Ce que nous ont appris le Grand Prix de Monaco et l'Indy 500

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Ce que nous ont appris le Grand Prix de Monaco et l'Indy 500
Charles Bradley
Par : Charles Bradley
31 mai 2017 à 11:15

Rédacteur en chef international de Motorsport.com, Charles Bradley donne son point de vue sur le Grand Prix de Monaco et les 500 Miles d'Indianapolis.

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Ferrari prend toutes les bonnes décisions

Ferrari prend toutes les bonnes décisions
1/5

Photo de: Sutton Motorsport Images

J’ai assisté à un petit moment sympathique dans le paddock de Monaco samedi après-midi, quand deux experts techniques de Ferrari ont été salués par le personnel de l’hospitalité après le doublé en qualifications. Étant tous Italiens, il n’y avait pas besoin de mots, mais l’échange de gestes parlait de lui-même : "Nous faisons tellement bien les choses !"

Il s'est agi d’un nouveau week-end de course parfaitement exécuté par le Cheval cabré. Et alors que Kimi Räikkönen peut être dégoûté d'avoir manqué la victoire – qui était attendue après avoir assuré sa première pole depuis 2008 –, il ne peut pas vraiment se plaindre que Sebastian Vettel l’ait dépassé.

Vous souvenez-vous comment Mercedes jouait cela lors de l’ère Lewis Hamilton/Nico Rosberg ? Ils donnaient à la voiture de devant la priorité sur la stratégie aux stands, et Kimi a eu des pneus neufs quand Vettel a roulé plus longtemps sur les enveloppes avec lesquelles il a débuté.

Seb a quand même gagné sur son rythme pur, allant plus vite que Räikkönen lors des tours suivants pour faire l’overcut, même si Kimi peut s’interroger sur la raison pour laquelle le muret des stands l’a envoyé dans le trafic des retardataires.

Vettel a maintenant 25 points d’avance au championnat, une victoire entière d’avance sur Hamilton, alors que nous nous approchons du tiers de la saison. Ferrari est passé devant Mercedes au niveau des points constructeurs. Qui prédisait cela ?

Le Canada sera une tout autre situation, évidemment, mais Mercedes devra rendre sa voiture "rapide mais difficile" moins "diva" pour défier la Scuderia, qui tourne enfin à plein régime.

Le spectacle de l'Indy 500 a surpassé celui du joyau de la F1

Le spectacle de l'Indy 500 a surpassé celui du joyau de la F1
2/5

Photo de: Phillip Abbott / LAT Images

On ne peut pas battre le Grand Prix de Monaco sur le faste, le style et le glamour. Mais on peut éclipser sa course, comme l’Indy 500 l’a prouvé dimanche.

Le vrai frisson de l'épreuve dans les rues de Monaco est en fait la séance de qualifications du samedi, qui a de nouveau produit un thriller, avec le trop 3 regroupé en 45 millièmes après la dernière tentative.

Comme l’a habilement fait remarquer Nelson Piquet, courir à Monaco est comme "faire du vélo dans son salon", alors que les vastes étendues d’Indy ont mis en avant une course serrée et palpitante.

Quand Monaco ce dimanche était à la limite de l’endormissement, avec la stratégie qui a largement défini l’ordre d’arrivée, Indy était tout le contraire. La présence de Fernando Alonso était évidemment le principal attrait, mais il a même été en quelque sorte éclipsé par une course effrénée et des crashes énormes.

Maintenant, la F1 va se diriger vers le Canada, avec plus de potentiel pour un dimanche après-midi passionnant étant donné les performances passées, alors que la prochaine étape de l’IndyCar est Detroit. La course de Belle Isle sera très concurrentielle, mais le public et les téléspectateurs seront une fraction de ce qu'ils ont été ce week-end.

Même si cela est démoralisant pour tous les gens concernés, le buzz créé par le facteur Alonso montre qu’il y a toujours quelque chose à offrir sur la scène mondiale.

Repensez au milieu des années 1990, et les années Mansell/Villeneuve/Zanardi/Montoya, avant que les effets de cette malheureuse séparation ne se fassent vraiment ressentir ; à l’époque, je voyais toujours cela comme une réponse américaine à la Formule 1. Mais, dans sa forme actuelle, c’est plus de la F2 qu’autre chose.

Il va falloir du temps, mais si l’IndyCar peut répéter ce qui a marché dimanche avec un calendrier stable, et peut-être regarder en dehors de ses contrées domestiques à nouveau, la belle époque pourrait revenir pour plus d’un week-end par an.

Comme au bon vieux temps pour Button et Alonso

Comme au bon vieux temps pour Button et Alonso
3/5

Photo de: Andrew Hone / LAT Images

J’ai vraiment ressenti le fait qu’il s’agissait de la course de deux mondes le week-end dernier, surtout quand Alonso – qui préparait son Indy 500 aux États-Unis – a envoyé un message radio à Jenson Button, qui allait faire son retour en F1 à Monte-Carlo, lui demandant de prendre soin de sa voiture.

Jenson a plaisanté sur le fait qu’il allait "pisser dans son baquet", et il a peut-être pu y avoir une légère fuite quand il a envoyé Pascal Wehrlein sur son flanc et dans les barrières.

Alors que Button a souffert puis a dû abandonner, handicapé par une grosse pénalité sur la grille après une performance impressionnante en qualifications, c’est Alonso qui a récolté toutes les acclamations à Indy.

Le double Champion du monde de F1 a été comme un poisson dans l’eau sur l’ovale d’Indianapolis, et semblait bien placé dans la course à la victoire sans ce qui semblait inévitable, à savoir la défaillance du moteur Honda. Quelle ironie.

Une catastrophe pour l’image de Honda, qui a été légèrement effacée par le fait que Takuma Sato s’est servi de son avantage de puissance impressionnant pour dominer Helio Castroneves dans les derniers tours.

Superbe pour Sato ; vous vous rappelez de la façon dont il a réagi à son accident du dernier tour en 2012 après avoir tenté de passer Dario Franchitti ? Cette fois, il a gagné à la dure.

Mais pour Alonso et Button, ce fut le genre de fin décevante à laquelle ils sont devenus habitués.

Verstappen n'hésite pas à tancer son équipe sur la stratégie

Verstappen n'hésite pas à tancer son équipe sur la stratégie
4/5

Photo de: Sam Bloxham / LAT Images

Après deux accidents impressionnants lors de ses deux premières tentatives, Max Verstappen a au moins terminé le Grand Prix de Monaco cette fois, mais ce n’était juste pas suffisant pour le prodige de la F1.

Red Bull a décidé d’un arrêt au stand relativement tôt, et tout comme Räikkönen l’a découvert plus tard, rester en piste avec des ultratendres durables était la marche à suivre.

Et le cycle des arrêts au stand s’est déroulé, Max se retrouvant derrière son équipier Daniel Ricciardo, entraînant le message radio sur le "p****n de désastre".

En dehors de cela, il a eu le week-end propre qu’il recherchait, mais s’est clairement mordu les lèvres quand il a dit "nous avons été malchanceux" sur la stratégie.

Christian Horner, le directeur de l’écurie, a déclaré : "La stratégie pouvait aller dans un sens ou dans l’autre, nous en avions parlé le matin. Nous avons eu un pilote heureux et un pilote moins heureux !"

Mais avoir eu un avantage de six dixièmes en qualifications sur son équipier, pour être finalement battu en course, doit être totalement exaspérant. Et il est le dernier des trois grosses équipes au classement pilotes.

Il sera intéressant de voir quelle sera sa réaction…

Dixon est un garçon très, très chanceux

Dixon est un garçon très, très chanceux
5/5

Photo de: Michael C. Johnson / Amarillo Globe News

Aucune surprise de voir que l’abandon spectaculaire de Scott Dixon lors de l’Indy 500 a fait la une des médias sportifs généralistes lundi matin, son crash aérien et destructeur ayant attiré l’attention des néophytes.

Grâce aux standards de sécurité actuels, il a pu se tirer de ce crash monstrueux, même si l’esprit s’assombrit en pensant aux possibles conséquences s’il avait été propulsé plus rapidement vers la gauche ou vers la droite.

Et que dire concernant l’évitement de Helio Castroneves, qui est passé sous la Ganassi ?

"Juste un peu froissé, c’était vraiment rude", a déclaré Dixon après ses examens médicaux. "C’était juste une embardée sauvage, il faut juste tenir. Un grand merci à Dallara pour les standards de sécurité."

Seulement une semaine après avoir été victime d’un vol à main armée après avoir signé la pole, on peut penser qu’il mérite une pause, hein…

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L'histoire derrière la photo - À l'heure pour la victoire de Vettel

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À propos de cet article

Séries Formule 1
Événement GP de Monaco
Lieu Monte Carlo
Auteur Charles Bradley
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