Ricciardo : Ne pas tomber dans le même "piège" que chez McLaren
De retour dans le paddock en tant que pilote titulaire avec AlphaTauri, Daniel Ricciardo a répondu aux questions d'un parterre de journalistes fourni pour son premier point presse. L'occasion d'évoquer le test mené au volant de la Red Bull RB19 à Silverstone, ce qui l'attend lors de ces douze Grands Prix avec la monoplace la moins compétitive du plateau, ainsi que les écueils à éviter pour ne pas reproduire l'échec de l'aventure McLaren...
Daniel Ricciardo, comment allez-vous gérer les attentes avec la voiture la plus lente du plateau ? L'objectif est-il de revenir chez Red Bull Racing ?
Écoutez, on peut qualifier ça de rêve, pour ainsi dire. Mais rien ne sert pour moi de penser à ça : il va y avoir beaucoup de travail à faire ici. Je pense que les attentes, il n'y en a pas. Il faut juste que… tout ce que j'ai ressenti en pilotant la voiture la semaine dernière, c'est comme ça que je veux courir à nouveau : je veux juste vivre l'instant présent et en profiter sans trop penser à l'avenir.
J'ai évidemment suivi la F1 et je suis certain que la voiture va avoir des limites, mais il faut que je fasse de mon mieux avec ce que j'ai. Si j'ai la sensation de pouvoir faire avec cette voiture, c'est tout ce dont j'ai besoin pour me sentir bien derrière le volant. Par ailleurs, je vais évidemment utiliser une partie de mon expérience pour aider l'équipe. Quant à ce week-end, si vous me demandez où je veux terminer ? Je ne peux pas vous le dire. Je veux juste savoir que j'ai tout donné et que j'ai fait un tour dont je suis fier.
Daniel Ricciardo (AlphaTauri)
L'une des principales limites de la voiture est son comportement en entrée de virage, un facteur qui vous mettait en difficulté chez McLaren. Est-ce source d'inquiétude ?
Ce qui m'a fait mal les deux dernières années, c'est probablement que je suis un peu tombé dans le piège de me dire : "Ouais, cette voiture ne me convient pas. Il faut que je contourne ça et ça". Il est possible qu'un pilote soit son propre pire ennemi. Si je remonte à mes premières qualifs avec McLaren, j'ai fait des super qualifs. Et c'était quand je ne savais pas tant de choses.
Alors je ne me pose pas vraiment de questions, je sais que la voiture aura des limites. Je suis certain que la sensation ne sera pas aussi bonne qu'avec la voiture que j'ai pilotée la semaine dernière. Mais je vais juste faire avec. J'ai roulé sur le simulateur la semaine dernière, et ça avait l'air d'aller. Je pense que c'était une journée solide sur le simu, il faut évidemment voir si cela se traduit [en piste]. Posez-moi la question demain, une fois que je l'aurai pilotée !
Dans quelle mesure s'agit-il de ne pas tomber dans un piège ?
J'ai appris beaucoup de choses, vous savez, et je ne parle pas que des deux dernières années. J'ai eu les six derniers mois pour réfléchir à ma carrière, ce qui m'a permis de voir quelques choses que j'aurais faites différemment. J'aurais probablement dû changer ceci ou m'exprimer à tel sujet. Mais vous avez raison. Le fait est que, oui, j'ai roulé dans le simulateur. Mais la semaine dernière, je n'avais pas piloté une voiture depuis huit mois. Je n'avais rien fait niveau pilotage, je n'avais pas roulé en F3 ou en karting, je m'étais vraiment juste déconnecté.
Daniel Ricciardo (AlphaTauri)
Alors j'ai conscience que [la Red Bull] est très bonne, c'est la meilleure sur la grille actuellement. Mais je suis juste monté dedans et j'ai roulé, je n'ai vraiment pensé à rien, j'ai juste roulé et je me suis amusé. Les chronos étaient bons et j'étais compétitif. Mais c'est comme un jeune pilote, qui reste très ignorant lorsqu'il gravit les échelons. Tu ne sais pas grand-chose, tu pilotes simplement en course, parce que c'est ce que tu adores faire. Je le répète, il va y avoir beaucoup à apprendre, mais je ne vais pas tout résoudre ce week-end. Il s'agit vraiment de capitaliser sur ce que je fais bien, et je pense que cela se traduira en résultats positifs.
Quel est votre objectif pour le reste de la saison ?
Comme je l'ai dit, il n'y a pas de vrais critères pour l'instant, mais c'est clair qu'il faut que je montre quelque chose. Ça vaut aussi pour l'an prochain et au-delà. Il n'y a sûrement jamais de garanties dans ce sport. J'ai dit que la trêve estivale aurait été plus conventionnelle [pour revenir], mais j'apprécie d'avoir deux courses avant histoire d'avoir des choses auxquelles réfléchir pendant la trêve. Je vais essayer d'emmagasiner autant que possible pendant ces deux rendez-vous. Puis une fois arrivé à Zandvoort, avoir un peu plus conscience de là où je m'attends à être.
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