Mahias : "J'ai travaillé pendant dix ans pour ce moment"

Pour sa première saison dans la catégorie, Lucas Mahias a remporté le titre en Supersport au terme d'un championnat où il a épaté le paddock par sa régularité.

Après les deux sacres décrochés en Moto2 par Johann Zarco en 2015 et 2016, on voyait mal un Français de nouveau s'imposer sur la scène mondiale en 2017 alors que le Cannois allait faire ses débuts en MotoGP.

Et c'est un peu contre toute attente que Lucas Mahias a assuré la continuité de la success story actuelle du clan tricolore, en remportant le Championnat Supersport au terme de la dernière manche au Qatar, après un ultime duel haletant face au maître de la catégorie, Kenan Sofuoglu.

Un véritable exploit puisque Mahias participait à sa première saison pour le compte de Yamaha, après avoir participé à l'European Superstock 600 et à deux manches du Superbike l'an dernier. Et malgré l'absence de son rival turc lors de quatre des 12 manches de cette saison, le duel s'est surtout porté sur le terrain psychologique entre les deux hommes, comme le confirme le Landais. "C'est difficile de se battre avec Kenan Sofuoglu", a-t-il ainsi reconnu auprès du site officiel du Superbike. "Je ne l'ai pas beaucoup combattu en piste, mais c'était un combat mental. Je me suis battu avec le roi de la catégorie 600cc […]. Mais il a beaucoup de respect, et il m'a félicité."

Certes, le quintuple Champion du monde de la discipline présente au final un meilleur total de victoires, avec pas moins de cinq succès acquis en six courses, entre Assen et Portimão, contre deux au Montois, mais il ne faut pas oublier que ce dernier a également fini sur la même période à cinq reprises sur le podium, pour totaliser sur l'ensemble de l'année neuf arrivées dans le top 3.

Dès la première épreuve, à Phillip Island, Mahias a annoncé la couleur en livrant bataille pendant la majeure partie de la course face à Roberto Rolfo pour le gain de la victoire. Un premier mano a mano perdu, avant le premier de ses deux triomphes, en Aragón, le week-end même où Sofuoglu faisait son retour à la compétition après s'être remis d'une blessure à l'entraînement durant l'intersaison. "Phillip Island a été un très bon moment, car je me rappelle que les batailles en course ont été incroyables", se rappelle ainsi celui qui arbore le numéro 144. "Ma première victoire en Aragón également, et quant au Qatar, c'est le summum de la saison."

Cependant, le moment pivot de cette année demeure sa course à domicile, à Magny-Cours début octobre, lorsque le Français a pris l'ascenseur émotionnel durant un week-end à rebondissements, qui a d'abord semblé consacrer Sofuoglu, avant de finalement le mettre dans une position favorable pour le titre.

Le tournant de Magny-Cours

Mais à l'évocation de la manche disputée dans la Nièvre, c'est un sentiment plutôt partagé qui envahit le Champion Supersport 2017. "L'un de mes pires moments a été ma chute lors des EL3 à Magny-Cours, parce que c'était ma course à domicile, et j'avais très mal au poignet", se souvient-il. "Pour moi, le championnat était terminé à ce moment-là. Mais ensuite, il y a eu l'accident de Kenan. Magny-Cours est un très mauvais moment, mais à l'inverse, la course a été un très bon moment."

Sofuoglu absent pour deux courses, Mahias a alors eu tout le loisir de se forger une avance décisive pour l'issue du championnat, avant d'officialiser la chose de la plus belle des manières à Losail en signant sa seconde victoire de l'année. L'accomplissement d'une décennie de dur labeur. "J'ai eu beaucoup de stress pour remporter ce championnat, et maintenant c'est fini, je suis Champion du monde", déclare le Français, visiblement soulagé. "J'ai travaillé pendant dix ans pour ce moment. C'est le rêve de ma vie. J'ai commencé la moto il y a dix ans, et mon rêve c'était d'être Champion Supersport."

On pourrait opposer aux sceptiques, qui pensent que Mahias ne doit sa victoire finale qu'aux nombreux forfaits de son adversaire turc, que c'est rapidement oublier que le Français n'en était qu'à sa toute première année dans la catégorie en 2017.

De quoi laisser supposer que le meilleur reste encore à venir. "L'an prochain, mon objectif sera le même : remporter le championnat, mais le remporter sans que Kenan se blesse, et avec plus de victoires, car finalement, cette année je n'ai gagné que deux courses", assène Mahias, toujours à la recherche d'un nouveau défi. "Mais l'an prochain sera différent, car j'aurai les données, la moto ne sera pas nouvelle, et j'aurai une année [de passée] avec l'équipe et la moto, et bien sûr ce sera plus facile."

Il sera en effet intéressant de voir si le Landais sera capable de défendre sa couronne face à un Sofuoglu qu'on imagine facilement surmotivé pour l'an prochain. Et avec désormais une année d'expérience derrière Mahias, nul doute que le duel entre les deux hommes promet déjà d'être savoureux.

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