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Mark Webber : "Quand Frank Williams m'appelle, comment dire non ?"

Même si ce sont des souvenirs mitigés que Mark Webber conserve de son passage chez Williams, il rendait hommage à Frank Williams dans son autobiographie.

Mark Webber, Williams F1, avec Frank Williams

Frank Williams (1942-2021)

Frank Williams, emblématique fondateur de l'écurie éponyme, s'est éteint à l'âge de 79 ans. La rédaction de Motorsport.com lui rend hommage.

Il y a des choix de carrière qui changent une vie ; celui de Mark Webber rejoignant en 2005 l'écurie du regretté Sir Frank Williams en fait partie.

Les performances de Webber chez Jaguar n'avaient pas tardé à attirer l'attention de Williams, mais Juan Pablo Montoya et Ralf Schumacher étaient déjà sous contrat pour la saison 2004, et c'est donc l'année suivante que l'union s'était concrétisée... au grand dam du manager de Webber, Flavio Briatore. Ce dernier souhaitait placer l'Australien dans sa propre écurie, Renault, aux côtés de son autre poulain, Fernando Alonso.

Webber rêvait toutefois de marcher sur les traces de son compatriote Alan Jones, sacré Champion du monde avec Williams en 1980, et l'opportunité était trop belle : rejoindre l'écurie du légendaire Sir Frank, qui nous a quittés ce dimanche à l'âge de 79 ans.

"Le sport ressemble beaucoup à la vie", écrivait Webber dans son autobiographie en 2015. "En fin de compte, ce sont les gens qui sont importants : pas les chiffres, pas les statistiques, pas les politiques mesquines, mais les personnes comme Sir Frank Williams, fondateur de Williams Grand Prix Engineering, qui vivent à travers leur sport et sont dynamisées par l'envie d'exceller, quelles que soient les circonstances dans lesquelles elles se trouvent."

"Le sport ressemble beaucoup à la vie d'une autre manière importante. Parfois, le cœur l'emporte sur la raison, car le sport est émotion ou n'est rien, et parfois nos émotions nous emportent. Quand un homme comme Frank Williams m'appelle et me demande si j'aimerais courir pour lui, comment pourrais-je dire non ?"

Cependant, rien ne s'est passé comme prévu pour Webber, qui garde un souvenir exécrable de son passage a Grove. Tandis que Renault remportait les deux titres mondiaux en 2005 et 2006, Williams restait coincé en milieu de tableau, avec quatre podiums pour la dernière campagne du partenariat moteur avec BMW, puis seulement onze petits points lors du passage aux groupes propulseurs Cosworth. Webber a connu onze abandons en 2006, environ la moitié sur problème mécanique ; le pire total de sa carrière.

Mark Webber,  Williams FW28

Mark Webber (Williams FW28) en 2006

Surtout, le pilote Williams ne s'est pas senti écouté par son écurie. "Frank est une source d'inspiration : le courage et la détermination dont il a fait preuve pendant tant d'années sont phénoménaux", a-t-il ajouté. "Il est clairement l'un des personnages d'exception de ce monde. Pour vous donner une idée de son esprit de compétition, il me demandait combien de temps je mettais pour aller de chez moi à l'usine Grove, et je me suis retrouvé à essayer de battre mes chronos pour voir ce dont j'étais capable ! Mais en tant qu'écurie ? Williams n'était pas pour moi."

"Je voyais que Sam Michael [directeur technique, ndlr] était complètement surchargé, il travaillait 70 à 80 heures par semaine, et Loïc Bigois [aérodynamicien en chef] semblait être un homme qui ne voyait jamais la lumière du jour. J'ai essayé de le dire à Frank : il faut que le staff clé reste motivé et heureux, ils ont une maison à laquelle rentrer, ils ont des conjoints ainsi que des enfants, il pouvait sûrement trouver un assistant personnel à Sam pour le soulager d'une partie du poids sur ses épaules. Frank n'a rien voulu entendre. […] Je ne sais pas pourquoi Frank et Patrick me demandaient si j'avais quelque chose à dire, car ils n'écoutaient jamais ce que je disais. Ils n'avaient pas besoin d'aide, ils vivaient encore de leurs succès passés."

Webber considérait malgré tout Frank Williams comme "l'un des directeurs d'équipe les plus sensationnels de tous les temps", avec ces 16 titres mondiaux (neuf des constructeurs, sept des pilotes) et ce grave accident de la route de 1986 dont le Britannique est sorti tétraplégique mais qu'il a surmonté néanmoins.

Lire aussi :
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