Un saut dans l'inconnu pour Aprilia, qui s'en sort bien

Retrouver Motegi trois ans après le dernier Grand Prix du Japon en date, c'était l'assurance d'un saut dans l'inconnu pour Aprilia, dont la moto a radicalement changé depuis. Aleix Espargaró et Maverick Viñales ont réussi leur première journée, limitée à une séance, et figurent ce soir dans un top 10 très précieux.

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L'entrée dans la dernière partie de la saison plonge Aprilia dans une comparaison vertigineuse, celle entre sa machine actuelle, victorieuse en course et candidate au titre, et la RS-GP avec laquelle la marque avait pris part à la tournée outre-mer il y a trois ans. Avant la pandémie et son impact funeste sur les courses asiatiques, mais aussi avant le grand chambardement opéré par le département technique de Noale.

Résultat, les performances enregistrées aujourd'hui au Japon par les pilotes de Massimo Rivola n'ont pas grand-chose de comparable avec celles de 2019. Si le chrono qui figure au sommet de la feuille des temps au terme du premier jour d'essais s'est amélioré de deux dixièmes, la première Aprilia, elle, a gagné une seconde deux. Le potentiel n'est plus le même, cette fois on joue les premières places et figurer dans le top 10 des essais libres n'est plus une option mais bien un incontournable, même quand le classement est si serré qu'il piège quiconque accuse plus de 0"288 de retard sur le leader du jour.

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Au terme de cette journée, c'est donc la satisfaction qui prime dans le clan italien, bien que la piste de Motegi soit l'une des plus craintes par l'équipe pour cette grande tournée. Aleix Espargaró et Maverick Viñales ont réalisé leur dernier time attack ensemble, le #41 dans la roue de son coéquipier avec à la clé le quatrième temps pour lui, dans le même dixième que ses adversaires pour le titre que sont Pecco Bagnaia et Fabio Quartararo.

"C'est dingue de voir à quel point les motos ont changé entre 2019 et 2022. Dingue !", s'enthousiasme Espargaró après cette journée. "Et particulièrement l'Aprilia : c'est une autre moto, la distribution de puissance est beaucoup plus forte mais on peut l'utiliser ; le couple est complètement différent, l'aéro aussi. Cette piste était la troisième du calendrier où le wheelie était le plus problématique ; maintenant, on n'en a même pas la moitié tout en ayant plus de puissance, alors c'est dingue. C'est choquant !".

Le contexte atypique de cette journée, avec une seule séance rallongée au lieu de deux, ne lui a pas vraiment convenu, et ce d'autant moins qu'il fallait justement reprendre à zéro les réglages de la moto. "Ça ne m'a pas plu. Ça ne laisse pas le temps de travailler avec les ingénieurs entre une séance et l'autre comme on le fait habituellement le vendredi", regrette le pilote espagnol. "Pour nous qui n'avons pas de test team au Japon, c'était très difficile. Dans mes deux premiers runs, la moto ne fonctionnait pas, l'électronique et le traction control n'étaient pas bien réglés et on a perdu beaucoup de temps."

Qu'à cela ne tienne, la performance était finalement au rendez-vous, avec un chrono de 1'44"577 qui aurait été impensable il y a trois ans. "Tout le monde a gagné une demi-seconde et nous pratiquement une seconde et demie [par rapport à 2019]", observe Espargaró. "Ça a été une journée positive", retient-il. "J'ai eu un peu de mal au début à cause du manque d'informations après deux ans sans rouler ici, au Japon. L'électronique était donc assez loin [de ce qu'il fallait] dans les deux premiers runs et on a eu un peu de mal mais à la fin de la séance la moto était plutôt bonne et j'ai pu faire un tour rapide. Être quatrième, avec le même temps [au dixième près] que Fabio et Pecco, c'est toujours positif. S'il pleut demain, on a déjà notre place en Q2."

"Ça n'est pas la meilleure piste pour nous, pas du tout, mais le niveau de l'Aprilia est désormais assez élevé donc on peut plus ou moins s'adapter. Les pistes stop-and-go ne sont pas les meilleures pour notre moto. Je sens que l'Aprilia est vraiment forte dans le secteur 2, dans la chicane rapide qui vient après le pont ; c'est là que je gagne du temps. Mais dans les virages dans lesquels il faut vraiment stopper, comme le 10 ou le 11, dans la descente, je souffre. Mais en général le niveau de la moto est bon, donc ça va plutôt bien."

Maverick Vinales, Aprilia Racing Team

Maverick Viñales

L'essentiel est fait pour Espargaró, puisqu'il figure dans le top 10 qui permettra d'accéder directement à la Q2 et donc de se qualifier sur l'une des quatre premières lignes de la grille si les EL2, demain matin, se disputent comme prévu sous la pluie. Un objectif qu'a également atteint Maverick Viñales... pour un tout petit millième !

"On doit progresser, bien sûr, mais j'ai le sentiment que la moto fonctionne bien et on n'est que vendredi", se félicite le #12. "S'il pleut demain, ça ne sera pas un désastre, on est en Q2, heureusement. On y est pour 0"001, cette fois c'est en notre faveur ! J'ai de très bonnes sensations avec la moto, il ne reste que des détails, ce sont ceux qui rapportent deux ou trois dixièmes au tour. Mais, franchement, je suis très content et très enthousiaste pour demain."

Viñales, sur qui Aprilia compte ouvertement désormais pour venir en aide à Espargaró dans l'optique du titre, a entraîné son coéquipier au moment du time attack, l'aidant à s'extraire de la 15e place qu'il occupait alors dans une fin de séance marquée par plusieurs drapeaux jaunes. "Ça n'était pas planifié", explique-t-il, "mais j'ai tiré Aleix parce qu'il doit être devant, alors si je peux l'aider un petit peu avec mon aspiration, surtout dans le dernier secteur, c'est fantastique. En tout cas, je pense qu'on peut tous les deux être très compétitifs ici."

Avec Oriol Puigdemont

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