Un tour du circuit du Mans en 3:15, c'est désormais possible
#8 Toyota Racing Toyota TS 040 - Hybrid: Anthony Davidson, Nicolas Lapierre, Sébastien Buemi
#2 Audi Sport Team Joest Audi R18 e-tron quattro: Marcel Fässler, Andre Lotterer, Benoit Tréluyer
#8 Audi Sport Team Joest Audi R18 e-tron quattro : Lucas Di Grassi, Loic Duval, Oliver Jarvis
#14 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Romain Dumas, Neel Jani, Marc Lieb
Le Mans
Vainqueurs: #2 Audi Sport Team Joest Audi R18 E-Tron Quattro
#8 Toyota Racing Toyota TS 040 - Hybrid: Anthony Davidson, Nicolas Lapierre, Sébastien Buemi
#20 Porsche Team Porsche 919 Hybrid: Timo Bernhard, Mark Webber, Brendon Hartley
#2 Audi Sport Team Joest Audi R18 e-tron quattro: Marcel Fässler, Andre Lotterer, Benoit Tréluyer
#2 Audi Sport Team Joest Audi R18 E-Tron Quattro: Marcel Fässler, Andre Lotterer, Benoit Tréluyer
#8 Audi Sport Team Joest Audi R18 e-tron quattro : Lucas Di Grassi, Loic Duval, Oliver Jarvis

Depuis pas mal d'années maintenant les dirigeants de l'ACO se heurtent à un problème de taille. Leur circuit, s'il évolue constamment, a forcément des limites physiques et ils n'ont de cesse de trouver des parades aux augmentations exponentielles des performances des voitures de pointe.

Des chicanes aux révisions de courbe, des rabotages de bosses en passant par des ajouts de portions plus lentes, depuis pas mal de temps maintenant, les patrons du circuit sarthois n'ont eu de cesse de rester dans des allures supportables et génératrices de sécurité.

Au début des années 1970, l'arrivée des monstrueuses sport proto de 5 litres de cylindrée changea radicalement le rythme auquel était bouclé le tour du circuit manceau jusque-là . Pedro Rodriguez en essais tourna en 3:13.9 avec sa légendaire Porsche 917 tandis que Jackie Oliver s'adjugeait le record du tour en course avec un 3:18.4 impressionnant. Ces deux performances restent à ce jour les tours les plus rapides jamais effectués au Mans. 

C'est évidemment ce qui décida les organisateurs à construire la nouvelle portion en 1972, qui replaça la performance mancelle dans des dimensions plus ''supportables'' par les législateurs.

Une nouvelle "alerte" en 2008

D'autant que de son côté, la commission sportive internationale, l'ancêtre de la FIA, imposa un nouveau règlement qui mettaient les Porsche 917 et les Ferrari 512 hors-la-loi. Remplacées par des voitures de 3 litres de cylindrée, ce fut la Matra du regretté François Cevert qui s'offrit la pole tandis qu'en course, le Batave Gijs Van Lennep bouclait un tour en 3:46.9, bien loin des performances de l'année précédente. 

Il fallut attendre bien longtemps pour retrouver des temps comparables à ceux des Porsche 917. La nouvelle portion, les deux chicanes sur la ligne droite des Hunaudières mais aussi la refonte du virage de la Passerelle Dunlop et l'entrée dans les Esses de la forêt ; autant de ''ralentisseurs'' qui avaient maintenu les performances dans des temps jugés acceptables par les autorités sportives. 

L'arrivée des superbes Peugeot et Audi Diesel remit le problème du temps au tour au devant de la scène. En effet, malgré toutes les transformations des trente dernière années, une voiture française, la Peugeot 908 privée d'Oreca pilotée par Loïc Duval, retrouvait des temps similaires à ceux de la légende (3:19.074). Stéphane Sarrazin et la 908 d'usine allaient quant à eux réaliser un tonitruant 3:18.513  qui donna des sueurs froides aux officiels.

Les débats sur la vitesse relancés ?

Avec le règlement  2014 et la limitation de la consommation (-30%), la pole de Nakajima (Toyota) en 3:21.789 et le meilleur temps en course de Lotterer (Audi, 3:22.567), la pression se fit moindre mais les progrès réalisés à l'intersaison laissent à penser que le débat est d'ores et déjà rouvert.

L'espoir est permis pour réaliser le tour le plus rapide de l'histoire.

Loïc Duval, Audi

 

Loic Duval l'a dit clairement, l'amélioration (sans doute plus de 5 secondes) remettra à l'ordre du jour la nécessité de revoir la copie. A Silvestone, lors des essais libres du vendredi, Jarvis était déjà plus rapide que la pole de l'an passé. Au Castellet cette année c'était plus vite de 4 secondes par rapport au temps des essais du début de 2014. 

"L'évolution des performances est vraiment impressionnante cette année, de la part de tous les constructeurs", confirme Loïc Duval à Motorsport.com. "Quand on voit qu'on a gagné pas loin de 4 secondes au Paul Ricard sur un tour qui est en moins de deux minutes alors qu'au Mans on roule en plus de trois minutes, on peut imaginer par rapport à l'année dernière que l'on passe sous la barrière des 3:18. Après il faut toujours voir les conditions de piste, les conditions météo, etc. Mais c'est vrai que l'espoir est permis pour réaliser le tour le plus rapide de l'histoire sur ce circuit."

"C'est sûr que l'on va y penser quand on va voir les temps, mais ce n'est pas le challenge du week-end. Il faut vraiment bien préparer la voiture, être compétitif en course, essayer de gagner Le Mans. Avant de gagner en 2013, j'avais fait des meilleurs tours en course, des petites choses comme ça ; j'ai réussi la pole en 2013 et j'ai toujours eu peur de ne pas être au bout à la course. Je préfère ne pas réaliser le meilleur tour et avoir le trophée à la fin."

Allez, nous prenons les paris, au Mans, lors des essais du mercredi et du jeudi, s'il fait sec, l'amélioration peut être de l'ordre de 5 à 6 secondes minimum. Soit aux alentours de 3:15 au tour. De quoi sérieusement relancer les débats lors de la future réunion de la commission sportive présidant aux destinées du WEC et du règlement du Mans.

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