Analyse - Ecclestone et l'avenir de la F1 à la TV

Bernie Ecclestone a répondu aux questions de Motorsport.com sur l’avenir de la diffusion TV de la Formule 1.

Bernie Ecclestone, grand patron de la Formule 1, a assuré qu’il n’avait pas l’intention de retirer complètement la diffusion TV des Grands Prix des chaînes publiques et gratuites, en dépit de l’attrait financier formidable qu’offrent les chaînes payantes.

Il y a de cela quelques années, les écuries de F1 exigeaient que la couverture télévisuelle soit entièrement offerte gratuitement, car cela booste les audiences, ce qui plaît aux sponsors.

Néanmoins, l’arrivée réussie sur le marché de chaînes payantes, comme Sky, a bouleversé l’état des lieux, car elles sont disposées à offrir beaucoup d’argent aux propriétaires des droits commerciaux.

On a donc vu apparaître un nouvel ordre où la couverture des Grands Prix est divisée entre les chaînes payantes qui diffusent les courses en direct, et les chaînes publiques gratuites qui proposent des résumés, et quelques fois un peu de direct.

L’arrivée sur le marché de chaînes comme Sky inquiète bien des fans, qui craignent qu’Ecclestone choisisse de transférer toute la diffusion TV de la F1 sur des chaînes payantes. Cela obligerait les fans à payer pour regarder les courses, ou à abandonner tout simplement la F1, ce qui est déjà le cas dans certains pays, dont la France.

Après avoir annoncé une entente de deux ans avec la chaîne publique allemande RTL vendredi, Ecclestone a clairement indiqué que la façon actuelle d’offrir la F1 sur les chaînes de télé fonctionnait parfaitement bien.

Cela signifie, par exemple, que les Britanniques continueront à suivre la F1 sur les ondes de la BBC et de Sky une fois l’actuel contrat terminé en 2017. Toutefois, on pourrait noter une augmentation de la diffusion TV à la demande.

“Il y a un bon bout de temps de cela, j’ai dit à M. [Juan Antonio] Samaranch, alors qu’il était le président du C.I.O., que la diffusion TV des jeux Olympiques devrait être offerte non seulement sur abonnement, mais aussi sur demande”, a déclaré Ecclestone à Motorsport.com.

“Il a plein de pays qui désirent regarder des choses différentes à la télé. C’est cela qui arrivera un jour, j’en suis certain. Je suis convaincu qu’il y aura toujours une cohabitation entre les deux. Il y aura toujours la télé publique, mais il y aura une cohabitation. Et je crois que les gens voudront probablement regarder les deux. Ils ne regarderont pas uniquement l’un, ou l’autre. Quand ils peuvent le faire, ils le font”.

Le modèle actuel de la télévision est encore valable

La création par Ecclestone d’un empire mondial de la F1 reposait initialement sur son exploitation des formidables droits TV. Toutefois, les jours glorieux d'audiences spectaculaires semblent être derrière nous. Mais Ecclestone demeure convaincu qu’il est encore possible de conclure de bonnes ententes.

“Nous avons plusieurs intérêts, un peu partout dans le monde. Plusieurs pays désirent avoir une course. La critique provient du fait que les audiences sont en baisse”, d’ajouter Ecclestone.

“Par contre, toutes les audiences sont en baisse, partout dans le monde, dans tous les domaines. Le seul sport qui soit en hausse, je crois, est la Premier League anglaise. Mais il ne s’agit pas de tous les matchs ; seulement les plus gros et les plus importants”.

Et les réseaux sociaux?

Le désir d’Ecclestone de protéger la valeur marchande des droits TV de la F1 a déclenché une vague de scepticisme quant à son intérêt à fournir du bon contenu aux réseaux sociaux.

Le négativisme d’Ecclestone envers des réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook lui a valu pas mal de critiques. On a toutefois noté un subtil changement d’attitude de sa part à ce sujet depuis le début de la saison. Il a daigné consacrer un peu plus d’efforts sur le site web officiel de la F1, et a même commencé à poster des clips vidéo sur YouTube et Twitter afin de tenter d’interagir avec les fans.

Motorsport.com lui a demandé si la réponse favorable des amateurs allait le rendre plus réceptif aux médias sociaux.

“J’aimerais savoir si ce que nous faisons fonctionne bien ou pas. On me dit que cela fonctionne. Alors nous allons voir. Malheureusement, nous ne pouvons avancer aucun chiffre ou résultat. Nous ne savons tout simplement pas”.

Pour quelqu’un aussi exigeant qu’Ecclestone, trouver un avantage aux réseaux sociaux n’est pas facile à faire. D’ailleurs, il ne demeure pas entièrement convaincu à ce sujet.

“Je suis sûr que cela marche. Par contre, si c’est le contraire, alors nous stopperons tout…”, de conclure Ecclestone.

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Séries Formule 1
Type d'article Analyse
Tags ecclestone, fom, sky, television