Course - Rosberg avec assurance; chemin de croix pour Ferrari

Nico Rosberg a converti sa pole position en victoire au GP du Mexique en donnant le rythme de course devant Hamilton. Survivant à un contact avec Räikkönen, Bottas complète le podium.

Le défi pour tous est de survivre au premier tour, où les pièges sont nombreux, entre un premier freinage au bout de la très longue ligne droite et les conditions d’adhérence délicates dans les portions sinueuses des deux derniers secteurs. Respectivement relégués en P18, P19 et P20 sur la grille, les trois Champions que sont Alonso, Räikkönen et Button ont tout à gagner avec leurs unités de puissance neuves devant 120'000 spectateurs.

A l’extinction des feux, Rosberg parvient à conserver le commandement, tandis que Vettel doit s’incliner sur une attaque de Kvyat dès les premiers mètres. L’autre Red Bull de Ricciardo touche la Ferrari dans le premier virage et provoque une crevaison à celle-ci.

Vettel voit le peloton le dépasser inexorablement et doit passer par les stands pour chausser un train de medium au terme du premier passage. Il est rejoint par Alonso dans les stands : pour l’Espagnol, c’est l’abandon définitif : les rapports ne se passent pas correctement.

Les Mercedes s’échappent seules

Alors que les commissaires sportifs sont rapides à conclure à un incident de course sans responsabilités directes entre Vettel et Ricciardo, Rosberg donne le rythme de tête. L’Allemand se place hors de la zone d’activation du DRS de Hamilton dans les premiers kilomètres. Les Mercedes se détachent vite devant les deux Red Bull de Kvyat et Ricciardo, elles-mêmes devant Bottas, Verstappen, Massa, Pérez, Sainz et Hülkenberg.

C’est dès le huitième tour que Bottas passe aux stands pour chausser le composé medium avec l’espoir de réaliser l’undercut sur les Red Bull. Comme trop souvent, le choix stratégique de Williams parait une nouvelle fois fort contestable tant il est anticipé. Massa et Hülkenberg imitent Bottas dans le passage suivant, mais les leaders tourneront...plus de 15 boucles de plus.

Après 10 tours, L’avance de Mercedes sur Red Bull se porte déjà à plus de 7 secondes. Un écart qui augmente irrémédiablement à 15 secondes au 20ème passage. Hamilton se fait distancer tour après tour, jusqu'à 3'0s derrière Rosberg. 

 

Räikkönen et Bottas s’accrochent ; Vettel nerveux

A l’attaque loin derrière et ayant fait savoir qu’il n’appréciait pas la décision des commissaires concernant ses malheurs du départ, Vettel enchaine les chronos dans les temps des Mercedes, avec le mélange pneumatique le plus dur. L’Allemand remonte jusqu’à la 11ème position mais est victime d’un tête-à-queue dans les Esses du second secteur, dans le 18ème passage : la Ferrari chute de nouveau au 16ème rang.

Après le premier acte de Sotchi, Bottas et Räikkönen se frottent une nouvelle fois bien comme il faut dans le virage 6, au 23ème passage. Le pilote Williams, derrière, tient la ligne intérieure en entrant dans la courbe mais voit son compatriote refermer la porte et ne peut éviter un contact avec la roue arrière droite de la Ferrari, dont la suspension ne peut résister au choc. C'est l'abandon pour Räikkönen, et une revanche pour Bottas. Une nouvelle fois, les commissaires, menés par Marc Blundell, concluent à un incident de course.

Mercedes passe enfin aux stands

C’est enfin au 27ème passage que Rosberg, leader, passe aux stands pour chausser le pneu medium. Le contraste avec la stratégie de Williams apparait encore plus flagrant : Mercedes a tout simplement aligné 20 tours de plus avec le composé tendre! Hamilton s’arrête au T28 et ressort second : il lui faudra reprendre trois secondes passer son équipier en piste s'il veut remporter le Grand Prix.

Les deux équipiers Mercedes se rendent coup pour coup dans les 10 boucles suivantes : l'écart est toujours de 3'0s au 40ème des 70 passages. Concentré, Rosberg intime son ingénieur de rester silencieux quand celui-ci tente de l'interpeller sur le niveau d'usure des pneus. Loin derrière, une bataille stratégique se poursuit entre Kvyat, Bottas, Massa et Ricciardo, séparés de 7'0s.

"Arrête-toi, c’est un ordre!"

"On passe au plan B", annonce pourtant Mercedes à ses pilotes dans la radio. Rosberg s’arrête ainsi au T47 pour un second arrêt que l’on n’avait pas vu venir et repasse le mélange medium. "Je pense que c’est la mauvaise décision", insiste-t-il après son arrêt.

A l’aise, Hamilton ne comprend pas non plus la requête après s’être pourtant senti à l’aise avec le composé tendre en début de course. Le medium est supposé durer plus longtemps. "Puis-je demander pourquoi ?", interroge-t-il, désireux de rester en piste quelques boucles de plus pour prendre le commandement. "C’est pour des raisons de sécurité, c’est l’usure. Arrête-toi dans ce tour, c’est un ordre", lui répond le muret des stands.

Safety-Car à 18 tours de l'arrivée!

Ce qui était une avance confortable tout l'après-midi fond comme neige au soleil lorsque la Voiture de Sécurité fait son entrée, au 53ème des 71 passages : Sebastian Vettel a perdu sa Ferrari dans une barrière de TechPro dans les Esses sur ce qui ressemble à une défaillance de freins. L'après-midi cauchemardesque de Ferrari a pris fin de manière brutale.

Les rivaux de Mercedes se ruent dans la voie des stands : Kvyat ressort P3, devant Bottas, Ricciardo, Massa, Hülkenberg, Pérez, Verstappen et Grosjean. 

La neutralisation du Pace-car est longue : la course est enfin relancée après 5 tours au ralenti. Bottas s'offre Kvyat au premier freinage et monte virtuellement sur le podium. Il faut retrouver le feeling avec les pneus : les deux Mercedes font une courte excursion hors-piste sans dommages en deux points différents du circuit dans la 59ème boucle! Nasr est victime de ses freins et doit mettre pied à terre.

Sprint sur les 10 derniers tours

Force India a tenté un coup lors de l'intervention du Pace Car en n'arrêtant pas Pérez : P8, le Mexicain doit gérer ses enveloppes jusqu'au terme quand tout le monde est engagé dans un sprint final. 

Rosberg se donne vite une avance cruciale d'un peu plus d'une seconde, suffisante pour rester hors de la zone d'activation du DRS de Hamilton. L'Anglais se charge de maintenir la pression sur son équipier dans les 4 dernières boucles, espérant une redite du scénario d'Austin, où Rosberg avait perdu seul le commandement en fin de course. Mais l'Allemand garde ses esprits et franchit la ligne en vainqueur, pour la première fois depuis le GP d'Autriche, en juin.

 Réaction

Formule 1 - Grand Prix du Mexique 2015
 PiloteEcurieTempsPts
01   N. Rosberg   Mercedes 71 tours 25
02   L. Hamilton   Mercedes +1.9 18
03   V. Bottas   Williams +14.5 15
04   D. Kvyat   Red Bull +16.5 12
05   D. Ricciardo   Red Bull +19.6 10
06   F. Massa   Williams +21.4 8
07   N. Hülkenberg   Force India +25.8 6
08   S. Pérez   Force India +34.3 4
09   M. Verstappen   Toro Rosso +35.2 2
10   R. Grosjean   Lotus +37.9 1
11   P. Maldonado   Lotus +38.5  
12   M. Ericsson   Sauber +40.1  
13   C. Sainz   Toro Rosso +48.7  
14   J. Button   McLaren +49.2  
15   A. Rossi   Manor + 2 tours  
16   W. Stevens   Manor + 2 tours  
    F. Nasr   Sauber Abandon  
    S. Vettel   Ferrari Abandon  
    K. Räikkönen   Ferrari Abandon  
    F. Alonso   McLaren Abandon  
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Événement GP du Mexique
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Circuit Autodromo Hermanos Rodriguez
Type d'article Résumé de course
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