WRT vise les podiums avec Rossi : "Le reste viendra naturellement"

Valentino Rossi fait ce week-end son entrée en lice en GT World Challenge Europe, à l'occasion de la manche de trois heures disputée à Imola. Vincent Vosse, son nouveau patron chez WRT, qui engage l'Audi R8 #46, s'est confié à Motorsport.com pour évoquer un rookie forcément pas comme les autres. Entretien.

WRT vise les podiums avec Rossi : "Le reste viendra naturellement"
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Avez-vous le sentiment de travailler avec une superstar ?

Nous savons tous que c'est une superstar. C'est le Valentino que vous connaissez, que nous connaissons tous après ses 26 années passées en MotoGP. Il est très facile à vivre, humble également. Il est déjà très bien intégré dans l'équipe.

Comment s'est passé ce processus d'intégration ?

C'est quelqu'un de très curieux. Il veut tout savoir, il est passionné par les sports mécaniques, il les connaît très bien. Il connaît l'histoire de notre sport. L'intégration dans l'équipe s'est faite en douceur. Comme je l'ai dit, il est très humble. Il s'entend très bien avec tout le monde, surtout ses deux coéquipiers.

Y a-t-il des fans de Valentino Rossi dans l'équipe, qui désormais travaillent avec lui ?

Je dirais que je suis le premier. Je suis un fan de tous les sports mécaniques, je regarde le MotoGP depuis plus de 20 ans. Je l'ai vu évoluer depuis son premier titre mondial avec Honda, puis son passage chez Yamaha. On n'aime pas les sports mécaniques si l'on n'a pas de respect pour quelqu'un comme Valentino. Tout le monde dans l'équipe est très heureux de l'avoir. Et oui, il y a des fans de lui dans l'équipe.

Valentino Rossi lors de la présentation de sa livrée au Castellet.

Valentino Rossi lors de la présentation de sa livrée au Castellet.

Arrive-t-il avec de grandes ambitions ?

Il est très humble pour entamer ce nouveau chapitre. Il a beaucoup d'expérience et il sait comment gérer les choses, particulièrement la pression. C'est quelqu'un qui veut réussir dans ce qu'il fait. Il sait que c'est un énorme challenge, mais il est prêt.

Quel serait selon vous un objectif réaliste pour cette première saison ?

Je dirais que nous devons viser quelques podiums. Le reste viendra naturellement. Tout ce qui viendra en plus serait du bonus. Mais le podium constitue déjà un objectif assez important.

Il n'y a donc pas la crainte qu'il aborde ça comme un passe-temps ?

Je pense que ce sera sa façon de faire, il va se lancer dans l'aventure.

C'est un rookie forcément un peu particulier, avec beaucoup d'expérience dans différentes disciplines. À quel point est-il différent d'un rookie "normal" ?

Comme vous le dites, il ne part pas de zéro. Il a beaucoup d'expérience et beaucoup de connaissances. Il gérera la pression. Ce n'est pas un gamin de 17 ans qui arrive du karting ou de la Formule 4. Il a déjà énormément d'expérience. Nous ne devrions pas en attendre trop, car il disputera une saison complète sur quatre roues pour la première fois de sa vie. Il y a une courbe d'apprentissage. Il y aura probablement des erreurs ici ou là. Il y aura des circuits qu'il préférera à d'autres, comme tout pilote. Mais la manière dont il gère les choses et dont il se prépare sera différente.

Diriez-vous qu'il va préférer des circuits comme Misano, Barcelone ou Valence ? Ou bien la différence entre deux et quatre roues est telle que cela n'aura pas d'importance ?

Nous sommes déjà allés sur des circuits qu'il connaît très bien, comme Misano, et il y en a qu'il découvre. Pour lui, c'est comme avec n'importe quel autre pilote. Il aime certains virages plus que d'autres. Mais il faut attendre une saison complète pour voir quels circuits il aime. Pour la plupart des pilotes, les sensations concernant un circuit proviennent du résultat. On peut ne pas aimer un circuit, mais si l'on y signe des bons résultats, alors on est heureux d'y retourner. Sur ce point, il n'est pas différent d'un autre pilote.

Un rookie au centre de toutes les attentions...

Un rookie au centre de toutes les attentions...

Parlons de ses coéquipiers, Frédéric Vervisch et Nico Müller. Quel était le critère pour les sélectionner ?

Avant toute chose, il y a le chrono. Nous connaissons Fred et Nico depuis longtemps et nous avons toujours apprécié travailler avec eux. Nous avons décidé ensemble qui serait le meilleur choix. Fred et Nico ont été choisis et nous pensons que c'est la bonne décision.

Valentino est d'une génération antérieure à tout ce qui est informatisé. A-t-il utilisé vos outils de simulation ?

Vous pouvez être sûr qu'il utilise le simulateur. Il a passé beaucoup de temps dedans pour s'entraîner et découvrir de nouveaux circuits. Même si ce n'est pas de sa génération, je dirais qu'il est plus jeune qu'il en a l'air dans ce domaine.

Diriez-vous qu'il aurait pu faire une grande carrière sur quatre roues, peut-être même en Formule 1, s'il s'était reconverti plus tôt ?

Probablement. Quiconque accomplit une si grande carrière est à part. S'il était passé à la voiture… Nous savons tous qu'à un moment de sa carrière, il y avait des décisions importantes à prendre, sur le fait d'aller en Formule 1 ou pas. Mais il a décidé de rester à moto, c'était sa vie jusqu'à maintenant. C'était la bonne décision, et il a accompli énormément de choses après l'avoir prise. Mais oui, je suis certain qu'il aurait connu un certain succès en Formule 1.

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