Le 4x4 Mini, un "bon véhicule" qui "peut faire l'affaire" selon Roma

À bientôt 46 ans et à l'approche de sa 22e participation sur le Dakar, Nani Roma estime disposer des armes nécessaires pour venir remettre en cause l'hégémonie de Peugeot.

Pour Nani Roma, la 40e édition du Dakar va avoir de sérieux airs de retour vers le futur. L'Espagnol va retrouver en effet en 2018 le volant d'une Mini du team X-Raid, après un passage éphémère chez Toyota au sein de l'équipe Overdrive.

L'équipe allemande a pris le pari pour la prochaine épreuve d'aligner deux solutions techniques distinctes, à savoir un buggy et un 4x4. Et c'est sur cette dernière option que s'est porté le choix de Roma, du fait que la nouvelle réglementation technique devrait davantage favoriser les quatre roues motrices, notamment en termes de masse.

Pas suffisant cependant pour satisfaire l'homme de 45 ans, qui aurait souhaité un resserrement encore un peu plus important entre les deux types de véhicules. "On en veut toujours plus", a-t-il ainsi admis, auprès de Motorsport.com. "J'aimerais avoir 300 mm de suspension au lieu de 280, 50 kg de moins… Il ne faut jamais se contenter de ce qu'on a dans la vie. Mais l'être humain est comme cela, et je crois que nous devons être honnêtes avec nous-mêmes. Nous savons que nous avons un bon véhicule, et qu'il peut faire l'affaire."

En première ligne face à Peugeot

Quatrième du dernier Dakar et premier concurrent ne faisant pas partie du clan Peugeot qui avait trusté le podium, Roma se sait attendu comme le premier opposant aux buggies de la marque au lion.

D'autant plus qu'il est passé tout près d'un succès lors du Rallye du Maroc, début octobre, duquel il a terminé à la troisième place, dans le sillage du vainqueur, Nasser Al-Attiyah (Toyota) et de Sébastien Loeb (Peugeot).

Une dernière répétition grandeur nature que l'Ibère n'a cependant pas disputé avec la dernière version de la Mini, ce qui lui laisse de bons espoirs de se montrer encore plus compétitif en janvier sur les routes d'Amérique du Sud.

Interrogé sur la possibilité de battre Peugeot pour ce qui sera la dernière participation du constructeur français sur la classique du rallye-raid, Roma estime l'objectif réalisable. "Je crois que oui, mais Peugeot a également progressé", nuance-t-il. "Nous avons pu constater au Maroc que quand Peugeot tire sur la corde, ils peuvent avoir des problèmes de fiabilité. Nous allons voir. Je m'attends à un Dakar très dur, et s'il est dur, nous allons souffrir, mais aussi les buggies qui sont un peu plus délicats [à piloter]."

S'il n'a donc pas encore eu l'occasion de piloter la version 4x4 de la Mini en course, Roma a néanmoins eu un premier aperçu lors d'essais réalisés récemment en Europe centrale, et qui se sont révélés positifs même si les différences sont notables avec ses précédents bolides. "J'ai été le premier à l'essayer au début du mois de septembre, en Hongrie. C'est un concept différent. Quand tu arrives sur les nids-de-poule, la conduite, le confort… c'est différent."

Une chose est sûre : son retour chez Mini marque l'ouverture d'un nouveau chapitre dans l'histoire qu'entretient Roma avec le Dakar. De quoi détenir un surplus de motivation dans la course à la victoire finale. "De fait, le Dakar est un bon espoir", explique-t-il. "Un nouveau Dakar t'apporte toujours des choses nouvelles, et si tu es content du projet, des espoirs que nourrissent les gens de l'équipe."

L'espoir et les découvertes perpétuelles sur soi-même et sur les trésors de l'épreuve sont réels, même pour un double vainqueur de l'épreuve (en 2004 en moto sur KTM, et en 2014 en auto dans une Mini). Autant de sources de motivation alors que l'Espagnol aborde sa 22e participation. "Le fait d'avoir la sensation d'apprendre chaque jour des choses nouvelles, de s'apercevoir qu'on ne sait pas tout", énumère-t-il comme autant de forces motrices qui le poussent à courir. "Après 22 Dakar, savoir que l'autre sera différent. Il y a toujours cette part d'aventure, d'émotions générales. Je ressens toujours cette adrénaline lorsque je pénètre dans la voiture. J'ai toujours envie de voir la voiture pour la première fois. Cela te faire te sentir vivant et enthousiaste à l'idée de continuer à courir."

Et à voir le sourire qui barre son visage à la simple évocation du Dakar, nul doute qu'en dépit d'une présence sur l'épreuve de plus de deux décennies, Roma détient toujours ce feu sacré en lui.

Interview de Sergio Lillo

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