Pourquoi Racing Point a choisi Nico Hülkenberg

Alors qu'elle avait accès aux deux pilotes de réserve Mercedes, l'écurie Racing Point a finalement fait appel à Nico Hülkenberg pour remplacer Sergio Pérez. Retour sur 24 heures au rythme effréné dans la structure de Silverstone.

Pourquoi Racing Point a choisi Nico Hülkenberg

Lorsque Nico Hülkenberg a perdu son baquet chez Renault, tout portait à croire que sa carrière en Formule 1 avait trouvé sa fin, mais c'était sans compter sur une pandémie de COVID-19 qui a chamboulé le monde du sport automobile. Qu'un pilote de Formule 1 titulaire contracte le nouveau coronavirus, sans être inéluctable, était loin d'être improbable, et les écuries ont pris des mesures pour s'assurer de disposer de réservistes capables de sauter dans la voiture au pied levé.

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Mercedes partage par exemple ses pilotes de réserve Stoffel Vandoorne et Esteban Gutiérrez avec les écuries Racing Point et McLaren (cette dernière sera motorisée par la marque à l'étoile à partir de l'an prochain). Lorsque la capacité de Sergio Pérez à participer au Grand Prix de Grande-Bretagne a été remise en question ce jeudi, d'abord avec un dépistage non concluant puis avec un test positif, les deux pilotes de 28 ans semblaient partir favoris pour le remplacer.

Dans un contexte où Vandoorne va disputer six courses de Formule E à Berlin du 5 au 13 août pour conclure la saison 2019-20, le Belge n'était toutefois pas disponible. Racing Point aurait donc pu se tourner vers Gutiérrez, mais il se trouve que Nico Hülkenberg était disponible, lui qui a passé cinq ans au sein de l'écurie lorsqu'elle s'appelait Force India (dont quatre comme titulaire, entre 2012 et 2016) et courait encore en F1 l'an dernier, contrairement à Gutiérrez. Racing Point n'a pas hésité outre-mesure.

"J'ai commencé à y réfléchir lorsque le premier dépistage de Checo a été non concluant", explique Otmar Szafnauer, directeur d'équipe. "Nous espérions que le test suivant soit négatif, mais s'il faut espérer le meilleur, il faut aussi prévoir le pire. Nous avons donc commencé à prévoir en parallèle avec Hülkenberg et Esteban Gutiérrez en même temps. Nous avons aussi Stoffel Vandoorne, mais il ne pouvait pas être là ce week-end car il est engagé en Formule E. C'était donc Esteban ou Nico."

"Après discussion, notre équipe d'ingénieurs a pensé que Nico serait plus approprié pour notre écurie car il nous connaît vraiment bien. Il connaît tous les ingénieurs, il connaît nos systèmes, nos procédés. Il a roulé sur notre simulateur, c'est facile pour lui de s'y remettre. Il a de l'expérience récente, ayant couru en Formule 1 l'an dernier. Et il nous fallait simplement quelqu'un qui puisse marquer des points pour nous. Nous avons donc pensé que Nico était le meilleur pilote possible."

Nico Hulkenberg, Racing Point RP20

Que Hülkenberg prenne la piste dès 11h ce matin n'était toutefois pas une mince affaire, puisqu'il venait d'arriver en Allemagne, où il allait tester une GT4 au Nürburgring, lorsqu'il a été contacté par Szafnauer. "Il a dû passer une heure à Cologne pour attraper ses bottines et un casque, et je crois que le casque en question n'était même pas à la bonne spécification", commente ce dernier. "Puis il a pris l'avion à destination de Birmingham. Il a dû arriver ici vers 19h, 19h30 hier soir."

De surcroît, les formalités administratives étaient nombreuses : renouveler la Super Licence de Hülkenberg, faire valider son contrat avec Racing Point par le bureau de reconnaissance des contrats de la FIA, et surtout lui faire passer un dépistage COVID-19, avec une séance de simulateur entre-temps. Heureusement pour lui, l'usine Racing Point se trouve juste à côté du circuit de Silverstone. Il a ensuite signé le neuvième chrono des Essais Libres 1, à six dixièmes de son coéquipier Lance Stroll, lors d'une séance qui s'est "vraiment bien" passée selon Szafnauer.

"Nous avons commencé avec cinq minutes de retard", rappelle l'Américain. "Eurofins [qui gère les dépistages entraînant l'accès ou non au paddock] nous a donné le feu vert vers 10h45, lorsque son test s'est avéré négatif. Il a ensuite fallu l'installer rapidement dans la voiture. Mais il a vite trouvé ses marques et son feedback est le même que d'habitude ; il y a de la marge pour progresser. Il y a des choses qu'il n'aime pas, d'autres qu'il aime. Espérons qu'il progressera en EL2. Bref, il était neuvième et relativement à l'aise."

Nico Hulkenberg, Racing Point RP20

Quid du prochain Grand Prix ?

Reste à savoir si Pérez pourra participer au Grand Prix du 70e Anniversaire, toujours sur le circuit de Silverstone, dans un contexte où le gouvernement britannique a fait passer ce jeudi de sept à dix jours la période de quarantaine imposée aux personnes testées positives au nouveau coronavirus ou en démontrant les symptômes. Si une quarantaine de dix jours devait s'appliquer à Pérez, dont le dépistage date selon Szafnauer de mercredi, alors il serait assurément forfait le week-end prochain.

"S'il est certain qu'il est forfait pour deux courses, alors Nico disputera les deux courses, mais il se trouve qu'il y a un peu d'incertitude, et nous ne sommes pas encore sûrs de la durée de la quarantaine, sept ou dix jours", confirme Szafnauer. "C'est l'un des obstacles. L'autre obstacle, c'est qu'il doit être testé négatif également. S'il a encore le virus et qu'il est testé positif, alors Nico sera de nouveau en piste pour la deuxième course de Silverstone."

Au volant de l'une des trois monoplaces les plus performantes du plateau, Hülkenberg a en tout cas une opportunité inespérée de se débarrasser de son triste record de 177 départs en Grand Prix sans le moindre podium. Szafnauer conclut : "Ne serait-ce pas l'ironie suprême ?"

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