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Hydrogène : plusieurs constructeurs en lice au Mans d’ici 2029

Pierre Fillon, président de l’Automobile Club de l’Ouest, estime que plusieurs constructeurs seront au départ des 24 Heures du Mans avec des prototypes à hydrogène d’ici la fin de la décennie.

Cela fait quelques années que l’ACO s’intéresse à la technologie hydrogène. Un prototype conçu par GreenGT avait déjà effectué un roulage public au Castellet au milieu des années 2010. La société, initialement basée en Suisse, s’est ensuite associée à l’ACO dans le cadre du projet Mission H24, qui vise à promouvoir l’hydrogène en compétition et développer un prototype permettant d’établir la future réglementation technique, afin d’inciter les constructeurs à se lancer dans cette nouvelle voie énergétique.

L’ACO présentera ainsi la troisième génération de son prototype hydrogène à pile à combustible, baptisée H24EVO, et qui sera engagé en Michelin Le Mans Cup, dans le cadre de l’ELMS. Après plusieurs reports, il est désormais établi que la nouvelle réglementation concernant l’hydrogène aux 24 Heures du Mans entrera en vigueur à partir de 2027. Selon Pierre Fillon, le président de l’ACO, il y aura au moins un prototype à hydrogène sur la grille de départ de la manche principale du WEC en 2028 et "deux ou trois l’année suivante, voire plus".

"Nous travaillons sur l’hydrogène depuis 2018 et l’intérêt des constructeurs est réel", a-t-il ainsi expliqué Motorsport.com. "Au départ, nous étions un peu seuls avec nos idées, mais maintenant il y a une dynamique."

Toyota planche depuis un certain temps sur la question – le constructeur japonais a lancé l’an passé la première voiture hydrogène produite à grande échelle, la Mirai –, et a surtout déclaré son intention de participer aux 24 Heures du Mans avec une voiture à combustion interne à l’hydrogène, avec le lancement du prototype GR HY. Le directeur de Toyota Gazoo Racing Europe, Rob Leupen, a toutefois déclaré qu’il serait "extrêmement difficile" pour la marque d’avoir une voiture prête en 2027.

Toyota et Alpine se positionnent

Le prototype du projet Mission H24.

Le prototype du projet Mission H24.

Photo de: JEP / Motorsport Images

De son côté, Alpine a également avancé ses pions en la matière, en dévoilant son prototype Alpenglow HY4 le week-end dernier, dans le cadre de la manche du WEC à Spa-Francorchamps. Ni Toyota, ni Alpine n’ont cependant annoncé de calendrier quant aux débuts en course de ces deux véhicules zéro émission, faute d’une réglementation existante, mais Bruno Famin, le directeur de la compétition de la marque française, n’exclut pas une arrivée en 2027.

"Nous espérons que ce sera pour 2027, mais peu importe que ce soit en 2026, 2027 ou 2028", a-t-il ainsi confié. "Ce qui compte, c’est que l’ACO, avec le soutien de la FIA, fasse vraiment pression pour que la technologie hydrogène soit présente au Mans, et nous en sommes très heureux."

Selon Pierre Fillon, la plupart des constructeurs ont un œil sur l’hydrogène, et huit d’entre eux seraient déjà en discussion avec l’ACO dans le cadre du groupe de travail de la FIA. Par ailleurs, si l’hydrogène via la pile à combustible constituait initialement la pierre angulaire du futur règlement technique, celui-ci devrait également s’ouvrir à l’alternative de l’hydrogène liquide alimentant un moteur traditionnel, prôné par Toyota ainsi que par Alpine.

"Ce n’est pas notre rôle de décider quelle est la meilleure technologie", continue Pierre Fillon. "Les constructeurs n’ont aucun intérêt à entrer dans une catégorie hydrogène. Il s’agira d’une nouvelle technologie et il faudra un ou deux ans pour qu’elle soit totalement compétitive, mais le règlement est conçu pour permettre à une voiture à hydrogène de gagner."

Une annonce importante concernant l’hydrogène devrait être effectuée dans le cadre des prochaines 24 Heures du Mans. 

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