Alejandro Agag : Les sports mécaniques doivent rester ouverts face aux technologies
Pionnier des courses électriques et à hydrogène, Alejandro Agag juge que le sport automobile ne sera pas dicté par une solution unique à l’avenir et qu'il doit rester ouvert face aux technologies de combustion.
Photo de: Carl Bingham / Motorsport Images
Alejandro Agag a été nommé mardi conseiller stratégique du président du conseil d'administration de Motorsport Network, maison mère de Motorsport.com. C'est lui qui a fondé la Formule E en 2011 à la demande de la FIA et l'a développée jusqu'à en faire un championnat du monde régi par la Fédération internationale de l'automobile capable d'attirer de nombreux constructeurs au cours des 15 dernières années.
Agag s'est ensuite tourné vers la course tout-terrain électrique avec l'Extreme E, série qu'il a fait évoluer vers l'hydrogène et qui deviendra donc bientôt Extreme H. Ce virage intervient alors que plusieurs grands championnats réfléchissent à leur future motorisation et au rôle que les moteurs hybrides à combustion interne pourraient y jouer. Ainsi, la Formule 1 adoptera à partir de 2026 une part plus importante d'énergie électrique et de carburants durables.
Interrogé par Motorsport.com, Alejandro Agag estime que les sports mécaniques dans leur ensemble doivent rester ouverts dans leur manière d'aborder les moteurs à combustion.
"Je pense que les sports mécaniques doivent faire preuve de flexibilité", déclare-t-il. "Les sports mécaniques sont en bonne posture. La Formule 1 est dans une situation incroyable, c'est certain. La Formule E se trouve également dans une situation incroyable. Mais en ce qui concerne les technologies du futur, nous devons garder l'esprit ouvert quant à celles qui s'imposeront."
Alejandro Agag et Mohammed ben Sulayem
Photo : Sam Bagnall / Motorsport Images
"De mon point de vue, l'électrique jouera sans aucun doute un rôle majeur dans l'avenir des courses. Les carburants durables pourraient également représenter une part très, très importante de cet avenir. L'hydrogène pourrait lui aussi jouer un rôle majeur, surtout si nous parvenons à maîtriser sa combustion et à l'utiliser en compétition."
"Donc, l'avenir est prometteur, mais il faut vraiment rester ouvert d'esprit quant aux technologies que nous utiliserons et à la manière dont nous combinerons les différentes catégories. Nous allons beaucoup apprendre avec l'Extreme H. Et c'est justement cela, les sports mécaniques."
"L'Extreme H sera le premier championnat d'hydrogène au monde", poursuit Alejandro Agag. "Nous allons très bientôt annoncer la première course, mais cela va venir très vite. Et ce sera la toute première compétition de course à l'hydrogène au monde."
Alejandro Agag
L'Espagnol reconnaît que l'Extreme H va devoir affronter une courbe d'apprentissage importante en tant que premier championnat du genre, mais il estime qu'être à l'avant-garde du progrès technologique est précisément la raison d'être du sport automobile.
"C'était la frontière suivante, et le sport auto se doit de toujours repousser les frontières", affirme Alejandro Agag. "L'hydrogène est une technologie formidable qui jouera un rôle dans le mix de technologies pour la mobilité à l'avenir."
"C'est un excellent banc d'essai ; non seulement pour les voitures à hydrogène, mais aussi pour les systèmes de recharge, le ravitaillement, le stockage et le transport de l'hydrogène. Nous allons beaucoup apprendre. Et c'est ça, le sport automobile."
Il faut envisager l'électrique avec une vision à long terme, et maintenant, nous l'avons.
Alejandro Agag a également joué un rôle central dans l'accord annoncé la semaine dernière, qui prolonge de dix ans le contrat de la Formule E avec la FIA, soit jusqu'en 2048. Grâce à ce nouvel accord avec la FIA et à l'investissement de Liberty Global, actionnaire majoritaire depuis l'an dernier, l'Espagnol estime que le championnat est en bonne position pour connaître le succès sur le long terme.
"Nous avons eu d'excellentes discussions avec le président de la FIA, Mohammed Ben Sulayem, à propos de l'avenir, et je trouve formidable que nous ayons un actionnaire exceptionnel comme Liberty Global, qui a décidé d'investir et de prolonger encore davantage le contrat", déclare Agag. "Il faut envisager l'électrique avec une vision à long terme, et maintenant, nous l'avons. Je pense que c'est exactement la bonne façon de procéder."
Alejandro Agag est le fondateur de la Formule E.
Photo : Sam Bloxham / Motorsport Images
D'homme politique à entrepreneur dans le sport auto
Alejandro Agag se distingue dans le milieu des entrepreneurs du sport automobile, lui qui a commencé sa carrière en politique. Il a été élu député européen à l'âge de 28 ans. Après quelques années dans cette fonction, il s'est tourné vers le monde des affaires, et plus particulièrement les droits médiatiques. C'est ce qui l'a conduit au sport automobile : en 2005, il est devenu actionnaire de l'écurie Campos, engagée dans le championnat GP2 (aujourd'hui F2), puis il a racheté l'équipe en 2008 et l'a renommée Addax.
Sous sa direction, l'écurie a révélé plusieurs pilotes qui ont ensuite accédé à la Formule 1, comme Sergio Pérez et Romain Grosjean. C'est de là qu'il s'est ensuite lancé dans les courses électriques, lorsque la FIA a lancé un appel à promoteur pour la création d'une nouvelle série de monoplaces électriques.
Présent régulièrement sur les Grands Prix de F1, Alejandro Agag est une figure influente dans les coulisses du sport automobile international et dans les cercles de la FIA.
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