Vergne : "À Monaco, j'ai plus peur dans une FE que dans une F1"

La Formule E, plus difficile à piloter qu'une F1 ? C'est ce que pense Jean-Éric Vergne.

Vergne : "À Monaco, j'ai plus peur dans une FE que dans une F1"

Jean-Éric Vergne ne le cache pas, il prend plus de plaisir en Formule E que lorsqu'il était en Formule 1. Les monoplaces du championnat tout électrique sont certes bien moins rapides – elles tournaient en 1'31 à Monaco quand la pole position F1 a été signée en 1'10 – mais ce n'est pas forcément synonyme de facilité, comme l'explique le double champion de la discipline dans un long entretien accordé à Blackbook.

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"Piloter une Formule 1 ou une Formule E est complètement différent", analyse Vergne. "Je n'ai pas testé la nouvelle F1, mais il y a beaucoup plus d'appui, beaucoup plus d'adhérence, donc c'est difficile à dire pour moi. Mais selon mon expérience, c'est un pilotage complètement différent. Tout d'abord, on ne court pas sur le même type de circuit, à part Monaco."

"Par exemple, à Monaco, j'ai plus peur avant un tour de qualifications dans une Formule E que dans une Formule 1, même si je vais bien plus vite dans une F1. Avec la F1, il y a énormément d'adhérence, on arrive à la sortie du tunnel à 280 km/h, on freine au panneau 100 mètres, on peut mettre une forte pression sur les freins. En Formule E, la voiture est lourde, elle est quand même assez puissante, mais elle n'a aucune adhérence. Les pneus que nous avons sont des pneus conçus pour le sec. Ces pneus ne sont pas slicks, ils ont donc une adhérence très limitée. Cela rend la voiture très délicate."

Jean-Eric Vergne, DS Techeetah

Surtout, Vergne apprécie la hiérarchie serrée de la Formule E, où 18 concurrents sont en lice pour le titre (dont le pilote DS Techeetah, 12e avec 27 longueurs de déficit sur le leader Nyck de Vries) à l'approche de l'ultime rendez-vous de la Saison 7, ce week-end à Berlin. Un aspect qui contraste grandement avec ce qu'a connu l'ancien protégé de Red Bull en Formule 1 où, faute de voiture capable de jouer le podium, son meilleur résultat en 58 Grands Prix était la sixième place, tandis qu'il a signé la pole position dès son premier E-Prix à Punta del Este.

"Ce que j'aime en Formule E, ce qui n'est pas le cas en F1, est que plus d'équipes peuvent se battre pour la pole position et pour la victoire", poursuit Vergne. "En F1, je crois que c'était mon plus gros problème quand je suis arrivé chez Toro Rosso. J'avais l'habitude de gagner, dans toutes les catégories où je courais. J'avais des instructions claires de mon boss, le Dr. Helmut Marko : si tu ne gagnes pas, tu n'iras pas en Formule 1."

"J'avais l'habitude de gagner, et quand je suis arrivé en Formule 1… Je me rappelle avoir fini huitième lors de ma première course, ainsi que la seconde ; c'étaient mes premiers points, je n'étais pas déçu mais je n'étais pas content. Quand j'ai vu l'équipe si contente d'être huitième, c'était un peu dur à accepter pour moi. Je crois ne m'en être jamais rendu compte quand j'étais en F1, mais parfois, finir huitième, septième ou sixième dans une Toro Rosso était en réalité un excellent résultat, et j'aurais dû m'en satisfaire. Je me plaignais toujours, je n'étais pas content de là où j'étais, mais il fallait que je comprenne qu'il y a des choses que l'on peut faire dans une Toro Rosso pour obtenir une meilleure voiture afin d'être en position de gagner en F1."

"C'était un peu compliqué, mais en Formule E, dès la première course à Punta del Este, c'était comme si j'avais soudain enlevé le sac à dos plein de cailloux avec lequel j'essayais de courir. Je me battais avec les mêmes armes que tous les autres pilotes du championnat. C'était rafraîchissant pour moi de dire : 'Bon, je fais un bon tour en qualifications, je ne serai pas loin de la pole position'. Car en F1, je faisais des tours parfaits en qualifications et je ne passais pas en Q3. Sur ce point, j'aime beaucoup la Formule E."

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