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Bourdais prudent au Mans : "C'est un piège constant"

Sébastien Bourdais, qui participe à sa 17e édition des 24 Heures du Mans cette année, vise sa première victoire sur le tracé mythique sarthois. Cependant, le pilote local estime que la victoire repose sur une grande part de chance.

#3 Cadillac Racing Cadillac V-Series.R: Sebastien Bourdais, Renger Van Der Zande, Scott Dixon

#3 Cadillac Racing Cadillac V-Series.R: Sebastien Bourdais, Renger Van Der Zande, Scott Dixon

Photo de: Nikolaz Godet / Motorsport.com

Quatrième la saison passée pour ses premières 24 Heures du Mans avec Cadillac, Sébastien Bourdais fait son retour à domicile pour une deuxième édition au volant de la V-Series.R #3. Vainqueur dans la catégorie LMGTE Pro en 2016, le natif de la Sarthe est toujours à la poursuite de sa première victoire au général. À 45 ans, l'objectif reste le même, dans une catégorie plus serrée que jamais.

"J’ai fait toutes les couleurs de l’arc-en-ciel au Mans, la seule qui reste c’est la victoire. On sait que c’est une tâche énorme, il y a de la concurrence comme jamais et je pense que Toyota reste archi favori au niveau des performances aujourd’hui sur la papier. C’est une course compliquée qui choisi souvent son vainqueur. On a vu très souvent que quand tout le monde se met au taquet et que la bataille est rude, il y a pas mal d’erreurs."

"La course peut être très imprévisible, on a vu qu’il y avait des chances de pluie dans la nuit. La pluie la nuit au Mans, il n’y a pas pire, tu ne sais pas où ça tombe ou tu ne vois pas forcément si c’est mouillé. C’est un piège constant… Il faudra avoir une grosse dose de réussite et ça c’est un autre débat. Si on pouvait tous partir à chances égales, ce serait pas mal."

Quand Sébastien Bourdais parle de "chances égales", le pilote français parle du manque de vitesse de pointe de la Cadillac, estimant un manque entre six et huit km/h et affirmant qu'il sera impossible de se battre avec les autres Hypercars si les performances ne sont pas réajustées.

"Le chrono on le fait mais on ne le fait pas comme il faut par rapport aux autres. J’espère vraiment qu’ils vont réajuster les performances parce que si ce n’est pas le cas… si on nous demande de nous battre avec une pointe de vitesse aussi faible, si on part en pole, on est sixième à la fin du premier tour. Le problème c’est que l’on est dans un jeu délicat où l’on est pas censé en parler mais c’est tout ce dont on parle parce qu’on est au Mans, c’est le nerf de la guerre."

"Si t’es pas, au minimum, à peu près comme les autres en vitesse de pointe, tu ne peux pas te battre. On est inquiet parce qu’on est pas là pour faire de la figuration et malheureusement, c’est pas comme si nous avions des ajustements. On est dans une boîte, si la boîte n’est pas la bonne, on ne peut rien y faire. J’espère vraiment qu’ils vont faire ce qu’il faut pour nous mettre au niveau des autres et nous garder un niveau de performance qui est tout à fait correct et où on peut rivaliser, ne pas se faire passer et par chance, passer les autres." 

#3 Cadillac Racing Cadillac V-Series.R: Sebastien Bourdais

#3 Cadillac Racing Cadillac V-Series.R: Sebastien Bourdais

Photo de: Rainier Ehrhardt

"Il y a un facteur chance"

Depuis la Journée Test, deux sujets principaux ont été mis en avant : la météo incertaine ainsi que la température des pneus. La pluie au Mans n'est pas le même problème que sur les autres tracés de la saison. En Sarthe, le circuit fait plus de 13 km, ce qui signifie qu'il peut y avoir de la pluie à un endroit de la piste alors que sur une autre partie, celle-ci est sèche. Un problème à prendre en compte dans la stratégie mais qu'aucune équipe ne peut contrôler.

"La stratégie est assez claire. Pour les pneus, tu as 14 trains pour la course donc t’es obligé de faire un paquet de double relais et même de triple relais. Je dirais que les stratégies sont, encore une fois, de la chance. Le gros critère chance et le côté un peu casino, c’est quand il se met à pleuvoir. Si t’es le premier dans la file, il y a des chances que tu en paie le prix fort. Il y a tellement d’impondérables au Mans, d’incertitudes. La piste est longue, tu ne peux pas tout contrôler. Il y a un facteur chance. Celui qui te dit que c’est du talent, c’est un vantard, c’est pas vrai, ça n’existe pas."

Sébastien Bourdais à également fait part d'une inquiétude nouvelle sur les 24 Heures du Mans, la chauffe des pneus. Cette édition marque le début de l'arrêt des couvertures chauffantes en Sarthe, un élément que le constructeur américain semble gérer moins bien que les autres.

"C’est un gros sujet, c’est une grosse crainte, on est très mal sur le tour de sortie en mediums. Le tendre se met en régime très rapidement, il n’y a pas de soucis, mais dès que l’on va mettre le medium, ça va être extrêmement difficile. Je ne pense pas que l’on soit les pires mais on est parmi ceux qui ont le plus de difficultés pour mettre les mediums en route. Quand ils sont en route ça va mais partir à froid. Sortie de la première chicane ça commence à aller mais tu peux perdre dix secondes de la sortie des stands au tertre rouge. C’est comme si tu étais sur de la glace."

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