Édito - Formule 2, nouveau départ !

Peu à peu, la FIA redessine le paysage des formules de promotion pour créer une échelle claire et cohérente de la Formule 4 à la Formule 1.

Pour le GP2 Series, principale antichambre de la Formule 1 depuis sa création en 2005, cela signifiait un changement de nom. En marge du Grand Prix de Bahreïn, c'est rebaptisée en Formule 2 que la discipline a lancé sa saison 2017, après des négociations qui ont traîné en longueur mais ont fini par se concrétiser, notamment grâce au rachat de la F1 par Liberty Media.

La FIA réalisait ainsi un coup majeur dans son projet d'échelle complète de la Formule 4 (où l'on retrouve désormais douze championnats soutenus par la fédération, basés sur presque tous les continents) à la Formule 1.

Plus accessible pour les journalistes F1

Malgré ce que l'on pourrait croire, la Formule 2 conserve pour l'instant tout ce qui faisait d'elle le GP2. Même voiture (réduction des coûts oblige), même règlement, même paddock.

La principale différence avec l'ère précédente, ce sont les conférences de presse. Ces dernières se tiennent désormais au même endroit qu'en Formule 1, ce qui permet aux stars de la catégorie de se mettre en évidence devant les médias du monde entier. Une idée certainement approuvée par Liberty.

Le contraste est frappant avec le dispositif précédent. C'est dans l'hospitalité GP2 qu'avaient lieu ces conférences de presse devant de rares journalistes, se comptant sur les doigts de la main. Il m'est même arrivé d'y être seul avec les pilotes et les attachées de presse.

Ce n'est pas forcément par manque d'intérêt général envers la Formule 2. La distance qui sépare la salle de presse F1 et le paddock F2 varie selon les circuits, et quand il faut se rendre d'un bout à l'autre du tracé comme à Silverstone, il n'est pas forcément étonnant que les journalistes F1 ne fassent pas le déplacement. Le nouveau dispositif va donc développer l'accessibilité et la couverture médiatique. On ne peut que souhaiter que le GP3 en bénéficie également.

Conférence de presse d'après-course : le vainqueur Artem Markelov, RUSSIAN TIME, le deuxième Norman Nato, Pertamina Arden, le troisième Charles Leclerc, PREMA Racing
Conférence de presse en mode F1 pour Artem Markelov, Norman Nato et Charles Leclerc, après la première course de la saison

Quid du GP3 ?

C'est d'ailleurs une place un peu ambiguë qu'occupe désormais le GP3 Series, créé en 2010 pour être la voie d'accès privilégiée au GP2, dans le paysage des formules de promotion. Car si le GP3 ne fait pas partie du projet de la FIA, c'est bien lui qui, comme d'habitude, va évoluer aux côtés de la F2 sur les Grands Prix européens, au moins jusqu'à fin 2018.

La grille du GP3 a toutefois tendance à se déplumer, tout comme celle de la F3 Europe. Six équipes d'un côté, cinq de l'autre, et 19 monoplaces dans les deux cas. La fusion, qui est évoquée pour 2019, pourrait avoir du sens pour ces deux championnats théoriquement situés au troisième échelon des formules de promotion.

Encore faudrait-il concilier les différents avantages et inconvénients de chacun : organiser les courses aux côtés de la Formule 1, aux dépens du temps de piste, qui va quasiment du simple au double si l'on compare le GP3 à la F3 Europe ? Adopter une monoplace favorisant la puissance comme la Dallara GP3/16 ou l'appui aérodynamique à l'image de la F312 ? Les dilemmes seraient nombreux.

Des grilles amaigries

La situation actuelle ne paraît en tout cas pas tenable quand l'on jette un coup d’œil au nombre de pilotes engagés dans les quatre formules de promotion majeures (dont la Formule V8 3.5). Il y a seulement deux ans, ce sont 105 monoplaces au total qui remplissaient les grilles de ces quatre championnats : 26 en GP2, 24 en GP3, 20 en Formule Renault 3.5 et jusqu'à 35 (!) en F3 Europe.

Cette saison, il n'y en a que 70 ! Certes, c'est principalement dû, d'une part, à l'interdiction d'aligner plus de quatre voitures pour les équipes de F3 Europe, où plusieurs écuries ont jeté l'éponge par ailleurs face à la domination de Prema Powerteam ; d'autre part au déclin rapide de la Formule V8 3.5, qui a perdu le soutien de Renault il y a un an – seulement douze bolides en piste cette année et un plateau extrêmement pauvre en qualité, ce que l'on ne peut que déplorer, car la Dallara T12 est une superbe monoplace malgré sa simplicité ; rapide et formatrice.

Le départ
En 2015, jusqu'à 35 pilotes au départ en F3 Europe. Pas toujours simple à gérer dans le peloton ! Au premier plan, Antonio Giovinazzi dans la Carlin #3, alors qu'un peu plus loin, on retrouve Lance Stroll et Charles Leclerc...

Or, à moins d'être soutenue par de généreux mécènes, une équipe a besoin du budget des pilotes pour survivre. Si les pilotes ne parviennent plus à se financer, comme cela semble être le cas pour un certain nombre d'entre eux maintenant, il paraît évident que les quatre championnats actuels ne vont pas pouvoir continuer à cohabiter. On peut d'ailleurs déjà douter de la survie de la Formule V8 3.5 en 2018.

Espérons néanmoins qu'une potentielle fusion du GP3 avec la F3 Europe ne ferait pas passer le nombre de formules de promotion majeures de quatre à deux. Le GP3 et la F3 Europe sont suffisamment complémentaires à nos yeux pour coexister et fournir tous deux leurs meilleurs pilotes à la Formule 2, quitte à ce que l'un d'eux soit la F3 "officielle" et l'autre une F3 Light ?

On espère également que la Formule Renault Eurocup, première étape après le karting pour certains, intermède parfait entre la F4 et les échelons supérieurs pour d'autres, va subsister. Les 30 monoplaces engagées pour 2017 sont de bon augure pour l'avenir du championnat.

Profitons !

Quoi qu'il en soit, profitons ! C'est une belle saison de formules de promotion qui s'offre à nous, déjà ouverte dans trois des quatre séries majeures.

La Formule 2, en attendant la nouvelle monoplace à moteur turbo qui devrait arriver l'an prochain, propose le baroud d'honneur d'une GP2/17 qui aura été utilisée pendant sept ans. Au fil des années sont passés à son volant les Champions français Romain Grosjean et Pierre Gasly, mais aussi Stoffel Vandoorne, pilote McLaren, et Alexander Rossi, vainqueur des 500 Miles d'Indianapolis, pour ne citer qu'eux.

Le premier meeting de la saison a été le théâtre de deux superbes courses marquées par des luttes éminemment stratégiques et des batailles acharnées en piste, avec en point d'orgue les quinze dépassements de Charles Leclerc vers la victoire en course sprint. Nous n'avons pas été en reste en F3 Europe, où un plateau extrêmement relevé a débouché sur trois vainqueurs différents en trois courses, et le GP3 devrait être tout aussi intéressant.

Jack Aitken, Callum Ilott, Charles Leclerc, Lando Norris, Oliver Rowland, George Russell, Mick Schumacher. Des pilotes soutenus par Renault, Ferrari, McLaren ou encore Mercedes. Ce sont autant de noms qui, pour ne citer qu'eux (car la liste pourrait être longue !), se distingueront à l'avenir – peut-être en Formule 1, en WEC ou en IndyCar. Mais qui, pour l'instant, continuent de faire leurs gammes dans ces fameuses formules de promotion. À suivre sur Motorsport.com !

Oliver Rowland, DAMS

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Séries Formule 1 , F3 Europe , Formule Renault , FIA F2 , GP3 , Formula V8 3.5 , Formula 4
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