Dans les coulisses de la F1, les petites révélations du livre de Mosley

En Formule 1, très peu sont ceux qui argumenteraient contre le fait que l'exercice de Jean Todt en tant que Président de la FIA est complètement contrasté avec celui de son prédécesseur Max Mosley. Là où Todt s'est concentré sur l'absence de conflit et sur son dévouement au programme Road Car Safety, la mandature de Mosley était faite de confrontations, d'histoires et de controverses, transformant la Formule 1 en un sport tel qu'on le connait aujourd'hui.

C'est seulement récemment, avec l'incapacité de la F1 à régler ses affaires concernant le contrôle des coûts et les futures règles, que la F1 a commencé à réévaluer la période durant laquelle Mosley était en fonction.

Le timing de la publication de l'autobiographie de Mosley, Formula One and Beyond [Formule 1 et au-delà], ne pourrait pas être meilleur alors qu'il poursuit sa quête pour une meilleure législation concernant la vie privée et offre certaines grandes réflexions sur quelques moment-clés de la F1.

Dans les coulisses

Les souvenirs de Mosley sont certainement fascinants, car il nous offre un rappel de ce qu'a été l'envers du décor dans le sport, et les incroyables moments dont il a été témoin. Un passage particulièrement amusant concerne les souvenirs de Mosley avec James Hunt et l'équipe McLaren après la manche finale pour le titre mondial à Fuji en 1976. Bien arrosée en champagne, la soirée consistait à téléphoner à des habitants pour voir combien de temps la conversation allait durer en japonais.

Il y a également des moments dans le livre qui rappellent à quel point la F1 peut être dangereuse. Il évoque ainsi ses souvenirs de la course de Formule 2 à Hockenheim en 1968, où Jim Clark s'est tué. Mais le plus émouvant reste le moment où la fatalité est présente et où il doit composer avec la présence des familles concernées.

En se souvenant de la mort de Roger Williamson à Zandvoort en 1973, Mosley écrit : "Le père de Roger était avec moi dans les stands, me demandant si son fils allait bien. Ayant vu la terrible scène sur un écran de télévision dans le bus de retransmission derrière notre stand, j'ai eu l'atroce devoir de lui dire que je ne pensais pas que c'était le cas."

Controverse

Il n'y a pas d'énorme révélation dans ce livre, et Mosley semble soucieux de ne pas s'attarder sur de nombreux détails concernant les évènements dont il a été proche. Néanmoins, il y a quelques petites anecdotes fascinantes, et même quelques frustrations personnelles exprimées à la tête de la FIA concernant l'interdiction de certaines innovations.

Une histoire intéressante évoque également la manière dont, en tant que Président de la FIA, il a dû aider un jeune pilote de karting à pouvoir courir en France après avoir été bloqué par un certificat médical qui n'était soi-disant pas en ordre. Une fois le problème résolu, et le jeune homme ayant triomphé, Lewis Hamilton lui a envoyé plus tard une photo dédicacée d'une couverture de magazine.

Mosley évoque aussi le 11 septembre 2001, expliquant que Michael Schumacher voulait que les pilotes refusent de courir à Indianapolis, par crainte d'une autre attaque terroriste. "Schumacher est allé voir les pilotes le week-end suivant [les attentats] à Monza en les pressant de refuser d'aller à Indianapolis la semaine suivante, par peur d'un autre incident", raconte-t-il.

Tromperie

Certaines des pages les plus fascinantes sont celles dédiées à sa fonction autour de la F1 et des autres catégories, alors qu'il parle de ses tentatives pour faire bouger les règles. Toutes les controverses majeures sont évoquées, même s'il n'y a qu'un seul paragraphe faisant référence aux suspicions d'utilisation illégale de traction control chez Benetton en 1994. Cela n'a jamais été prouvé, le logiciel ayant été découvert à la fin de la saison et l'écurie assurant qu'il avait été débranché toute l'année.

Mosley révèle comment cette année-là, à Saint-Marin, la FIA a saisi du matériel électronique de l'équipe : "Malheureusement, dans toute la confusion et le stress ayant suivi ce désastreux week-end [marqué par les décès tragiques d'Ayrton Senna et Roland Ratzenbeger], j'ai fait l'erreur d'autoriser leur retour chez Benetton avant d'avoir été totalement vérifiés."

Espiègleries

Le livre ne s'attarde pas sur la politique de la FIA, mais dévoile des lieux amusants ou la présence intéressante de certaines personnes, de manière informative. Il y a aussi parfois de la malice concernant certaines personnalités, notamment en se moquant de l'ancien patron de Toyota F1, John Howett.

Mosley revient également sur la guerre entre la FISA et la FOCA, durant laquelle l'ancien Président de la FIA Jean-Marie Balestre avait posé sur une table une liste comportant les noms de dissidents au sein de la fédération. Mosley avait bousculé la table et Ecclestone avait récupéré la liste au sol.

"Balestre était désespéré", décrit Mosley. "Il répétait sans cesse : 'Ma liste, ma liste, merde! Où est ma liste?'. Nous l'avons aidé à la chercher mais sans succès. Elle était en lieu sûr dans la poche de Bernie."

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