Red Bull au temps des "risques" pour conserver un temps d'avance
Revenant sur le concept renouvelé de Red Bull pour la RB20, Pierre Waché a mis en avant la nécessité pour son écurie de prendre des risques pour conserver un temps d'avance sur la concurrence.
Red Bull promettait une évolution, mais la RB20 est en réalité un peu plus que cela puisqu'elle explore de nouvelles voies de développement en s'éloignant sur certains points de sa devancière. Parler de révolution est sans doute excessif à ce stade, mais il est certain que les troupes de Milton Keynes n'ont pas simplement toiletté le concept de la RB19.
Interrogé par Canal+ sur le sujet, alors que les deux premières journées d'essais ont laissé l'impression que la nouvelle Red Bull était à nouveau la référence du plateau, Pierre Waché, le directeur technique de l'écurie autrichienne, ne verse évidemment pas dans le triomphalisme et insiste sur le travail qu'il reste à fournir. Toutefois, il reconnaît volontiers que les choses se passent jusqu'ici très bien, en dépit des risques pris avec la RB20.
"On a beaucoup de travail pour comprendre le concept de la voiture, qui est un petit peu différent de celui de l'année dernière, et essayer de régler tous les problèmes qu'on peut avoir, mettre le plus de stress possible sur tous les éléments de la voiture pour voir si tout peut marcher pour une course complète. C'est beaucoup de travail. On ne sait pas encore exactement comment la performance est par rapport aux autres, mais oui, pour l'instant tout se passe bien."
La Red Bull RB20 répond jusqu'ici aux attentes de l'écurie.
Le technicien français rappelle que le choix d'une orientation technique différente répond simplement à la nécessité de s'ouvrir, pour l'avenir, des voies de développement à fort potentiel pour garder un temps d'avance sur la concurrence jusqu'à la fin de la réglementation actuelle, en 2025 : "C'est la même philosophie de voiture, mais avec des solutions qui sont un petit peu différentes, avec plus de risques au niveau du refroidissement. C'est différent, c'est plus de risque pour nous et beaucoup plus de travail en interne, mais c'est, je pense, un bon investissement pour le futur et pour les deux ans qui viennent."
"Dans ce métier, la compétition est toute relative et les autres sont très forts. Même s'ils vont vers le même concept que celui que l'on a utilisé l'année dernière, à la fin ils vont trouver des solutions meilleures que les nôtres. Donc il faut absolument qu'on avance, qu'on développe la voiture sur de nouvelles bases et avec beaucoup plus de potentiel. C'est pour ça qu'on a pris des risques, et sur deux ans il y a moyen de rattraper le risque."
"Il y a un gros objectif en 2026 avec un règlement [châssis] que l'on ne connaît pas encore, et une limitation des ressources qui est énorme avec le budget cap. Il faut jouer avec ça, par rapport à la compétition que l'on peut avoir. Ce qui est clair, c'est que la concurrence de cette année ne sera pas la même que l'année prochaine, donc tout ce qu'on apprend cette année va se transmettre sur l'an prochain, pour donner plus ou moins de ressources pour 2026 en 2025."
Maintenant on va pouvoir commencer à extraire le potentiel.
"Helmut [Marko] est très content de ce qu'on fait, c'est bien, j'en suis content. C'est mieux que quand il n'est pas content !", a plaisanté Waché, à propos du consultant Red Bull, avant de pointer la fiabilité comme une satisfaction du roulage à Sakhir. "Ce qui est important, c'est de voir que le risque que l'on a pris a marché au niveau fiabilité de la voiture. C'est déjà la plus grosse case que l'on devait cocher lors de ces essais."
"L'équilibre de la monoplace n'est pas mauvais, on a encore beaucoup de choses à régler et à extraire. Mais c'est pour ça qu'on était content, par rapport aux risques qu'on a pris : on avait des doutes, pas mal d'incertitudes sur comment la voiture se comportait", a-t-il ajouté, avant de lancer une phrase qui fera sans doute frémir la concurrence et une partie des fans : "Maintenant on va pouvoir commencer à extraire le potentiel".
"Ce qui est remarquable, c'est la corrélation par rapport aux outils de simulation et à la soufflerie à Milton Keynes. L'objectif n'est pas d'être différent, c'est de trouver de la performance. On va être assez agressif au niveau développement en début d'année, car c'est là que se fait la saison."
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