuf mais même deux moteurs. Mais quand nous sommes arrivés, nous nous sommes retrouvés dans une situation où nous n'avions pas de moteur, pas de moyens, et durant tout le week-end j'ai pu boucler dix ou 12 tours", expliquait encore Barberá, auprès de Marca.

Après avoir réalisé 17 tours au cumul des trois séances d'essais libres, l'Espagnol s'est qualifié 12e lors de la Superpole, puis la situation a basculé. "Samedi soir, nous avons cherché, avec Yamaha, des moteurs chez différentes équipes", a-t-il expliqué au journal espagnol. "Nous avons même pensé aller chercher des pistons chez un concessionnaire officiel Yamaha pour faire le moteur dans le paddock. […] Nous sommes allés jusqu'à appeler en Allemagne et prévoir un voyage avec un préparateur afin d'avoir un moteur dans le premier vol du matin."

"Nous n'avons pas regardé les coûts, qui sont à notre charge. Moi je n'allais pas toucher d'argent, je le savais à l'avance, mais les mécaniciens, eux, avaient trouvé un accord financier. Les courses passent et nous voyons que les mécaniciens ne touchent rien", poursuivait-il. Et d'ajouter : "Déjà, le fait de prendre le départ sans avoir pratiquement fait de tours, c'était parce que [je voulais] courir devant les fans et la famille. Et puis, on s'est réveillé [dimanche] matin avec un Whatsapp du technicien : 'La moto n'est pas dans le box'. Très triste."

Le patron de l'équipe réplique

Hector Barbera, Team Toth by Willirace

Beaucoup d'accusations, auxquelles Imre Toth, ancien pilote et patron de l'équipe, a réagi en passant à son tour à l'attaque. "Héctor ne voulait pas disputer cette course avec cette moto, alors il a pensé qu'il valait mieux prendre la moto et dire aux médias et aux fans que la moto n'était pas là et qu'il ne pouvait pas courir", affirme celui-ci au micro de Teledeporte. Et de poursuivre auprès de Marca : "C'est une bonne moto, avec de bons mécaniciens. On a pu voir que nous avions obtenu de bons résultats. Je ne sais pas ce qui est arrivé à Héctor. À 2h du matin, j'ai reçu un message disant qu'il ne voulait pas courir, que la moto était une merde."

Se défendant d'avoir dépassé le kilométrage limite du moteur Yamaha, Imre Toth a aussi répondu aux attaques sur le plan financier, indiquant : "Dans le contrat entre Héctor et moi, il est stipulé qu'il court gratuitement, que je n'ai pas à le payer, il n'y a donc pas de problème économique."

Chaque clan multiplie donc les attaques et nie dans le même temps toute responsabilité, et la seule chose qui soit désormais actée est que le divorce est bel et bien consommé entre Barberá et le Team Toth. "Je suis quatrième du championnat [après Buriram, ndlr] et je crois qu'avec un matériel normal, j'aurais pu être très compétitif et atteindre ce qui était mon objectif pour cette année, qui était surtout de prendre du plaisir et de me sentir à nouveau un pilote. L'équipe aussi avait cette envie, du patron jusqu'au dernier mécanicien", regrettait encore le pilote espagnol dimanche sur les réseaux sociaux, exprimant sa "colère et [son] impuissance".

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En attendant d'en savoir plus sur cette affaire, encore trouble, nous reverrons Héctor Barberá en piste le week-end prochain, mais cette fois en Superbike. L'Espagnol remplacera en effet Tati Mercado au guidon de sa Kawasaki, l'Argentin étant indisponible pour une fracture du scaphoïde.

"Je pense que le WorldSBK est ma catégorie. Le team coche toutes les bonnes cases et je suis plus que prêt. Parfois la vie vous offre une opportunité comme celle-ci et je veux en tirer le maximum", déclare Barberá.

Le Team Toth, lui, ne sera pas au rendez-vous, toujours sans moto et désormais sans pilote.

Avec Charlotte Guerdoux

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Séries WSBK
Pilotes Héctor Barberá
Équipes BMW Team Toth
Auteur Léna Buffa
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