Ecclestone : "Je demandais trop d'argent" aux circuits

Ce week-end, Bernie Ecclestone fait sa première apparition dans le paddock depuis qu'il a été écarté de la direction de la F1 par son nouveau propriétaire, Liberty. L'occasion pour les médias, dont Motorsport.com, de lui poser quelques questions...

Bernie, selon vous, que vont faire les nouveaux propriétaires pour améliorer le spectacle ?

Sans vouloir manquer de respect à qui que ce soit, il n'y a pas grand-chose que j'aurais pu faire ou que vous puissiez faire pour améliorer les courses. Si Ferrari se porte bien et si Red Bull se porte bien, les courses vont s'animer et le public sera intéressé.

Mercedes, en revanche, est toujours au rendez-vous.

L'autre jour, je disais à quelqu'un que la taille des pneus était la même il y a cinq ans. Les gens disent : "Oh, les pneus plus larges vont faire quelque chose de spécial", mais ils sont pareils qu'avant. Tous les ans, on touche à certains éléments, on rajoute des pièces ou on en enlève. On n'a pas énormément changé les voitures.

Étiez-vous d'accord pour enlever la Malaisie du calendrier ?

Je me suis mis d'accord avec eux à ce sujet avant que Liberty ne soit impliqué.

Pas de sanction financière ?

Non.

Que pensez-vous d'Alonso aux 500 Miles d'Indianapolis ?

C'est sûrement bien pour lui. Je pense que si j'avais pu persuader McLaren de ne pas le laisser partir, je l'aurais fait. J'aurais dit : "Attends que ton contrat soit fini, puis tu feras ce que tu veux. Mais on est au beau milieu de la saison de Formule 1 et tu es pilote de Formule 1". Mais je n'aime pas le voir en fond de grille, de toute façon.

Sur qui pariez-vous pour le titre mondial cette année ?

Lewis.

Chase Carey veut rendre les spectateurs heureux

Bernie Ecclestone

Y aura-t-il 25 courses par saison un jour ?

J'ai fait de mon mieux pour que ça n'arrive pas. Les équipes n'auraient jamais...  Cela aurait coûté une fortune de faire ça. Chaque écurie aurait besoin d'une autre équipe.

Quel est donc le nombre idéal ? 20 ?

Oui, c'est bien suffisant.

Liberty peut-il rentabiliser la F1 avec 20 courses ?

Je ne sais pas. Je n'ai pas l'impression qu'ils fassent les choses pour l'argent, et c'est bien, alors que moi, c'était mon cas. Je gérais la compagnie pour essayer de gagner de l'argent pour les actionnaires. Il ne semble pas que ce soit la motivation de Chase et de Liberty. Il veut rendre les spectateurs heureux, je pense.

Mais une entreprise n'a-t-elle pas besoin d'un retour sur investissement ?

Oui, mais on peut baratiner pendant quelques années. Je pense que ça va s'améliorer. Il faut attendre quelques années pour que les gens commencent à dire que vous n'avez pas fait ce que vous pensiez faire.

Ils peuvent donc s'en tirer pendant cinq ou six ans en disant que ça va s'arranger ?

Ouais.

Puis ils devront avoir des résultats.

Je n'aimerais pas être chargé d'obtenir des résultats pour une société anonyme de nos jours. Je suis désolé pour Chase qu'il doive faire ça.

Bernie Ecclestone, avec Chase Carey, Président du Formula One Group et Flavio Briatore

Que pensez-vous du retour de la F1 en Turquie ?

C'est bien.

Cette décision va-t-elle dans la bonne direction ?

C'est un bon circuit, qui n'a aucun défaut.

Est-ce encore votre circuit ?

Non.

Aviez-vous un bail, ou étiez-vous propriétaire ?

Nous avions un accord.

Les tribunes ont toujours été un peu vides...

C'est pour ça que nous sommes partis, parce que selon mon accord avec le gouvernement, il fallait 200'000 personnes. J'ai dit que si ce n'était pas le cas, il fallait qu'ils compensent ce qu'il manque. Cela représentait beaucoup d'argent et ils ne voulaient pas le faire. Nous avons dû partir. Nous sommes partis pour une raison commerciale.

Est-ce un compliment pour vous que Liberty ait dû recruter trois personnes pour faire votre travail ?

Non, j'étais idiot.

Que pensez-vous de l'équipe actuelle ?

Je n'ai jamais rencontré Sean [Bratches, responsable commercial]. J'ai vu Ross dix minutes cette année, mais je le connaissais déjà, évidemment. Et je suis désolé pour Chase pour ce baptême du feu.

Vous êtes consultant, vous pouvez les guider...

Non.

Ce n'est pas le cas ?

Non. Ils ne m'ont jamais rien demandé.

Les aideriez-vous s'ils vous le demandaient ?

Je l'ai fait ce matin, j'ai discuté d'un ou deux sujets avec Chase.

Pourriez-vous les partager avec nous ?

Non. Quoi que ce soit, ils ne diront pas qu'ils en ont parlé avec moi, de toute façon.

Quand c'était moi qui gérais, le spectacle que nous fournissions ne valait pas les sommes d'argent que nous exigions.

Bernie Ecclestone

La F1 vous manque-t-elle ?

Quand j'ai convaincu les gens de construire cet endroit et tous les autres endroits, je me sens un peu responsable. Je leur ai demandé trop d'argent pour ce que nous fournissons. Donc je me sens un peu responsable. Donc quand ils me demandent quelque chose, j'essaie de les aider. Cela n'a rien à voir avec Liberty. Quand c'était moi qui gérais, le spectacle que nous fournissions ne valait pas les sommes d'argent que nous exigions.

Est-ce la raison pour laquelle la moitié des nouveaux circuits sont partis ?

Sûrement. Les gens n'arrivent pas à faire fonctionner la situation.

Vous demandiez donc trop d'argent.

Ouais.

Vous étiez peut-être un trop bon négociateur...

Je suis vendeur de voitures d'occasion !

Christian Horner, Team Principal, Red Bull Racing, discute avec Bernie Ecclestone, président d'honneur Formula 1
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