Le travail dans la continuité, la clé des progrès de Michelin

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Le travail dans la continuité, la clé des progrès de Michelin
Par : Willy Zinck
3 avr. 2017 à 15:30

Éprouvé par la critique lors de son retour en MotoGP l'an passé, la marque clermontoise a su améliorer ses enveloppes pour désormais donner satisfaction à la grande majorité du plateau.

Des pneus Michelin
Nicolas Goubert, directeur technique Michelin Motorsport, et des ingénieurs Michelin
Pneu intermédiaire Michelin
Piero Taramasso, Manager de Michelin Motorsport deux roues; Pascal Couasnon, Directeur de Michelin Motorsport; Nicolas Goubert, Directeur Technique Michelin Motorsport
Piero Taramasso, Directeur de la branche deux-roues de Michelin Motorsport
Le pneu Michelin de Jorge Lorenzo, Yamaha Factory Racing après la course
Des pneus Michelin
Nicolas Goubert, Michelin
Nicolas Goubert, Directeur adjoint et directeur technique Michelin Motorsport
Nicolas Goubert, Directeur Technique de Michelin Motorsport
Maverick Viñales, Yamaha Factory Racing
Maverick Viñales, Yamaha Factory Racing
Andrea Dovizioso, Ducati Team
Andrea Dovizioso, Ducati Team
Andrea Dovizioso, Ducati Team

Michelin a entamé la deuxième saison de son retour en MotoGP lors du Grand Prix du Qatar il y a une dizaine de jours. Une première manche et des premières sueurs froides pour le manufacturier clermontois qui a dû composer, comme l'intégralité du paddock, avec une météo menaçante durant l'ensemble de ce premier week-end de course. 

Après un premier exercice en 2016 où l'entreprise auvergnate a essuyé les plâtres, et surtout quelques critiques de la part de certains pilotes qui avaient éprouvé des difficultés à s'adapter lors de la transition entre les gommes Bridgestone et les gommes françaises, Bibendum a continué son chemin en faisant évoluer ses enveloppes pour finalement contenter la grande majorité du plateau.

Un travail de longue haleine donc, réalisé dans la continuité, comme le symbolise le nouveau pneu avant proposé cette saison, fruit d'un labeur entamé l'an dernier. "Nous avons commencé à travailler sur ce pneu à partir de Brno avec l'objectif de le proposer au Qatar cette année", explique Nicolas Goubert, le Directeur technique de Michelin, au micro du site officiel du MotoGP.

Le précédent championnat s'étant décidé avant l'ultime manche de la saison, à Valence, l'entreprise auvergnate n'a pas hésité à rentabiliser cette dernière échéance du calendrier en amenant à la fois ses pneus de 2016, mais aussi ses prototypes pour 2017, qui ont au final fait la quasi unanimité parmi la pilotes, preuve de la bonne direction prise par la marque au niveau du développement.

Mais malgré ces premiers retours positifs, Michelin a continué d'améliorer son nouveau produit au cœur de l'hiver, dans l'idée de fournir une solution optimale au début de la présente saison. "Durant les tests officiels, nous avons donc continué à travailler avec ce nouveau profil – forme extérieure du pneu – tout en faisant évoluer d'une part les architectures – squelette du pneu – et d'autre part les gommes – recouvrant la carcasse. Ce pneu a été développé de telle sorte à donner plus de confiance aux pilotes sur un angle maxi." 

Donner plus de confiance aux pilotes donc, mais aussi plus de possibilités grâce au nouveau règlement technique, qui requiert désormais la fourniture de trois types de pneus slicks avant et arrière (contre deux l'an dernier).

Disparition des pneus intermédiaires

Un éventail de trois mélanges de gommes qui permet désormais de faire directement le pont avec les pneus pluie et donc de s'affranchir des pneus intermédiaires. "Nous avons réussi à prouver avec les pilotes que nous arrivions à faire la jonction entre le pneu slick et le pneu pluie", reprend Goubert. "La saison dernière, nous nous sommes souvent retrouvés dans des situations avec des pilotes à la fois en slicks, en intermédiaires ou en pluie. Quand vous observez que le pneu pluie et le pneu slick coexistent, cela montre qu'il existe un lien. Dès lors, il n'y a plus d'intérêt à proposer les intermédiaires qui auraient quant à eux une fenêtre d'utilisation beaucoup plus étroite que le pneu pluie."

Lors de la première manche au Qatar, il a été demandé à Michelin de ramener, fait unique dans la discipline, ses pneus pluie dans le désert. Finalement, c'est moins le niveau d'adhérence fourni par le pneu pluie que les conditions globales du tracé qui ont été source d'appréhension. "Sur la performance du pneu en lui-même, nous n'étions pas inquiets", assure le Directeur technique. "Tout comme l'organisateur et les pilotes, nous étions plus inquiets des conditions globales. Dans tous les cas, le circuit ne permettait pas de rouler sous la pluie. L'eau peinait à s'évacuer et la bonne décision a été prise."

Essais privés en vue

En dépit du fait que le pneu pluie n'a donc pas fait l'objet de critiques en ce début de saison, Michelin ne se repose pas pour autant sur ses lauriers, et compte bien perfectionner encore son enveloppe à l'avenir. 

Dans cette optique, Bibendum est en train d'organiser une séance d'essais privés entre les Grands Prix d'Austin et de Jerez (entre fin avril et début mai, donc). "Nous avons loué la piste et invité toutes les équipes du plateau", explique Goubert. "Nous allons arroser la piste avec des camions-citernes pour avoir une piste mouillée en permanence. Les pilotes rouleront par séances de dix minutes le temps d'évaluer la performance d'un pneu puis retourneront à leur box."

Faute d'avoir pu tester dans des conditions grandeur nature son pneu pluie Power Rain à Losail, Michelin cherche donc à acquérir des certitudes sur son produit en observant une démarche empirique. "Pour progresser dans ces conditions, il faut rouler sur le mouillé, c'est aussi simple que ça. Le mieux est donc de faire un test analytique et d'en maîtriser les conditions. De même, il est important de pouvoir inviter des pilotes dans un contexte différent d'un week-end de course."

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Séries MotoGP
Auteur Willy Zinck
Type d'article Actualités